Bordeaux chez les grands

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Bordeaux
Par Julien LECORNU|Ecrit pour TF1|2009-11-03T22:50:00.000Z, mis à jour 2009-11-03T22:50:00.000Z

En s'imposant chez le Bayern Munich (0-2), Bordeaux s'est qualifié pour la première fois pour les 8e de finale de la Ligue des Champions dès la 4e journée. Déjà vainqueurs à Chaban-Delmas, les Girondins ont remis ça avec opportunisme à l'Allianz-Arena. La récompense d'un parcours remarquable.

BAYERN MUNICH - BORDEAUX: 0-2
Buts : Gourcuff (37e) et Chamakh (90e)


Les Girondins continuent de frapper à la cour des grands. Ils y ont déjà mis un pied et chaque match qui passe les rapproche un peu plus ce club fermé des cadors d'Europe. Bienheureux vainqueurs du Bayern à Chaban-Delmas, il y a trois semaines, les hommes de Laurent Blanc ont paradoxalement fait preuve de plus de maîtrise à l'Allianz-Arena pour faire tomber le Bayern dans son antre et également décrocher leur billet pour les huitièmes de finale, une première depuis l'apparition de la nouvelle formule de la Ligue des champions en 1993 (Bordeaux avait déjà passé le premier tour en 1999-2000 mais une seconde phase de poules remplaçait alors les 8e de finale, ndlr). Le Bayern est certes une bête affaiblie depuis le début de la saison mais la manière avec laquelle Bordeaux l'a emporté impose le respect.


Le groupe aquitain a grandi, acquis de l'expérience comme l'a très bien analysé Yoann Gourcuff. "On était restés sur des regrets l'année passée car on sentait qu'il y avait quelque chose à faire. Par rapport à ça, on a gagné de l'expérience surtout avec ce titre de champion et on est devenus plus confiants. Ça a fait en partie la différence", insiste-t-il d'ailleurs. Le meneur de jeu breton a parfaitement synthétisé le nouvel état d'esprit des Girondins et le déroulement d'une partie au cours de laquelle tous les évènements ont tourné en leur faveur. Les champions de France avaient prévenu les observateurs qu'ils laisseraient l'initiative du jeu à leurs adversaires.


L'empreinte des grands

Privés de ballons, les Girondins ont défendu d'une manière particulièrement intelligente non pas en pressant en très haut ou en courant aux quatre coins du terrain mais en déployant un bloc très bien organisé et en maniant la science du placement à merveille. Le trio semi-défensif Geraldo Wendel-Alou Diarra-Fernando a souvent mis en échec le Bayern dans sa volonté obsessionnelle de chercher tantôt Luca Toni, tantôt Miroslav Klose en jouant dans les airs ou de parasiter au mieux les dédoublements avec les latéraux. L'expérimenté Phillip Lahm a ainsi été particulièrement discret dans son couloir droit. Pourtant, le cours du match aurait pu prendre un autre chemin si une main de Ciani dans la surface (32e) n'avait pas été sifflée. Chance pour certains, injustice pour d'autres.


Louis Van Gaal, l'entraîneur du Bayern, pourra toujours pester contre cette cruelle décision arbitrale mais aussi contre un Cédric Carrasso impérial devant sa cage, restée inviolée. Dans un match à tel enjeu, c'est encore une individualité, serait-on tenté de dire, qui a fait la différence à sa manière. Le portier bordelais a d'emblée réussi son match et gagné la confiance de ses partenaires par ses interventions sûres dans les airs, notamment sur coups de pied arrêtés. Ses deux parades décisives (32e et 62e) ont infiniment compté. Solide derrière, Bordeaux a finalement su être diaboliquement réaliste à l'image d'un énième but marqué sur coup de pied arrêté par Gourcuff. Jouant contre nature, le club présidé par Jean-Louis Triaud a su livrer LE match pour s'assurer un avenir européen cette saison. Quand on sort d'un groupe où l'on trouve le Bayern et la Juve, on ne peut que postuler à une place de grand d'Europe.