Mercedes Classe C
Voici un an, Mercedes remplaçait l'un des modèles les plus importants de sa vaste gamme en lançant sa nouvelle Classe C, pour laquelle la marque à l'étoile a tenu à proposer un produit luxueux à travers la version Elegance et dynamique par le biais de l'exécution Avantgarde, à connotation plus sportive.Ces finitions se distinguent extérieurement par une calandre différente. Aux Classic (finition de base) et Elegance, l'habituelle calandre à trois barres horizontales surmontée de l'inévitable étoile. Cela dit, Mercedes n'a pas été pour l'instant au-delà du plumage car, mécaniquement, rien ne différencie actuellement une Elegance d'une Avantgarde.
Bâti sur une nouvelle plate-forme, le nouveau modèle est plus long de 5,5 cm, à 4,58 m pour une largeur de 1,77 m (+ 4 cm). Heureusement, le poids a été maintenu au niveau de celui de l'ancienne version, en utilisant généreusement l'aluminium.
Chez Mercedes, on affirme que l'habitabilité de la Classe C est en hausse. A l'avant, la largeur aux coudes et aux épaules progresse sans doute un peu, mais à l'arrière, deux adultes ne seront toujours pas à l'aise. L'habitacle est présenté avec beaucoup de goût et de soin, mais c'est surtout l'ergonomie exemplaire du poste de pilotage qu'il faut saluer, en dépit de sièges avant manquant toujours de maintien.
Hélas, comme toujours chez Mercedes, pour disposer d'une voiture parfaitement équipée, il faut passer à la caisse et l'addition s'envole vite!
Côté moteur, pas de révolution. L'injection directe d'essence n'est pas au programme et les Diesel, repris de l'ancien modèle, ne sont toujours pas dotés d'un filtre à particules en série.
Reprenant la géométrie de suspension des précédentes versions, mais avec un amortissement sensiblement modifié (Agility Control) et une démultiplication différente de la direction, la nouvelle Classe C propose un toucher de route et un filtrage de suspension de très haut niveau, le tout dans un environnement ouaté où les bruits mécaniques et aérodynamiques sont parfaitement maîtrisés. Cette Classe C s'avère réellement une redoutable machine à avaler du kilomètre dans des conditions de confort remarquables.
CLASSE C350
Déjà apprécié dans les SLK et CLS 350, le nouveau V6 se montre réellement impressionnant. Quel plaisir ! Avec lui sous le capot, la Classe C tient la dragée haute à la BMW 330i : 258 ch pour la bavaroise, 272 ch pour cette souabe.
Outre une C320 CDI de derrière les fagots, Mercedes a lancé une autre V6 inédite, la 350. Son moteur est récent, avec deux doubles arbres à cames en tête, contre deux simples, et 4 soupapes par cylindre au lieu de 3. Par rapport au précédent 350, il développe 54 ch de plus, une paille ! Il en existe une version 231 ch qui s'appelle 280 (!) et remplace le 240 (2,6 litres !) 170 ch.
Dur de s'y retrouver dans les appellations ; toujours est-il que Mercedes monte la barre. Et si certaines BMW tendent à s'embourgeoiser pour singer les Mercedes, celles-ci se veulent toujours plus sportives à l'image des BMW... D'où le pack Sport Edition, qui rend la 350 plus vive, mais pas inconfortable pour autant.
AMG C-63
Comme de coutume chez Mercedes, la dernière-née s'est inscrite au programme de body building du sorcier maison. S'inscrivant dans la lignée de la C36 de 1993, La nouvelle venue en ressort maintenant C63 AMG, avec le V8 qui ne respire qu'à la pression atmosphérique, mais cube 6,2 litres ! Rappelons que ce V8 est la première production propre à AMG qui se "contentait" jusqu'ici d'apporter des évolutions - parfois profondes - à des moteurs Mercedes.
Entre-temps, il a pris place sous le capot de différentes productions de la marque à l'étoile, la dernière en date étant la SL. Avec une telle cylindrée, il fait de l'ombre à la M3 qui n'a plus qu'à se rhabiller avec son petit V8 de 4 litres. De fait, toute automatique qu'elle est, mais de l'automatisme comme celui concocté par AMG, on en redemande, la Mercedes écrase la BMW en accélération ! Il faut dire que la gestion électronique de la boîte 7 G-Tronic a été profondément revue, même si les trois modes de fonctionnement sont conservés : Confort, Sport et Manuel, ce dernier se commandant au départ de palettes autour du volant.
Si les signes extérieurs ne laissent planer aucun doute quant aux prétentions de l'engin, il en va de même évidemment pour les liaisons au sol. Empattement et vois accrus, tarages et flexibilité adaptés, hauteur de caisse réduite,... De quoi faire profiter pleinement le conducteur du potentiel de feu de la mécanique. Et encore, cette Classe C pas comme les autres n'a pas tous ses chevaux, puisque le V8 AMG en développe jusqu'à 525 ailleurs (Classe S, CL, SL), contre "seulement" 457 ici... à l'usage, certes cette C 63 AMG est plus fermement suspendue qu'une version sage mais pas dans des proportions qui la rendraient inconfortable.
Boîte et suspensions savent travailler en douceur, mais dès que l'horizon se dégage, la vitesse de défilement du paysage peut vite s'apparenter à celle observée à bord d'un TGV. Le tout, dans une stabilité, un équilibre rassurants et une sonorité pour le moins réjouissante. Qui plus est, et particulièrement avec le pack Performance, elle a un freinage endurant comparé à celui trop timide de la M3 ! Que reste-t-il donc à la Béhème? Son prix d'ami en comparaison, donc son rapport prix/prestations.
La Classe C n'a rien perdu des qualités qui ont fait le succès des générations précédentes, confort, finition, qualité et présentation. Grâce aux exécutions les plus dynamiques, elle y ajoute un tempérament sur la route qui la place en rivale sérieuse de celles qui ont l'étiquette " voiture à conduire ", au premier rang desquelles on trouve une certaine BMW Série 3.










Essai GT : Mercedes C63 AMG, Audi RS5 et BMW M3








