myTF1.fr
  1. kawasaki VN1700 Voyager
KAWASAKI

Essai KAWASAKI VN1700 Voyager - 2009

A partir de 17 999 €

kawasaki VN1700 Voyager

Notre essai de la Kawasaki VN1700 Voyager nous a permis de constater que la marque japonaise souhaite frapper un grand coup pour son retour sur le segment des Customs !


Les constructeurs Japonais se sont toujours essayé au segment du custom, avec des fortunes diverses. La qualité de fabrication est souvent au rendez-vous, le rapport prix cylindrée très favorable, les qualités dynamiques hors de critique, mais elles n'ont jamais, sauf exception, fait tourner les têtes comme les illustres Américaines. Cette année, Kawasaki quitte son terrain de chasse habituel sous forme de vibreurs pour renouer avec les highways. La nouvelle famille des VN se doit de relancer la marque sur le segment des customs de forte cylindrée. Autour d'un moteur de conception plutôt inédite, sans être novateur pour autant, les VN doivent séduire une clientèle partie chez d'autres constructeurs du soleil levant ou ceux qui n'ont pas encore basculé dans le "clan de Milwaukee".

 

Un air de ressemblance...
Allez, on s'approche. Aucun doute possible, le style Américain a servi d'inspiration. Pour autant, la nouvelle Kawasaki VN1700 Voyager est franchement agréable à l'oeil. Elle fait cossue, sérieuse, solide aussi. Certes, tout n'est pas aussi étincelant ou recherché qu'une certaine miss Electra, mais la VN1700 Voyager est loin de commettre des fautes de goût. Le large tour du propriétaire effectué, histoire de garnir la rubrique "à retenir", et l'on s'empresse de prendre les commandes. L'assise est suffisamment basse pour permettre aux gabarits moyens de toucher le sol des deux pointes. Un coup d'épaule ou de rein, c'est comme vous voulez, et hop les 406 kg tous pleins faits se redressent de leur béquille. Faudra quand même ne pas se la laisser tomber sur le pied ! Comme souvent avec ce type de machine, les manoeuvres avec le moteur éteint sont donc à oublier. Et gare à vous si, par mégarde, vous vous garez en dévers. L'absence de marche arrière vous le fera payer par une bonne suée ! Contact, démarrage, le bicylindre s'ébroue. La sonorité, grave, est assez plaisante au ralenti, mais les quelques coups de gaz révèlent finalement le caractère feutré et dûment homologué de la mécanique. Première, assez sonore, sur le sélecteur à double branche et en avant.

Photo 1 : Kawasaki VN 1700 Voyager : Voyage ! Voyage !

 

Un équilibre assez savant
Deux ou trois évolutions à basse vitesse permettent de se rappeler quelques points clés de la conduite de ce type de machine. Ces customs Touring nécessitent une légère tension de leur châssis, avec un léger filet de gaz par exemple, pour passer du statut de pachyderme à une espèce plus agile. Et la nouvelle Kawasaki dévoile alors une excellente maniabilité. Au delà de 20 km/h, avec un peu d'habitude, elle donne le sentiment que l'on peut en faire ce que l'on veut. Les nombreux demi tours réalisés pour repasser devant l'objectif du photographe ne seront alors pas vécu comme un calvaire. La répartition des masses est sans doute bien réalisée et la Voyager est suffisamment freinée sur ses suspensions en début de course pour ne pas donner la sensation de pomper à chaque changement de cap à basse allure (sous 50 km/h). La vue panoramique derrière le pare brise ajoute à l'ambiance et je m'étonne de m'y sentir autant à l'aise. Les nombreux curieux de grande taille (plus de 1m80) qui se sont approchés lors de l'essai ont confirmé un aspect de l'ergonomie. En grimpant en selle, ils se sont souvent retrouvés trop près du guidon, leur occasionnant une gêne. Moralité, cette immense moto est finalement favorable aux gabarits moyens. Ce n'est pas pour autant qu'elle se glissera en ville comme un poisson dans l'eau. La maniabilité fort réussie ne fait pas tout. On l'avait deviné avec la largeur de 995 mm, la VN1700 Voyager n'est pas une reine des remontées de file. Dommage, la commande d'embrayage est presque aussi souple que le moteur qui accepte de descendre à 2 500 tr/min sur les rapports intermédiaires. Englué dans le trafic, on commence à ressentir les calories diffusées par le moteur. Ce V-Twin refroidi par eau chauffe alors pas mal les cuisses des occupants et l'on à qu'une envie, quitter les boulevards pour les highways !

Photo 6 : Kawasaki VN 1700 Voyager : Voyage ! Voyage !

