General Motors souhaite fermer ses sites en Europe

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Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-02-18T14:35:00.000Z, mis à jour 2009-02-18T14:35:00.000Z

L'annonce par General Motors d'un plan de réduction de coûts de 1,2 milliard de dollars sur ses activités européennes, qui devrait comprendre des fermetures de sites, suscite de vives inquiétudeschez les salariés de ses marques Opel et Saab.

Dans son plan de restructuration présenté mardi soir au Trésor américain, le constructeur automobile a fait savoir qu'il prévoyait un retour à la rentabilité de ses activités en Europe comme aux Etats-Unis en 2011, dans deux ans.

"Comme aux Etats-Unis, il est attendu que les activités européennes du groupe produisent des résultats et des cash flow significativement négatifs en 2009 et 2010", a-t-il indiqué. "Traduisant (...) des réductions importantes de coûts structurels, dont une consolidation importante au niveau de la fabrication et des économies de coûts de main-d'oeuvre, les activités de GM en Europe devraient produire des résultats financiers positifs en 2011-2014."

Le plan de restructuration pourrait comprendre "plusieurs fermetures possibles ou scissions de sites industriels dans des régions où les coûts de production sont élevés". Il a ajouté que le principal problème du groupe en Europe était son manque de liquidité à court terme.

General Motors a annoncé mardi qu'il prévoyait la suppression de 47.000 postes dans le monde cette année, dont 26.000 en dehors des Etats-Unis. Les spéculations vont bon train sur la part de l'Europe occidentale dans ces 26.000 emplois, sachant que GM emploie environ 50.000 personnes dans la région. Les sites de production d'Anvers, en Belgique, et de Bochum, en Allemagne, seraient notamment menacés, ainsi que l'usine de Trollhattan, en Suède.

En France, le constructeur a annoncé son intention de vendre cette année son usine de Strasbourg, qui fabrique des boîtes de vitesses automatiques. Elle compte 1.260 salariés.

Discussions en cours avec l'Allemagne et la Suède

La grogne couve, notamment chez les salariés européens d'Opel. "Opel fait du profit et nous avons fait du profit l'an passé. Tout le monde le sait mais ils continuent de penser que, comme la maison mère s'effondre, Opel ne vaut rien non plus", a déclaré Fransisco Jimenez, un syndicaliste du site de Rüsselsheim en Allemagne.

"Nous vendons nos voitures. Les gens sont intéressés par nos modèles. Il faut attendre trois mois pour une Corsa", a-t-il ajouté. GM, qui demande aux Etats-Unis une aide fédérale supplémentaire de 16,6 milliards de dollars après avoir déjà reçu 17,4 milliards de prêts, a engagé des négociations avec les syndicats de ses sites européens sur la mise en place de son plan de réduction de coûts. Il discute aussi avec les gouvernements allemand et suédois en vue d'une aide publique pour les marques Opel et Saab. General Motors Europe a fait savoir mercredi que sa direction et Opel étaient prêts à discuter d'un partenariat ou d'une prise de participation d'un investisseur extérieur.

La chancelière Angela Merkel a fait savoir qu'Opel devrait d'abord présenter un plan qui détaille sa vision de développement du groupe avant que Berlin ne puisse envisager de lui acorder une aide publique. Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, s'est pour sa part montré sceptique quant à la possibilité d'une entrée de l'Etat allemand dans le capital d'Opel.

De son côté, le gouvernement belge a déclaré qu'il chercherait à entrer en contact avec Berlin pour clarifier la situation d'Opel en Europe. Bruxelles a fait savoir que la question serait abordée lors d'un sommet informel des chefs d'Etat européens le 1er mars.

En Suède, la ministre de l'Industrie, Maud Olofsson, a jugé que des capitaux supplémentaires seraient nécessaires pour aider Saab au-delà de l'échéance du 1er janvier 2010 fixée par GM pour se dégager complètement de sa filiale. Olofsson a ajouté qu'il était difficile d'imaginer que des candidats se présentent pour assumer des responsabilités qui reviennent pour l'instant à GM. Le gouvernement, a-t-elle dit par ailleurs, écarte toujours la possibilité d'entrer au capital des constructeurs automobiles suédois mais continue à discuter avec Saab. "Nous avons un groupe automobile très fort et nous en ferons quelque chose."

"Je ne sais pas combien d'argent GM est prêt à mettre dans Saab. Ils ont dit qu'ils le feraient pendant un an, mais afin de maintenir les activités pendant un an il leur faut entre 8 et 10 milliards (de couronnes, soit 720 à 900 milions d'euros) et ils veulent qu'on en fournisse 5 milliards", a-t-elle résumé.

(avec agences)