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Prix d'Amérique : ROYAL DREAM peut-il rebattre READY CASH ?

27 janvier 2012 - 18h00 par Jean-François PRÉ

Révélation tardive, ROYAL DREAM vient de battre READY CASH dans l'ultime épreuve préparatoire au Prix d'Amérique, en recevant 25 mètres de ce dernier. Peut-il le rebattre à armes égales ? Portrait.

Dans le Prix de Belgique, dernière épreuve qualificative au Prix d'Amérique, "l'imbattable" READY CASH a plié le genou devant ROYAL DREAM qui, du même coup, arrachait sa qualification à la grande épreuve. Ce dimanche, la donne change puisque les deux trotteurs de 7 ans vont se retrouver à armes égales, alors que quinze jours plus tôt, le champion confirmé rendait 25 mètres au nouveau venu.

Peut-il le battre derechef ?

Un élément de réponse à travers ce protrait de ROYAL DREAM qui, en l'espace de trois minutes trente, pourrait passer du statut de quasi inconnu à celui de grande vedette.

 

Des deux fils de Jean-Pierre Dubois (l'homme qui a régénéré le parc étalon français), Jean-Philippe est certainement celui qui ressemble le plus au « fondateur ». Jean-Etienne, le second héritier, le reconnaît lui-même : « Tout petit, il était beaucoup plus passionné que moi par les chevaux. Aujourd'hui encore, il ne pense qu'à ça ! »
Les deux frères connaissent une réussite égale, dont Jean-Pierre peut être fier, mais il est vrai que Jean-Philippe, plus intraverti, s'est davantage réalisé à travers le cheval. Ironie du sort, Jean-Etienne a gagné son Prix d'Amérique (Coktail jet) et pas lui ! Il se pourrait néanmoins que, dès dimanche, Royal dream mette les deux frères sur un pied d'égalité. Tombeur de Ready cash dans le Prix de Belgique (il l'a empêché de réussir la très rare passe de quatre - les quatre épreuves préparatoires au Prix d'Amérique - ce n'est pas rien...), Royal dream peut très bien avoir envie de recommencer le jour J... même si, cette fois, David et Goliath se retrouvent à armes égales.

 

Love & dream !


Chez Jean-Etienne, les chevaux portent le paraphe du naisseur. Ils s'appellent tous JET (Jean-Etienne). Jean-Philippe, lui, a repris la « marque de fabrique » du père : Love. Les deux hommes, qui ont donné leur vie au cheval, se retrouvent derrière cette affixe. Toutefois, Jean-Philippe Dubois a apporté sa touche personnelle avec les « Dream ». D'ailleurs, son écurie ne s'appelle-t-elle pas « Victoria dream » ? Autrement dit... rêve de victoire.
Le rêve de Jean-Philippe se voit plus dans les yeux qu'il ne sort de sa bouche. L'homme est avare en paroles ; il ne dit que le strict nécessaire. En revanche, ses yeux sont très bavards... comme ceux de Jean-Pierre. Il suffit d'avoir le code. Guère difficile à trouver, en vérité : travail et passion. Chez les Dubois, on ne perd son temps ni en palabres ni en contemplation. Le rêve existe mais il passe après le travail et s'attache au nom des chevaux. Point barre.

 

Le rêve royal


A cet égard, Royal dream a été particulièrement bien nommé. Cela signifie «rêve royal » et le Prix d'Amérique est bien un rêve de roi. Chez les « manants », on ne rêve pas d'Amérique.... Ce luxe onirique, seuls les monarques peuvent se l'offrir. Ensuite, évidemment, il s'agit de passer du rêve à la réalité et c'est là que commence le travail. Les Dubois ne sont pas des rêveurs sur la piste. Leurs fréquents séjours en terre anglo-saxonne leur a appris le pragmatisme. Un champion se fabrique ; on ne le trouve pas dans une pochette surprise !
Royal dream va devoir disputer deux courses en une : la course à la participation, qu'il a déjà gagnée grâce au Prix de Belgique, et LA course - la vraie, la grande, la belle - dont il sera le challenger n°1. Il y a tout juste trois mois, personne n'aurait prédit qu'il prît part à l'épreuve reine et encore moins qu'il en fût un des concurrents en vue. Tout le monde le savait très doué, mais le trotteur alezan restait sur des performances en demi-teinte qui auguraient d'un meeting atone. « Tous les chevaux de mon écurie ont été malades, explique Jean-Philippe Dubois, et Royal dream n'a pas échappé au virus. Heureusement, nous avons réussi à le récupérer juste à temps. »

 

Ready cash n'est plus seul au monde....


