Après les Renault Mégane berline, coupé et break, c'est tout naturellement que la gamme se complète d'une version tricorps. Celle que les Français ont affublé du sobriquet ''sac à dos'', à cause de son coffre à l'intégration esthétiquement discutable, n'a jamais vraiment trouvé son public sur notre marché. Pas échaudé par ce ''bide'' national, la marque au Losange remet donc le couvert, en sachant bien que ce n'est pas en France qu'elle en vendra le plus. Mais ce qui est nouveau, c'est que Renault s'est démené pour faire de la Renault Fluence un véhicule à part entière. En effet, la Renault Mégane à coffre s'émancipe en grandissant, en changeant de nom et en proposant un design rigoureusement différent.
De l'espace à revendre
Peu importe, donc, si elle ne séduit pas chez nous. Cette Renault Fluence se veut exotique et vise plutôt l'Europe de l'Est, l'Asie, ou encore le pourtour méditerranéen. Des marchés très friands de berlines statutaires et abordables. A ce jeu, la française dispose de quelques arguments. La berline à coffre se veut effectivement assez pimpante, avec des traits fluides et de gros blocs optiques à l'avant. Moins consensuel, l'arrière fait dans l'élégance avec des yeux biseautés et une jupe gonflée. Un dessin général assez éloigné des actuelles Renault qui souffre néanmoins d'un léger déficit de sex-appeal.
Un intérieur convaincant
Déjà parce qu'il reprend la planche de bord de Renault Mégane III. Mais aussi pour sa finition qui ne déçoit pas. Les matériaux sont effectivement dans la bonne moyenne et les assemblages demeurent plus que corrects. Bien sûr, la Renault Fluence est également attendue au tournant au rayon habitabilité et là non plus la française n'a pas à rougir. L'espace aux passagers arrière est considérable, avec des côtes équivalentes à celles de la Renault Mégane Estate (break). Le coffre fait aussi très bonne figure avec 530 litres de chargement.
Mais...
Bémol en revanche pour la commande du système de navigation optionnel (Carminat TomTom). Tolérable sur la Renault Clio, la petite télécommande dénote ici clairement avec l'ambiance relativement ''classe'' de l'habitacle. Un détail qui nous rappelle que, malgré l'écrin flatteur, il s'agit bien d'un véhicule abordable.
Le confort en ligne de mire
Cette berline low-cost qui cache si bien son jeu fait aussi preuve d'une belle neutralité au chapitre dynamique. La Renault Fluence est saine et docile, avec un amortissement suffisamment souple pour s'accommoder des revêtements rudes des chaussées orientales, par exemple. Sur la terre d'accueil de notre essai, à Izmir (Turquie), on est effectivement loin des routes françaises en comparaison lisses comme des billards. La familiale y est pourtant très à l'aise.
Plaisir de conduire
Clairement, la Renault Fluence laisse le plaisir de conduire à sa soeur à hayon, préférant jouer la carte du confort. Elle se contente d'ailleurs d'un train avant de Renault Mégane II et d'un essieux arrière d'origine Nissan. Il n'est, en revanche pas déplaisant de hausser le rythme par moment, la direction se montrant suffisamment précise et consistante.
Sous le capot
Seuls deux petits moteurs diesel se partageront les ventes en France. Une manière, sans doute, de ne pas trop écorner les ventes de la Laguna, qui n'a vraiment pas besoin d'une concurrence interne. Il s'agit d'un bloc 1.5 dCi développant 85 ou 105 ch, emprunté à la Mégane III. Nous avons opté pour la version la plus puissante qui sied très bien à la berline. Volontaire, voir même dynamique passés les 2.000 tr/min, il est également sobre (environ 6,5 l/100 km sur notre parcourt) et ne rejette que 119 g/km de CO2. Ce moteur diesel est couplé à une boîte à six rapports plutôt bien étagée, elle aussi issue de la berline à hayon.
Renault Laguna, prend garde à toi !
Si la Renault Mégane Classic ne représentait jusque là guère plus de 1 à 2% des ventes de Renault Mégane en France, il s'en est tout de même écoulées plus de 900.000 depuis 1996, soit 10% des ventes totales de la berline compacte. Il s'agit à présent d'un nouveau modèle à part entière, moins coûteux qu'une Renault Laguna qui n'est plus grande que de 7 cm, et mieux pourvu qu'une Renault Mégane III en terme d'espace.
Les prix
La mayonnaise devrait donc prendre à nouveau, du moins hors de l'Hexagone, d'autant qu'elle s'affiche, à motorisations et finitions équivalentes, à des prix sensiblement moins élevés qu'une Renault Mégane. Comptez 19.750 euros pour la version 85 ch en finition Expression et 23.800 euros avec le dCi 105 ch en finition Privilège, soit 600 euros de moins qu'une Mégane similaire.
En France, il sera difficile de bousculer les habitudes des automobilistes peu enclins à opter pour une compacte à coffre, mais les flottes d'entreprises, les taxis et autres professionnels auraient tord d'éluder cette alternative spacieuse et économique.








Essai : Renault Fluence







