"Peut-être un déclic"

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'Peut-être un déclic'
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-10-22T13:11:43.000Z, mis à jour 2009-10-22T13:11:43.000Z

Surprenant héros de la victoire de Lyon mardi soir à Liverpool (2-1), Maxime Gonalons, 20 ans, revient de loin. En juillet 2008, victime d'un staphylocoque doré, il frôlait l'amputation. Aujourd'hui, le milieu de terrain préfère donc penser à l'avenir : s'imposer à l'OL.

MAXIME GONALONS, commencez-vous à réaliser la portée de votre exploit ?


M.G. : Oui, depuis ce matin, je commence à réaliser ce qui m'est arrivé hier soir. Ce moment restera toujours gravé dans ma mémoire. Marquer un but à Anfield Road n'est pas donné à tout le monde. J'étais vraiment sur un nuage, j'ai essayé d'exprimer ma joie comme je le pouvais. J'ai revu le but en rentrant chez moi ce matin, je ne pensais pas avoir marqué de cette manière. Je n'ai pas spécialement l'habitude d'inscrire des buts.


Dans quel état d'esprit êtes-vous entré en jeu en défense centrale alors que vous avez été formé au poste de milieu défensif ?


M.G. : Je me suis posé pas mal de questions lors des premières minutes mais Jérémy (Toulalan) m'a beaucoup parlé et m'a conseillé au niveau du placement. Je n'avais joué stoppeur qu'une seule fois durant ma formation, lors d'un match avec les 18 ans. Robert Valette (l'entraîneur de la réserve de l'OL, Ndlr) me dit depuis deux ou trois ans qu'il me voit bien poursuivre ma carrière en défense centrale mais je préfère évoluer au milieu de terrain.


Vous sans doute reçu beaucoup d'appels ou de textos hier soir…


M.G. : Oui, environ une cinquantaine… C'est normal, mes amis sont très contents. Mais j'ai encore beaucoup de travail à accomplir.


Racontez-nous votre parcours : avez-vous failli arrêter le football il y a un peu plus d'un an ?


M.G. : L'été dernier, en juillet 2008, j'ai attrapé un staphylocoque doré qui s'est mis dans la cheville et qui est remonté jusqu'au pubis. J'ai subi pendant dix jours des soins intensifs à l'hôpital, l'amputation a même été envisagée. J'ai mis six mois avant de revenir correctement mais j'étais très fatigué car j'ai été trois mois sous antibiotiques, je prenais quinze cachets par jour. J'ai beaucoup travaillé avec le préparateur physique de l'époque, Guillaume Tora.


Avez-vous douté à cette époque ?


M.G. : Oui car même avec les cachets, les médecins n'étaient pas sûrs de ma guérison. Je me suis posé beaucoup de questions. Ma famille, mon agent et le club m'ont beaucoup soutenu pendant cette période. Cette histoire appartient désormais au passé, je préfère penser au futur.


Votre but est-il une victoire sur la vie ?


M.G. : Oui c'est sûr car j'ai vécu des moments difficiles. Après cette épreuve, je me suis dit qu'il fallait que je donne tout sur le terrain. C'est ce que j'essaye de faire. Le but de mardi soir est peut-être un déclic mais il va falloir que je continue à travailler.


Pensiez-vous jouer autant en ce début de saison ?


M.G. : Pas du tout, mon objectif principal était de continuer à m'imposer en CFA. J'ai saisi ma chance lorsque le coach m'a convoqué pour les matchs amicaux de début de saison.


Le plus dur commence-t-il ?


M.G. : Oui car il faut toujours se remettre en question. Pour garder la tête sur les épaules, il faut s'appuyer sur l'entourage. Mes parents me soutiennent, c'est très important.


Vous êtes sous contrat avec l'OL jusqu'en juin, avec deux années optionnelles. Pensez-vous que l'OL va rapidement lever cette option ?


M.G. : Je ne sais pas, je vais voir avec mes agents mais je n'ai pas encore la tête à ça.