myTF1.fr
  1. Essai : Yamaha YZF R1 - 2009
YAMAHA

Essai YAMAHA YZF-R1 - 2009

A partir de 15 290 €

Essai : Yamaha YZF R1 - 2009

Dans cet essai de la Yamaha YZF R1 millésime 2009, nous constatons qu'elle reste incontestablement l'une des meilleures hypersportives au monde ! Sorti en 1998, elle se renouvelle aujourd'hui et les nouveautés vont lui permettre de rester au sommet.


Si différente et pourtant toujours la même

Depuis sa création, la Yamaha R1 possède une forte identité visuelle. Certes, les fans savent parfaitement distinguer les millésimes, mais pour bon nombre d'entre nous, une R1 reste une R1. Un peu comme pour les Porsche 911 par exemple, sorte de référence. Pour 2009, elle inaugure une plastique totalement nouvelle. Le coloris blanc à cadre rouge - selon Yamaha - plus ou moins fuschia à mon sens, la distinguera au premier coup d'oeil. En s'approchant de la bête sur la pit lane du circuit Australien d'Eastern Creek, on constate que tout a changé. Le cadre, la forme du carénage, le tête de fourche intégrant une configuration inédite d'entrée d'air forcé, la ligne d'échappement, le tableau de bord, etc. Nous avons bel et bien une toute nouvelle moto sous les yeux. Depuis plusieurs millésimes (disons 2002), la finition n'a cessé de progresser et aujourd'hui la qualité de fabrication ne peut être contestée. Pour 2009, la progression esthétique semble mineure, mais la sensation de complexité mécanique se voit exacerbée : déshabillée, la R1 est une authentique usine à gaz ! Présentée sous un soleil de plomb (42°c ! vive les combinaisons ventilées !), l'alignement de R1 éveille cependant l'envie d'en savoir plus. Un membre du staff Yamaha s'approche de son bébé et appuie sur le démarreur. Immédiatement, les discours s'arrêtent, les journalistes de tous horizons tendent l'oreille et certains restent bouche bée. La sonorité au démarrage se rapproche de celle d'un V4 ! En "blind test", je jurerais entendre une Honda VFR V-Tec ! Ça, c'est pour le régime de ralenti, car la prise de tour balaye toute confusion ou presque, et dévoile un son unique, une nouvelle mélodie dans le monde de la moto. Tout d'un coup, le pilote de développement Jeffry de Vries avale la ligne droite et rempile les rapports.... On croirait alors presque entendre la M1 de Rossi, quoique fortement muselée au niveau des silencieux. Je jubile. Malgré la fournaise, je n'ai qu'une envie, prendre le guidon de cette R1 nouvelle ère !

 

Une ergonomie favorable aux petits

Dans mes souvenirs, la R1 restait une Hypersport taillée pour les grands (disons plus d'un mètre soixante quinze) avec son long réservoir et ses appuis prononcés. En redéfinissant le cadre, le bras oscillant, le réservoir et le poste de conduite, la R1 2009 présente une toute nouvelle ergonomie. La distance guidon-selle a été réduite. Cela donne une moto plus compacte, plus courte sans afficher d'embonpoint au niveau de son réservoir. Je me sens plus proche du té de fourche. J'ai l'impression d'y être moins allongée et de faire plus corps avec la machine. Un coup d'œil sur le tableau de bord d'Airbus, juste histoire de trouver le shift light et l'indicateur de rapport engagé, un réglage de la garde de frein... en piste !

 

Le son du V4 avec l'allonge du quatre en ligne

Le troupeau décolle sur un filet de gaz. Le démarrage dans les très bas régimes montre encore une parenté avec un quatre-cylindre en V. Il faut une once de régime moteur pour décoller sans caler. 50 mètres plus tard, on commence à passer les rapports. La chaleur aidant, le premier de tour de circuit se fait sans aucune appréhension côté grip. Et dès les premières courbes, on remarque que la R1 a regagné un peu de facilité. Elle semble moins longue, moins raide que par le passé. La boîte de vitesses ne pose aucun souci. Et l'on accélère pour comprendre... Le rythme syncopé du ralenti disparaît vite, d'autant que la prise de tours reste proche de ce que l'on connaît en hypersport. La R1 accélère de façon linéaire de 2 000 tr/min à un gros 5 000 tr/min, puis le couple tant recherché par Yamaha se dévoile. Entre 5 500 tr/min et 9 000 tr/min, les reprises sont musclées. La moto tire sur les bras, semble littéralement transpercer l'air. Je tourne davantage la poignée et la poussée se renforce encore passé 10 000 tr/min (ce qui correspond à l'extension des seconds cornets d'admission). L'aiguille du compte tours bondit, comme aspirée par la zone rouge, jusqu'au déclenchement du shift light, lequel n'interrompt pas l'accélération qui se poursuit jusqu'au rupteur (et une hola pour les motos full, une). Au fil des tours, je constate que l'accélération est toujours dénuée de brutalité et d'à coups d'injection. La sonorité typée V4 perceptible au ralenti et à très bas régimes laisse vite sa place à une bande son proche de celle de la M1 de Rossi. Et il faudra plusieurs sessions de 20 minutes pour y voir plus clair.

