Barthez: "Aucun n'a encore le niveau international"

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Barthez: 'Aucun n'a encore le niveau international'
Par Hichem SADAOUI|Ecrit pour TF1|2012-04-03T16:03:04.000Z, mis à jour 2012-04-03T16:03:04.000Z

Fabien Barthez estime que Lloris et Mandanda manquent encore d'envergure au plus haut niveau. Celui qui conseille les gardiens en équipe de France revient sur son rôle dans un entretien fleuve accordé à France Football, où il se dit prêt à arrêter s'il coûte trop cher.

Joueur, Fabien Barthez savait l'ouvrir quand il en avait besoin. Retiré des terrains, celui qui s'est découvert une passion pour la course automobile et qui assiste ponctuellement les gardiens de l'équipe de France, n'a rien perdu de son art. Dans un entretien accordé à France Football, ce mardi, le champion du monde 1998 revient sur son rôle aux côtés de ses successeurs chez les Bleus et sur les diverses polémiques qui les ont entourées. A sa manière. Directe et franche.

Appréciant de "partager sa passion" aux côtés "des trois meilleurs gardiens" français (Hugo Lloris, Steve Mandanda et Cédric Carrasso) qu'il respecte pour leur attitude et leur talent, l'ancien capitaine de l'OM les juge toutefois encore tendres et inexpérimentés pour le très haut-niveau international. "A ce niveau-là, le problème, ce n'est pas le terrain, c'est ce qui se passe autour, explique l'ancien portier de Man United. Et moi, mon travail est de leur éviter 5% des pépins qui les guettent. Ce n'est pas énorme à vos yeux, mais ça peut faire la différence."

"Si c'était pour le pognon..."

Barthez: 'Aucun n'a encore le niveau international'

"Pour moi, aucun des trois n'a encore le niveau international, tranche-t-il par la suite. Il faut du temps. En 2008, en Suisse, Steve était sur le banc. En 2010, en Afrique du Sud, Hugo a fait trois matches, et on sait lesquels, alors que les deux autres étaient sur banc. Aucun des trois n'a vécu pleinement une expérience", regrette-t-il. Sans donner de préférence, ni indiquer qui est selon lui le numéro 1, Barthez reconnait travailler plus facilement avec Cedric Carrasso car "c'est le plus expérimenté : il est entier, on est assez potes."

Sans afficher clairement son désaccord concernant le choix de Laurent Blanc d'accorder le capitanat à Hugo Lloris, Barthez donne toutefois le sentiment d'être sceptique. S’inquiétant de la pression supplémentaire que le brassard fera peser sur portier lyonnais. "Cette responsabilité supplémentaire va lui occasionner des soucis, et il va s'en rendre compte, peut-être même être handicapé, craint-il. Un gardien-capitaine, c'est encore autre chose qu'un joueur de champ-capitaine. Un gardien n'est pas là pour dépenser de l'énergie inutile dans un match".

"Le divin chauve" a répondu ensuite aux critiques de Noël le Graet, le président de la FFF, qui juge trop étoffé et trop couteux le staff de l'équipe de France. Le gaucher aux 87 sélections s'est senti pointé du doigt. "Je gagne moins qu'à l'époque de Domenech, et pourtant, je travaille plus ", se défend-il, réfutant le salaire de 90.000 euros annuels souvent évoqué dans la presse. "Personne n'a mis le couteau sur la gorge de quiconque pour signer les contrats. Si c'était pour le pognon, j'y passerais dix jours complets puisque je suis payé à la journée! poursuit-il. Or je ne le fais pas. C'est moi qui ai demandé à être rémunéré à la journée".

Signe que cette polémique lui pèse, le champion d'Europe 2000 se dit prêt à quitter son poste si sa présence dérange. "Si l'on me dit Fabien c'est fini, pas de problème, on se quitte bons amis. L'objectif ce sont les Bleus, ce n'est pas nous, pas moi".