Ophélie Winter participe le temps d'un épisode à R.I.S, Police scientifique. Un rôle difficile, celui d'une mère qui perd sa fille, victime de troubles alimentaires. L'artiste se confie sur ses souvenirs de tournage et sur ses engagements au quotidien. Rendez-vous jeudi 8 avril à 20h45
Présentez-nous votre personnage.
Isabelle Ballancourt est une femme très active qui gère de front sa vie de famille et sa vie professionnelle. Elle va tomber des nues en apprenant la disparition de sa fille à un retour de voyage. Puis tout va s'enchainer, des infidélités de son mari à la probable mort de sa fille... Cet épisode décrit l'effondrement d'une battante qui, au fur et à mesure des heures, s'écroule pour devenir une femme vulnérable.
Comment vous-êtes vous préparée à ce rôle ?
Isabelle est une femme très forte, à la vie parfaitement réglée, qui aime tout maîtriser d'une main de maître. Au final, elle peut passer certaines fois à coté des choses essentielles de la vie. Quelques personnes dans mon entourage ressemblent à cette femme. Je me suis inspirée d'elles. Comme je devais souvent pleurer, je pensais à une chanson triste. En deux semaines, j'ai dû l'écouter plus de 1000 fois, toute la journée et avant chaque prise, pour être en condition !
Vous jouez des émotions très fortes, était-ce pénible ?
Le tournage a été très difficile. Le réalisateur (François Guérin) a souhaité m'isoler du reste de l'équipe pour mieux me plonger dans mon rôle, alors que j'ai toujours tendance à plaisanter sur les plateaux. Je déjeunais seule, ne parlais à personne, réduisais mon temps de sommeil. J'étais poussée dans mes derniers rentranchements. Certains jours, je n'avais pas de maquillage, j'étais même enlaidie parfois. J'ai passé deux semaines à pleurer devant et hors caméra. C'était éprouvant mais cela m'a fait du bien, comme une thérapie. L'expérience en valait vraiment la peine.
Le thème de l'anorexie vous a-t-il particulièrement touchée ?
Je m'engage auprès de multiples causes au quotidien, la prévention des troubles alimentaires en fait partie. Cela me touche particulièrement car plusieurs personnes de mon entourage ont été victimes de ce fléau. L'anorexie est une maladie extrêmement grave mais elle passe souvent inaperçue. Le sujet est encore trop tabou et méconnu. C'est dramatique. Il serait temps d'arrêter les défilés de mannequins squelettiques, les retouches photo. Il faut expliquer aux jeunes filles que les images dans les magazines sont virtuelles. Il est important de montrer dans l'épisode que l'on peut mourir par ignorance, en pensant que de se faire vomir pour rester mince n'est pas dangereux. Pouvoir faire passer un message grâce à cet épisode me rend heureuse.
Comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Tout simplement, cela s'est fait très vite. J'étais également séduite à l'idée de travailler avec Philippe Caroit (Gilles Sagnac) qui est un ami, même si nous n'avons partagé aucune scène au final !
Quel bilan faites-vous de cette expérience ?
J'ai adoré ce rôle. Jouer un personnage dont le physique se détériore était vraiment intéressant. Dès la lecture, j'ai ressenti un challenge à relever. Cela changeait des rôles un peu futiles que l'on a pu me donner par le passé. En découvrant le résultat, je reconnais avoir eu peur, mais il faut savoir se mettre en danger. J'ai également appris une nouvelle façon de travailler, je sais désormais pleurer sur commande ! Je me suis familiarisée aux codes de la télévision. Le rythme est bien plus intense que celui du grand écran. Je ne comprends pas cette réticence du milieu du cinéma pour les téléfilms. Je suis extrêmement fière d'avoir joué dans cette série. Grâce à R.I.S, je peux toucher une large audience. Je suis une artiste populaire et cette série me permet de m'adresser au grand public.
Avez-vous d'autres projets ?
Mon album, Resurrection, est sorti en mai dernier sur les plateformes de téléchargement légal. Il s'est d'ailleurs classé numéro un des ventes pendant toute une semaine. Je prépare actuellement la sortie de mon second single. Je peux me permettre de prendre mon temps car je suis productrice, je travaille en m'amusant. Quant au cinéma, j'ai aussi des projets...















