Peugeot 207
On tire sûrement des enseignements de l'histoire. Et dans celle de Peugeot, le non-remplacement de la 205 (ou plutôt la tentative de double succession sous la forme 106+306) doit faire partie des souvenirs les plus cuisants des dirigeants de l'époque. Aussi, de la 206 à la 207, Peugeot n'a pas voulu prendre de risques. En caricaturant quelque peu, la 207 est en effet une 206 adaptée à notre époque. Avec ses 4,030 m, la 207 affiche en effet la taille de feue la 306. La nouvelle polyvalente de Peugeot a donc les dimensions d'une compacte d'il y a dix ans!Revers de la médaille, sa masse est en nette augmentation: comptez 60 kg pour la sécurité, 40 kg pour la longueur, 30 kg pour l'insonorisation et 20 kg pour la qualité! Par rapport à la 206, la croissance est donc spectaculaire. Du moins à l'extérieur. Car à l'intérieur, la 207 fait à peine mieux que sa devancière! Certes, l'habitabilité est très généreuse à l'avant, mais elle n'est pas exceptionnelle aux places arrière, qui accueilleront davantage des enfants que des adultes. Il en va de même en ce qui concerne le volume du coffre, qui progresse peu: la 207 dispose d'un volume de chargement pouvant varier de 270 à 923 l, contre 245 à... 1.130 l pour la 206!
Le coffre est heureusement facile à exploiter et les assises de banquette sont rabattables, ce qui permet de dégager un plancher de chargement pratiquement plat. Toujours au rayon des aspects pratiques, on apprécie les nombreux espaces de rangement de l'habitacle (vastes bacs de portières avant et arrière, et nombreux réceptacles dans la console centrale). Seuls les porte-gobelets sont peu faciles d'accès, coincés entre les dossiers des sièges avant. Disponible en versions 3 ou 5 portes, la Peugeot 207 accueille ses passagers dans un habitacle agréable.
On note directement que la qualité de la finition est en progrès sensible par rapport à la 206, même si les versions bas de gamme conservent des plastiques durs qui nuisent un peu à la qualité perçue. L'habitacle est par ailleurs un peu sombre. Pour l'illuminer, il est toutefois possible d'opter pour un toit panoramique vitré, qui n'est malheureusement pas ouvrant. Pour les amateurs de grand air, un "petit" toit, ouvrant lui, reste heureusement disponible...
Autre sujet de bien-être: la position de conduite, qui est dorénavant très correcte, grâce à un volant réglable dans les deux plans. Les sièges avant soutiennent bien, mais ils sembleront toutefois un peu fermes aux habitués de la marque.
Gratifiée de 5 étoiles lors des crash-tests de l'organisme indépendant Euro-NCAP, la 207 soigne aussi son comportement routier, et donc sa sécurité active. La tenue de route est en effet très stable, sans virer dans l'ennui pour autant, puisque l'auto reste au contraire très agréable à conduire, grâce à un train avant incisif et une très bonne direction électrique, légère à basse vitesse et plus consistante une fois que l'allure s'accélère. Les plus avertis regretteront toutefois le côté plus ludique du train arrière de la 206.
Côté confort, le bilan est plus mitigé puisqu'au final, l'amortissement de la 207 laisse une impression de fermeté, qui pourra être jugée excessive, notamment en ville. Autrement dit, la 206 faisait mieux. Au chapitre de l'équipement, la 207 est bien fournie et peut recevoir, selon le niveau de finition, l'air conditionné automatique bizone, les sièges chauffants, le régulateur et limiteur de vitesse, l'aide au stationnement arrière, le rétroviseur intérieur électrochrome ou encore le kit de téléphonie mains libres Bluetooth, sans oublier le système de navigation.
