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GABRIEL HEINZE, le titre de Marseille n’a pas été facile à décrocher. Quel a été le tournant de la saison ?
G.H. : On a vécu quelques moments délicats. Le plus dur, c’était le 23 décembre. Et notre défaite face à Auxerre (0-2). Tout le monde nous insultait, disait des choses difficiles. Ça nous a fait mal car on est parti en vacances dans cette atmosphère. Ce n’était pas facile. Mais finalement, ça nous a peut-être fait du bien. Ça nous a permis de voir si le groupe était fort et voulait vraiment gagner quelque chose. Paradoxalement, ça nous a donné beaucoup de force pour faire une seconde partie du championnat quasi-parfaite.
En janvier, lors de la reprise, vous avez pris la parole dans les vestiaires pour mettre les joueurs devant leurs responsabilités ?
G.H. : Ça reste dans les vestiaires ce genre de discussion. Ce sont des choses personnelles. Je suis peut-être un ancien pour dire ça, mais ce qui se passe dans les vestiaires doit rester dans les vestiaires. Dans ce groupe, il y a de très bons mecs, de très grands professionnels. C’est ça qui nous a permis de remporter le titre.
Au soir de la défaite à Montpellier (2-0), vous comptiez douze points de retard sur Bordeaux. Vous pensiez encore au titre ?
G.H. : C’était très dur de voir que nous avions douze points de retard sur une équipe comme Bordeaux. Mais l’entraîneur nous a dit de prendre match après match sans penser à notre classement. Il fallait tout donner à chaque fois. Et puis tout le monde a bien travaillé. Il faut dire aussi que la victoire en Coupe de la Ligue nous a donné plus de force.
Vous n’avez pas hésité avant de changer de poste et de passer latéral gauche ?
G.H. : J’ai toujours dit que le plus important pour moi, c’était le collectif. Tous les joueurs ont une préférence pour tel ou tel poste. Mais c’est le collectif qui te fait gagner quelque chose. Stéphane (Mbia) a également bien compris ça. C’est plus les journalistes qui enflamment ces choses-là. Si l’entraîneur nous donne sa confiance, peu importe où l’on joue, on donne tout.
Avec l’OM, vous avez battu votre record de buts marqués (6). Est-ce votre meilleure saison ?
G.H. : Ce que j’ai fait à Manchester United ou au Real Madrid, c’était bien aussi. Mais je n’aime pas parler de moi. Je suis très content de cette saison, surtout sur le plan collectif. C’est nous qui avons eu la chance de remporter un titre de champion après dix-huit ans d’attente. Ça donne tellement de bonheur aux supporters.
Pensiez-vous un jour être sacré champion de France avec Marseille ?
G.H. : Non. Je n’ai jamais pensé que je serais un jour à Marseille. Avec tout mon passé au PSG, un rival direct de l’OM, ce n’était pas possible. Surtout que j’arrivais ici à 31 ans. Pas mal d’entre vous, disait en début de saison : "Mais il peut encore jouer à cet âge-là ?" J’ai toujours su que le temps jouerait en ma faveur. Et puis, grâce à mes copains, j’ai pu tout donner pour l’équipe. Et on a réussi à gagner. Le terrain rétablit toujours la vérité.
Didier Deschamps explique que c’est vous le boss de l’équipe. Vous êtes le leader du groupe ?
G.H. : Non. Il y a des joueurs qui ont plus de responsabilités et d’expérience que d’autres. Mais tout le monde est important. Ce n’est pas un joueur en particulier. Le coach dit "bravo" a un groupe qui a tout donné cette saison et a pu accrocher un titre.
Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de footballeurs ?
G.H. : La vie change. Ce n’est pas uniquement les footballeurs qui évoluent. Il y a des joueurs qui ont déjà tout gagné à 21 ou 22 ans. Moi je commençais juste ma carrière à cet âge-là. Mais je les respecte. Chacun a sa façon de voir les choses.
Vous allez rester à l’OM ?
G.H. : On n’a pas encore parlé de ça. Mais je suis tranquille. Après, dans le football, il peut se passer tellement de choses. J’ai encore un contrat d’un an. Et il n’y a jamais de problème avec moi. Dans tous les clubs où je suis passé, je discute avec les dirigeants pour savoir si tout va bien.
L’an prochain, la Ligue des champions peut-elle être un objectif pour Marseille ?
G.H. : Oui, car toutes nos défaites cette saison l’ont été sur de petits scores. Contre Milan ou le Real, on a perdu à cause de petits détails. Il faut simplement corriger ça. C’est ça qui me fait dire que nous pouvons avoir de l’espoir pour l’an prochain. Il y a beaucoup de qualité dans l’équipe et je pense que le club va encore grandir.

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