Le roi du monde sur l'autoroute
Dès les premiers hectomètres sur l'autoroute, je m'empresse de trouver un canal radio adéquat....Red Hot Chili Peppers, mouais...Vivaldi....hum...Céline Dion entonnant la BO du film le Titanic, beurk, en même temps, c'est approprié. La VN1700 Voyager donne en effet le sentiment d'être le roi du monde sur l'autoroute. Protection royale, stabilité impériale même en grande courbe à une vitesse déjà illégale (pour peu que l'on ne s'accroche pas au guidon), confort de haut vol, peu de vibrations...on a envie de faire le tour du monde, bien aidé par le régulateur de vitesse et ventilé au niveau des pieds par les volets logés dans le bas du carénage. Finalement, les plus gros rouleurs seront peut être coupés dans leur élan par l'autonomie. Avec une consommation moyenne qui oscille entre 7 et 8 l/100 et un réservoir de 20 litres (seulement diront certains), la Voyager ne dépasse pas souvent les 250 km avant ravitaillement. Un poil juste compte tenu du confort qui permet d'en abattre plus. L'autre sentiment qui commence à se préciser concerne la mécanique. Avec le sixième rapport faisant office d'overdrive, le régime moteur tourne au plus bas (comptez 3 000 tr/min pour 140 km/h compteur). Les reprises sur ce rapport allongé (qui fait perdre environ 200 tr/min de régime par rapport au cinquième rapport) sont peu dynamiques. Le couple de 13,6 Da Nm à 2 750 tr/min fait son office, mais les sensations restent édulcorées. Admettons sur ce rapport allongé, mais le sentiment persiste en partie sur les autres rapports.

Photo 11 : Kawasaki VN 1700 Voyager : Voyage ! Voyage !

Karactère soft
Certes, ce type de machine n'est pas censé allonger les bras (encore que, la Triumph Rocket III Touring s'en donne à cœur joie), mais un gros bicylindre ne devrait il pas apporter davantage de sensations ? Une poussée moins linéaire, des vibrations choisies, voire plus de "gnack" dans son allonge. C'est un fait, au niveau de la motorisation, la VN1700 Voyager  est toujours efficace. Elle permet de doubler avec suffisamment de marge par exemple. Elle ne manque pas non plus d'agrément. Elle vibre peu, reprend bas sans cogner, sa boîte est satisfaisante, mais elle ne colle pas la banane sous le casque lors des relances. Tant qu'à faire lisse, les ingénieurs auraient pu ajouter une poignée de chevaux supplémentaires aux 73 canassons présents, histoire de pouvoir dépasser plus aisément les 180 km/h sur les autoroutes Allemandes. D'autant que la partie cycle le permettrait sans souci.

Photo 13 : Kawasaki VN 1700 Voyager : Voyage ! Voyage !

Un freinage sécurisant
Vraiment sympa sur autoroute, la Voyager le reste tout autant sur le réseau secondaire. Notamment, grâce au compromis offert par sa partie cycle. Stable à vive allure donc, elle n'en devient pas camion pour autant dans les enchaînements. Le centre de gravité bas et la répartition des masses assurent un comportement sain en toutes circonstances. Évidemment, avec 406 kg tous pleins faits, il faut prendre garde à ne pas se laisser embarquer vers l'extérieur. Toutefois, enrouler les petites départementales à bord de la Voyager recèle une bonne dose de plaisir. L'efficacité de la partie cycle aidant, on trouve même que les marche-pieds frottent un peu trop vite dans les appuis. Et si un gibier vient à traverser sous votre nez, pas de souci, écrasez la pédale de frein ! Le nouveau dispositif de freinage ABS avec répartiteur K-ACT procure une puissance de ralentissement très sécurisante sur ce type de machine, si lourde à stopper. C'est vraiment un plus, surtout quand l'agrément est au rendez-vous. Le reste de l'essai a permis de confirmer l'excellent confort de roulage pour le pilote comme pour le passager et d'entrevoir quelques lacunes comme la visibilité moyenne sous la pluie en raison du pare brise qui reste perlé d'eau ou l'absence de poignées chauffantes pour l'hiver.

Bilan : sceptiques, levez-vous
Au terme de l'essai, on ne peut que saluer le retour de Kawasaki sur ce segment. La VN1700 Voyager est une belle réussite technique. Son comportement est réussi. Elle distille un agrément tout à fait satisfaisant, même si l'on attendait mieux du caractère moteur ou des performances. L'équipement est riche (Ipod fourni par Kawasaki, régulateur de vitesse) et la fabrication tout ce qu'il y a de plus sérieux. Vendue 17 999 €, elle en offre bien assez pour cette somme; au point que les 250 exemplaires disponibles cette année pour la France se sont écoulés comme des petits pains. Kawasaki attend un réassort de la Voyager. Après, on peut débattre durant des heures de l'intérêt d'acheter cette Electra made by Kawasaki plutôt que le modèle original from USA. L'écart de prix (environ 5 000 € suivant les versions de Harley Davidson) est il justifié par l'aura, le plaisir au guidon ou la côte à la revente dans le temps ? Les avis peuvent diverger.

 

Verdict Automoto

+
Agrément Moteur
Equipement
Qualité/Prix
-
Performances légèrement en dessous des attentes
Manque de charisme
Les photos KAWASAKI VN1700 Voyager - 2009

Envoyer

logAudience