Vu la masse de l'engin, on ne s'étonnera pas outre mesure des piètres performances des versions d'accès, qu'elles fonctionnent à l'essence ou au gasoil. Ainsi, les 1.4 (75 ch) et 1.4 HDi ne manquent pas de bonne volonté, mais clairement de pêche pour pouvoir s'inscrire dans le flux du trafic autoroutier. Pour davantage de polyvalence et d'agrément, mieux vaut donc se tourner vers les motorisations supérieures. Chez les essences, le 1.4 16V de 90 ch est déjà plus à son aise. Le 1.6, développé en partenariat avec BMW, existe quant à lui en deux niveaux de puissance: une version atmosphérique, dotée de soupapes à levée variable et délivrant 120 ch et 160 Nm, et une variante suralimentée, dotée d'une injection directe et affichant 150 ch et 240 Nm.
Cette dernière, grâce à son couple maximal disponible dès 1400 tr/min, offre, on s'en doute, une très agréable souplesse et est capable de reprises vigoureuses. En conduite sportive cependant, on déplore un manque de caractère évident : le moteur n'apprécie en effet guère les régimes élevés et souffre d'une sonorité dénuée de musicalité. On épinglera également une consommation relativement élevée: près de 9 l/100 km lors de notre essai. Chez les Diesel, le 1.6 HDi "de base" va comme un gant à la lourde 207.
De plus, grâce à une démultiplication parfaitement adaptée à son caractère coupleux, il est (en pratique) le plus économique de la gamme des Diesel. Cela étant, il ne se montre pas aussi nerveux que le HDi 110.
207 RC
Les Peugeot sportives ne sont plus ce qu'elles étaient. Ces dernières années, la marque a largement tiré parti de son image de savoir-faire en matière de comportement routier, mais cette réputation pourrait bien être en péril. Après avoir relevé de premiers indices en essayant la gamme 407, nos soupçons ont pris corps avec certaines versions de la 207. Et la confirmation est clairement tombée lors des premiers essais de la RC: la vivacité du châssis et la qualité de l'amortissement qui caractérisaient les "GTI" de Sochaux semblent n'être plus qu'un vieux souvenir. Sur les routes de l'arrière-pays niçois, nous avons découvert une auto lourde, mal amortie et viscéralement sous-vireuse.
Tout le contraire d'une Clio RS pourtant annoncée elle aussi à 1.240 kg et conçue avec le souci de mettre sur la route une auto irréprochable du point de vue de la sécurité, tant active que passive. En fait, le problème est particulièrement aigu avec les roues de 17 pouces de diamètre, qui équipent aussi bien la 1.6 THP que la RC.
Dans les deux cas, le manque de mise au point apparaît flagrant. Même si la volonté de bien faire est soulignée par la possibilité de mettre hors circuit l'ESP. Ainsi que, dans le même temps, l'aide au freinage d'urgence et le SSP, contrôle actif de la direction par son assistance, qui incite le conducteur à corriger. Les concepteurs de la RC ne peuvent pourtant pas avoir mésestimé l'importance du tempérament pour une "GTI".
Contraints de faire avec une "vieille" boîte à 5 vitesses, lorsque BMW offre une Getrag à 6 rapports à la Mini Cooper S, les responsables du projet ont judicieusement revu les démultiplications, en raccourcissant le "pont" et en allongeant la 1re. Ce qui aboutit à un étagement rapproché parfaitement adapté à une conduite active sur un itinéraire sinueux.
Or, dans ce développement 175 ch, le 1.6 THP brille par son efficacité et sa sobriété, mais il manque de caractère. Son fonctionnement linéaire et son excellente disponibilité à bas régime (240 Nm à 1600 tr/min !) font penser à un Diesel. Et les acousticiens ont eu beau travailler sur la "coloration" de la sonorité à l'échappement, l'oreille du passionné n'y trouve pas son compte.
La 207 a bien grandi. Pourtant, elle ne s'avère pas beaucoup plus habitable et son coffre n'est pas plus spacieux. A l'avant par contre, la place est abondante et on a l'impression d'être à bord d'une voiture de catégorie supérieure. Quant au comportement routier, il est devenu plus stable (les amateurs de conduite le regretteront sans doute) que celui de la 206, tout en restant très agréable, mais masse en hausse oblige, l'amortissement est quelque peu figé.








Essai duel : Peugeot 206+ vs Peugeot 207









