Comparatif Audi Q5 3.0 TDI/Mercedes GLK 320 CDI
Les meilleurs ennemis
Partageant tout deux la même hostilité
à l’égard du BMW X3 – l’ennemi commun – les Audi Q5 et Mercedes GLK
arrivent quasiment en même temps sur le marché. Un tir groupé d’autant
plus menaçant qu’à ces 2 coupeurs de têtes s’ajoutent deux fines lames,
les Volvo XC60 et Infiniti EX37, chargés eux aussi de compenser la
petite forme des gros SUV.
Sur ce marché premium subitement
étoffé, nos duettistes allemands briguent les premiers rôles. Pour
autant, leurs arguments s’opposent, à commencer par leur approche
stylistique. Un rien provoc’, le GLK joue les durs avec ses lignes
massives et abruptes, au point de revendiquer une affiliation avec le
rustique Classe G. Mais sous sa robe anguleuse, il dissimule une base
technique raffinée issue de la Classe C. Sur ce point, le Q5, bâti sur
la plateforme commune aux A4 et 5A5, n’a rien à lui envier. Mais côté
style, il voit les choses autrement. Aux oubliettes l’orgueil du Q7 !
Moins prétentieux, ce SUV cossu se rapproche plus d’un break surélevé.
Une silhouette plus facile à endosser, est bien trompeuse... car avec
ses 4,63 m, le Q5 domine de 10 cm son rival à l’étoile.
2 ambiances contraires à bord
Nos
deux protagonistes cultivent leurs différences dans leur habitacle. Ça
ne rigole pas à bord du GLK, dont la planche de bord est à l’image de
sa carrosserie : carrée. Les plastiques sombres et le bandeau
d’aluminium participent à cette austérité, assortie d’une rigueur
quasi-militaire dans l’assemblage et le choix des matériaux. Le grand
volant, le pare-brise presque vertical et les arêtes du capot visibles
depuis les sièges avant suggèrent un "esprit 4x4" auquel le Q5 n’adhère
que très sommairement. A son bord, on se sent davantage dans une
berline. Sa position de conduite moins droite, sa planche de bord
tournée vers le conducteur et sa sellerie offrant un meilleur maintien
invitent même au pilotage. L’Audi brille lui aussi par son standing
mais se montre plus chaleureux, avec ses formes douces et ses teintes
plus claires. Son ergonomie est également plus convaincante que celle
de son concurrent, dont les commodos réunis à gauche du volant peuvent
provoquer des confusions. Notons que ni l’Etoile ni les Anneaux ne font
l’impasse sur les gros porte-gobelets, qui jurent pourtant dans ces
univers distingués.
Au chapitre habitabilité, le Q5 tire profit
de ses cotes supérieures. Le GLK fait très bonne impression mais selon
nos mesures, les places arrière de son rival offrent plus d’espaces aux
coudes (+7,5 cm) comme aux genoux (+2,5 cm). Ils sont en revanche
ex-æquo au niveau de la garde au toit, excellente dans les 2 cas.
On
retiendra également la modularité plus poussée de l’Audi, dont la
banquette en 2 parties se rabat en tirant simplement des leviers placés
dans le coffre, et peut en option coulisser sur 10 cm. De quoi agrandir
un coffre déjà généreux avec ses 540 litres (extensibles à 1 560
litres), plus vaste que celui du GLK, qui se contente de seulement 450
litres (ou 1 550 litres banquette rabattue). Chez l’un comme chez
l’autre, on y accède facilement grâce au seuil de chargement très bas
et aux larges hayons. Celui du Q5, très enveloppant, intègre même les
blocs optiques entiers.
De vraies berlines
Une fois
lancés, nos deux crossovers confirment leurs penchants routiers en
dévoilant un équilibre surprenant. Solides sur leurs appuis, dotés de
trains avant mordants et d’ESP permissifs, ils s’accommodent fort bien
de leur centre de gravité haut perché. Accordons cependant au Q5 une
aisance supérieure, son comportement étant davantage typé berline que
celui du GLK. Ce dernier accuse des mouvements de caisse légèrement
plus amples et présente une direction plus démultipliée.
Toutefois
en matière de confort, le Mercedes prend nettement l’avantage sur son
adversaire malgré sa sellerie un peu plus ferme. La route est plus
souvent plate à son bord, ses suspensions filtrant mieux les petites
irrégularités. De plus, son insonorisation redoutable en fait un
compagnon de route idéal. Même chez les berlines, rares sont les
modèles plus silencieux à vitesse stabilisée. Plus ferme, l’Audi ne
peut rivaliser, à moins peut-être d’opter pour l’amortissement piloté
et l’Audi Drive Select, deux couteuses options dont notre modèle
n’était pas équipé.
Duel au pas de charge
Dotés de gros V6 diesel servis par une boîte automatique à 7 rapports, ces SUV offrent un agrément mécanique de haut vol. Le 3.0 Mercedes s’apprécie pour sa grande disponibilité la constance de ses montées en régime. Légèrement moins coupleux (500 Nm à 1 500 tr/min contre 540 Nm à 1 600 tr/min), le bloc TDI pousse très fort aussi et grimpe même plus haut dans les tours. Selon les modes, la boîte DSG passe ses rapports entre 4 200 tr/min et 4 800 tr/min, quand la 7G-Tronic Mercedes rechigne à franchir les 4 000 tr/min. La transmission Audi et les 16 ch supplémentaires du Q5 lui permettent de l’emporter en performances pures, le 0 à 100 km/h ne lui réclamant que 6,5 s, soit une seconde pleine de moins que le GLK. Au final, cet ensemble moteur-boîte nous a séduit davantage, pour son dynamisme mais aussi sa sobriété. Le 4x4 d’Ingolstadt s’est ainsi contenté de 7,8 l/100 km de moyenne sur voie rapide, contre 8,2 pour son rival de Stuttgart. Ses rejets de CO2 sont au diapason : il ne rejette que 199 g/km contre 220 g/km pour le Mercedes, et échappe donc au malus de 1 600 euros de ce dernier.
A l’euro prêt…
Dominé dans de nombreux domaines par le Q5 (habitabilité, comportement, performances, consommation...), le GLK n’en reste pas moins l’un des meilleurs représentants de la catégorie, et a le mérite d’assumer sa personnalité. Plus policé mais aussi plus abouti, le petit frère du Q7 l’emporte de manière assez net. Son prix, certes élevé, achève de nous convaincre car s’il correspond à l’euro prêt à celui du GLK – soit 48 400 euros en version de base –, son malus limité à 750 euros lui donne l’avantage final.











Essai Comparo: Audi Q5, BMW X3 et Mercedes GLK par les Gafettes (13/02/2011)