Commence alors la course à la qualification. Royal dream a suffisamment de classe mais pas assez de gains pour espérer être là le 29 janvier. Il lui faut donc impérativement gagner une course qualificative... et il n'en reste plus qu'une ! Avant ce fameux Prix de Belgique (tombeau de favoris mais aussi tremplin de révélations), Royal dream ridiculise Reach de vandel que la victoire semblait ne plus devoir quitter. Puis vient l'affrontement « royal » avec Ready cash en lequel d'aucuns (votre serviteur le premier, je le confesse) voyaient le successeur d'Ourasi. Bis repetita : quelques battues suffisent à Royal dream pour faire tomber l'idole. On pourra toujours vous dire que ce dernier a bénéficié d'un « parcours en or » et que Ready cash a été drivé sans grand discernement, qu'il y avait 25 mètres, etc. Le résultat est là ! Ready cash n'est plus seul au monde.
Et Royal dream devient leader de l'opposition, comme on dirait à propos d'une autre course qui, elle, ne concerne que les bipèdes. De ses quatre jambes, le trotteur alezan de Jean-Philippe Dubois fait un usage peu courant, du moins sur le plan visuel... car il est un des seuls à courir sans enrênement (pièce de harnachement, reliée à la sellette du harnais, sur laquelle la tête du cheval prend appui). De ce fait, Royal dream trotte la tête basse et cela donne une curieuse impression. Interrogé sur cette spécificité, Jean-Philippe Dubois répond à sa manière, sommairement : « ça marche très bien ainsi... pourquoi voulez-vous que l'on change ? »

 

Il laissera les vaniteux s'entrebattre !


Un cheval au galop se déplace dans son allure naturelle ; il ne lui faut donc  qu'une selle et un filet de rênes. Le trotteur, lui, a besoin d'être « aidé ». De rares exceptions, comme Royal dream, arrivent à se passer d'un maximum d'artifices. Ils s'équilibrent d'eux-mêmes et évoluent en quasi liberté. C'est un gros plus ! 
Chez les Dubois, père et fils, on n'abîme pas les chevaux. La drive offensive, connaît pas ! On ne fait pas tapis sur une course, on joue la carrière. Même si le Prix d'Amérique n'est pas une course comme une autre, on ne lui sacrifiera pas Royal dream. Il sera piloté comme d'habitude, en position d'attente à la corde, et laissera les vaniteux s'entrebattre prématurément. Cette tactique comporte le risque de ne jamais pouvoir exprimer son potentiel, mais elle ne laisse pas de traces sur l'organisme et permet - si la chance vous sourit - de faire gagner un challenger.
Dans l'histoire américaine de la famille Dubois, seul Coktail jet n'a pas eu besoin de courir ainsi car c'était un champion, au-dessus de la mêlée. Il a pris le commandement dès le départ et ne l'a plus quitté. Mais si High echelon ou Hymour avaient été ainsi menés, ils n'auraient peut-être pas mérité un strapontin sur le podium. Pour que le... Royal dream devienne réalité, il ne lui faudra pas défier Ready cash dans un combat singulier, un choc frontal.
En cela, on peut faire confiance à Jean-Philippe Dubois. Discret dans la vie, il l'est aussi dans un peloton. A tel point que ses adversaires en arrivent à oublier jusqu'à sa présence
Ça peut leur coûter cher à l'arrivée !  

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Saint-Cloud | 28 mai 2012(R1)

Tirelire : 7 900 000 €

  • Arrivée
  • Pronostic
N° d'arrivée Nom du cheval
1 9 Bréhat
2 3 Val De Saône
3 12 Divin Léon
4 1 Rich Coast
4 13 Babel Ouest
6 4 Fiammella
7 11 Tiger Tango
8 14 Cat Melody
9 17 Passing Cloud
10 5 Casquito
Top Gagnants
  • Plus de 1,7 millions d'€ pour un gagnant 30 Janvier 2012 sur Prix de Rethel
  • 1,45 million d'€ pour pour un gagnant 14 Janvier 2012 sur Prix de Croix
  • Plus de 400.000€ pour un gagnant 24 Janvier 2012 sur Prix Charles Gastaud
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