Coupe du Monde : Commet la science permet-elle de combattre la chaleur ?

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Coupe du Monde : Commet la science permet-elle de combattre la chaleur ?
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-06-11T14:55:00.000Z, mis à jour 2014-06-11T15:05:21.000Z

Dans un peu plus de 24 heures, le Brésil et la Croatie croiseront le fer lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde 2014 au Maracana. Comment des organismes peu habitués à de telles chaleurs peuvent se préparer à ce genre de climat tropical ? La science a la réponse.

Dans un article du Bleacher Report se basant sur une multitude d'études, la science explique aux footballeurs, notamment européens, comment se préparer à affronter de fortes chaleurs. Un enjeu primordial, qui fait régulièrement la Une des quotidiens. Alors que le Qatar doit organiser la Coupe du Monde 2022, beaucoup d'experts se sont insurgés contre cette décision. Comment jouer sous 40 degrés Celsius ? Est-ce réellement possible ? Si ces questions n'ont pas encore de véritables réponses, plusieurs scientifiques se sont penchés sur la Coupe du Monde au Brésil. Comment la chaleur va-t-elle affecter les performances des joueurs ? Comment faire pour se préparer au mieux ?

Des conditions extrêmes au Brésil
Quasiment aussi grand qu'un continent, le Brésil est un pays qui présente plusieurs climats, même si celui tropical est globalement dominant. Les températures y sont de 30 degrés Celsius en moyenne au mois de juin, et le taux d'humidité culmine à 80%. A Manaus, là où se jouera notamment Italie-Angleterre, l'enfer est promis aux joueurs. La chaleur et l'humidité qui règnent dans cette jungle amazonienne n'aideront pas les organismes de Pirlo, Rooney et consorts. A ce propos, le sélectionneur de l'Italie, Cesare Prandelli, déclarait ne vouloir sélectionner que les joueurs les plus affutés physiquement. Giuseppe Rossi n'a d'ailleurs pas été retenu pour cette raison. Afin de préparer au mieux ce match, les 23 Azzurri se sont entraînés dans des conditions environnementales similaires à celles de Manaus, reproduites notamment dans des saunas. Quant à l'Angleterre de Roy Hodgson, elle a fait le choix de s'exiler à Miami, une ville qui présente des conditions de chaleur similaires à celles de Manaus.

Afin d'avoir des joueurs au mieux physiquement, la FIFA a divulgué quelques conseils aux sélections via son manuel sur la médecine du football. Afin de s'acclimater à la chaleur, les organismes des joueurs ont besoin d'au minimum trois jours, le mieux étant entre 14 et 21 jours. Pas étonnant donc que plusieurs sélections se soient envolées vers le Brésil il y a quelques jours déjà. Après une telle période, les organismes peuvent se refroidir plus rapidement, et perdre moins de minéraux via la sueur. Afin de les aider, la FIFA a d'ailleurs prévu d'instaurer plusieurs « pauses fraîcheur » pendant les matches.

Coupe du monde de football : climat du Brésil à 3 jours de l'évènement #météo_bresil_FIFA : pic.twitter.com/ADD9aJPFnG

— Météo 26 07 actu (@Meteo07_26) 10 Juin 2014

Attention à la déshydratation
Si les joueurs comptent jouer au maximum de leur condition physique, ils devront veiller tout particulièrement à ne pas être déshydratés. Dans son article, le Bleacher Report explique que les scientifiques ont réussi à quantifier à quel degré la chaleur et la déshydratation affectent les performances des sportifs. Ainsi, une déshydratation de 5% entraîne une réduction jusqu'à 30% des capacités physiques. Pour illustrer cette découverte, le journal cite l'exemple de Stephen Kiprotich, l'athlète qui a gagné le marathon de Londres en 2012. Il avait alors mis 2 heures, 8 minutes et 1 seconde pour franchir la ligne d'arrivée. S'il était déshydraté de 5%, il aurait mis 2 heures et 46 minutes pour parcourir les 42 kilomètres. Il n'aurait alors pas franchi la ligne d'arrivée en première position, mais bien à la 84ème.

Si être déshydraté de 5% est un cas extrême d'après le Bleacher Report, plusieurs études indiquent qu'une déshydratation de 1% entraîne des réductions significatives sur les performances sportives. Ainsi, d'après l'Institut de recherche de l'armée américaine de médecine environnementale, et l'Université de Pennsylvanie, plusieurs symptômes peuvent apparaître en fonction du niveau de déshydratation :

- Déshydraté à 1% : réduction de la capacité pulmonaire, et présence de signes liés à la soif
- Déshydraté à 2% : croissance des symptômes liés à la soif accompagnés par une perte d'appétit et d'endurance
- Déshydraté à 3% : bouche sèche et performances altérées
- Déshydraté à 4% : augmentation du sentiment lié à l'effort (fatigue) accompagné d'une gêne persistante
- Déshydraté à 5% : difficultés à se concentrer, augmentation du rythme cardiaque et difficultés à respirer
- Déshydraté à 6% : croissance des symptômes, apparition de maux de têtes, diminution de la proprioception et de l'équilibre
- Déshydraté à 8-9% : étourdissements, réelles difficultés à respirer, confusion et faiblesse accrue
- Déshydraté à 10% :
spasmes musculaires involontaires, perte de l'équilibre et gonflement de la langue
- Déshydraté à 11% : épuisement, délire, coup de sang, difficultés à avaler, la mort peut survenir

L'hydrothérapie
Pour combattre la déshydratation, les fédérations ont mis en place plusieurs techniques. La sudation évacuant plusieurs minéraux essentiels au bon fonctionnement de l'organisme, des boissons électrolytiques glucidiques ont été créés. Dans leur préparation, certaines équipes ont également utiliser une forme d'hydrothérapie, qui permet de réguler la température du corps. Le procédé est tout simple mais est diaboliquement efficace. En trempant sa tenue dans l'eau, un joueur peut conserver de la fraicheur plus longtemps.

Hydratation: bien boire, un sport de haut niveau pic.twitter.com/9ged458jgo

— Dumont Nathalie (@DumontNathalie) 18 Mars 2013

Les joueurs européens pourraient donc avoir plus de mal que les autres à s'adapter au climat brésilien. Mais avec l'aide de la science, et en utilisant des techniques basiques, tout en restant bien hydratés, ils sont susceptibles d'évoluer au maximum de leurs capacités.