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Béatrice : "Nos jeunes étaient habitués à être dans la toute-puissance"

Educatrice de formation et coordinatrice sur Opération Tambacounda, Béatrice explique ses motivations et son rôle dans l'émission. Opération Tambacounda, vendredis 18 et 25 février à 23:15 sur TF1

Opération Tambacounda : destination Gabon

Pourquoi avez-vous accepté une nouvelle fois de participer à l'émission ?
Le projet mené dans Opération Tambacounda est monté conjointement avec les populations locales. L'émission est légitime, aussi bien pour les adolescents y participant que pour les villageois. Cette initiative permet de s'engager et de s'investir dans un projet communautaire durable.

Votre rôle a-t-il évolué ?
L'essentiel de mon travail repose sur la coordination et la mise en place du projet. Je pars en amont du tournage pour choisir le secteur et les partenaires. Je rencontre les populations locales et j'essaye de créer une dynamique de groupe en étant le plus possible à l'écoute de leurs attentes et de leurs besoins. Sur le tournage, je m'applique à faire le lien entre l'équipe de production et les villageois, pour apaiser les angoisses et les tensions, et j'assure la logistique. Je viens également en soutien de Pascal pour la prise en charge des adolescents avec pour objectifs principaux de partager, d'échanger et d'apprendre à nous connaître.

Connaissiez-vous le Gabon ?
Malgré mon expérience en Afrique sur de nombreux «chantiers jeunes» et programmes éducatifs, je ne connaissais pas le Gabon. J'ai choisi cet endroit car il me paraissait important de valoriser un pays qui n'est pas mis en avant malgré son mérite. Le Gabon est, en effet, un des pays africains qui accorde le plus d'intérêt à son environnement. Seize réserves naturelles y sont recensées. Les Gabonais sont particulièrement attentifs à la protection de leur territoire. Il existe un ensemble de lois autour de la sauvegarde de l'environnement comme, par exemple, le refus d'utiliser des sacs plastiques.

Comment avez-vous été accueillis ?
Les Gabonais sont d'une gentillesse incroyable. Ils ont envie de faire avancer leur territoire et se mobilisent facilement. Après plusieurs semaines passées à faire connaissance, les habitants d'Eghono nous ont exposé leurs besoins et nous avons étudié s'ils étaient réalisables et compatibles avec notre projet. Le gouvernement nous a aidés et les populations ont participé activement en mettant à disposition du bois et en se joignant à la construction de l'école.

 

Opération Tambacounda : destination Gabon


Comment la décision de construire une école a-t-elle été prise ?
Dans ces zones rurales loin des villes, les besoins sanitaires et éducatifs sont importants. A Eghono, il n'y avait pas d'école. Les enfants étaient obligés de traverser le fleuve ou de faire plusieurs dizaines de kilomètres à pied pour être scolarisés. L'établissement que nous avons construit profite à trois villages et touche un nombre important d'enfants. L'avenir d'un pays dépend de l'éducation de ses jeunes. La présence d'une école recrée une dynamique dans les villages et offre une nouvelle autonomie aux femmes qui peuvent ainsi retravailler.
De plus, cette école est soutenue par le gouvernement gabonais qui assure la formation et le salaire des deux institutrices recrutées dans ces villages. Nous l'avons construite mais également équipée. Ce n'est pas une réalisation éphémère.

 

Quelles sont les motivations des jeunes Français ?
Ils ont tous envie de changer et de montrer une autre image d'eux-mêmes. Mais, même s'ils sont volontaires, ils ne réalisent pas l'ampleur des efforts qu'ils vont devoir fournir sur place. Les activités auxquelles ils participent leur permettent de se familiariser avec un secteur et, éventuellement, de se rendre compte qu'ils aimeraient y faire un stage ou une formation. Sabrina, qui avait participé à la première émission, a souhaité travailler dans l'animation lors de son retour en France après son expérience dans un orphelinat sénégalais.

Qu'est-ce qui a été le plus compliqué pour eux ?
La plupart des jeunes auxquels nous avons eu affaire n'ont pas l'habitude de travailler. La notion d'effort est particulièrement difficile pour eux. De plus, souvent habitués à être dans la toute-puissance, ils ont du mal à se soumettre à un cadre avec des règles.

Comment cette rencontre avec de jeunes Africains peut-elle les aider à renouer le dialogue avec leur famille ?
Tant qu'un enfant évolue dans son environnement avec ses amis et sa famille, il se sent en sécurité. Il a ses habitudes et ses repères. L'éloignement lui permet de prendre du recul et de relativiser les défauts de sa famille. De plus, j'ai constaté grâce à l'expérience précédente au Sénégal, que se voir à la télévision permet aux jeunes de se rendre compte de leurs abus et du côté extrême de leur comportement face à leur famille.

Qu'est-ce qui vous a le plus marquée lors de cette expérience ?
La relation d'amitié que j'ai pu créer avec les gens du village pygmée vivant au fond de la forêt m'a profondément touchée. J'ai découvert des personnes dotées d'une sagesse incroyable. Ils ont une approche très positive de la vie et des relations humaines. J'ai beaucoup appris à leur côté. J'ai été agréablement surprise de la réaction des jeunes qui, malgré les difficultés de langage, ont réussi à dépasser leurs peurs et à accorder leur confiance.

Quels souvenirs gardez-vous de cette nouvelle expérience ?
J'ai beaucoup de chance de pouvoir participer à ce projet. J'espère que l'émission permettra aux téléspectateurs de réaliser que, malgré une culture ou une religion différente, il est possible d'avancer sur des projets communs en prenant du plaisir. L'impact sur les jeunes est positif. J'ai pu le constater grâce à la première émission. Tous leurs problèmes ne se sont pas résolus en dix jours mais les relations avec leur famille ont évolué positivement et ils ont davantage de respect et de confiance en eux.

 

Publié le 10 février 2011 à 17:25 (mis à jour le 10 février 2011 à 18h25)
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  • maylyson, le 23/03/2011 à 10h55 : Béatrice fut une des mes éducatrices,lorsque plus jeune,j'étais en foyer de la PJJ. Quel chemin parcouru depuis...pour elle et pour moi ! Bravo.
  • gargouille59610, le 26/02/2011 à 18h40 : Je donnerais tout pour etre a leur place,il se rende pas compte de la chance qu'ils ont,rien que pour cette experience j'aimerais etre moi meme une petite délinquante,j'aimerais savoir comment rentré en contact avec des personnes tel que béatrice,pour pouvoir si possible rentré sur le terrain pour aidé tout ses gens dans la dificulté,l'afrique me parle depuis ma tendre enfance.merci.julie
  • gargouille59610, le 26/02/2011 à 18h31 : Donneré tt pour ete a leur place,l'afrique est un reve de toujour,rien que pour cette experience jaccepteré detre une delinkante!! il ne se rende pas compte de la chance quil on,aimerai savoir si on pe rentré dans le sujet par billet dassociation ou autre,je suis tres touché par cette culture é lamour que sé gens aporte!
  • armel0769, le 23/02/2011 à 02h05 : Bonjour est il possible d'y participer sans avoir de "problèmes" familiaux .
  • lequizz, le 15/02/2011 à 09h25 : En tant que jeune Gabonais j'espère que ce ne sera pas une autre émission ou il est question de banaliser le quotidien de certaine couche de la population

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