 

164 km/h en première, 193 km/h en seconde...

Equipée au départ de Michelin Pilot Power standard, la R1 était sujette à quelques glisses. Les excellents pneus sportifs (de route) de Michelin peinaient alors sur ce bitume surchauffé. Remplacés par des gommes plus tendres de même provenance, la R1 a retrouvé une pleine motricité. On saisit alors d'autres facettes. Notamment la souplesse. Si une Honda CBR1000RR aurait pu boucler un tour de circuit en sixième (pénible d'accord, mais faisable), le pur sang R1 fait un refus d'obstacle. Sur le dernier rapport, la sportive Yamaha exprime son mécontentement sous 4 500 tr/min. L'obliger à descendre à 3 000 tr/min relève carrément du supplice. Là, elle rejoint la souplesse modérée des moteurs en V. En revanche, sur les rapports intermédiaires, son remplissage entre 4 500 tr/min et 8 500 tr/min est bluffant d'agrément comme d'efficacité. On enfile les tours avec une bonne vélocité, une décontraction et une facilité remarquables. Et pour ceux qui vont encore se plaindre que les chevaux sont domestiqués, il y a le D-mode (voir à retenir). En mode standard, la R1 est franchement performante et impose déjà de la retenue. En mode A, le plus agressif lors de l'ouverture des gaz, la moto n'accélère plus à bas et mi régime, elle bondit.... Tous les repères du circuit changent et elle cabre là où elle ne cabrait pas en mode Standard. Finalement, le mode B, soit le plus souple, reste le plus agréable à utiliser car la moto semble moins en contrainte. Et la partie cycle brille d'autant plus.

 

Rentrer vite et ressortir fort

Le circuit d'Eastern Creek, théâtre de nombreux GP dans les années 90's, est loin d'être le plus simple à assimiler. La R1 s'y est pourtant remarquablement exprimée. Facile à placer en courbe, toujours d'une grande précision dans sa direction, elle a su conserver son excellente stabilité. La tenue de cap à plus de 230 km/h est impeccable, tout comme la rigueur en grande courbe ou lors des phases de freinage appuyés. L'embrayage anti-dribble, dont les oscillations du levier trahissent l'action, veille à l'alignement des roues et l'on peut tomber les rapports sans se poser de questions. Le freinage, dosable et puissant, offre des ralentissements hors pairs, même s'il me semble en retrait comparé celui de la Honda CBR1000RR ou de la Ducati 848, par exemple. Le travail des suspensions fait preuve d'une grande efficacité, même sur le bitume relativement bosselé du circuit Australien. L'amortisseur de direction tempère les mouvements de direction sans rendre la moto pataude dans les enchaînements. Ce qui s'avère nouveau, c'est la facilité retrouvée de la R1 (relative bien sûr, on parle quand même d'une 1000 de 182 ch). Elle semble moins physique à piloter qu'auparavant, tout en restant d'une rigueur remarquable. La nouvelle géométrie et l'ergonomie revue prouvent ici leur bien fondé.

 

Conclusion : Une Hypersport qui fera date

A la conduite, cela ne fait aucun doute, la R1 2009 se démarque du reste de la production mondiale. Calage moteur "Cross Plane" inédit sur une machine de série, bande son magique, injection programmable D-mode : elle monte définitivement le niveau d'un cran et offre une technologie véritablement perceptible au guidon. Ce millésime marque une rupture dans la lignée. A compter d'aujourd'hui, il y aura les R1 d'avant et celles d'après 2009 ! Racée, transpirant le sport, bardée de technologie, performante et apportant de nouvelles sensations, elle soulève aussi quelques questions propres à notre marché. Que restera-t-il de ces sensations en version 100 (sans ?) chevaux ? Quid du gain réel de performances ? En revanche, et c'est déjà une certitude, cette R1 fera date dans l'histoire des sportives !

Verdict Automoto

Les vidéos YAMAHA YZF-R1
Les photos YAMAHA YZF-R1

Envoyer

logAudience