L'ultime chance d'Anelka

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'Pas peur de la Roumanie'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2009-11-14T07:06:06.000Z, mis à jour 2009-11-14T07:06:06.000Z

A 30 ans, Nicolas Anelka n'a toujours pas disputé la moindre Coupe du monde. Si le barrage face à l'Eire est capital pour l'équipe de France, il l'est peut-être encore plus pour son attaquant. Car cette double confrontation est certainement sa dernière opportunité de découvrir l'épreuve reine.

Pour Nicolas Anelka, c'est l'occasion ou jamais. Présenté dès son plus jeune âge comme l'attaquant français le plus talentueux de sa génération, le natif de Versailles cultive le paradoxe de n'avoir jamais participé à la moindre Coupe du monde avec les Bleus. Le contexte n'a jamais été favorable jusqu'ici pour un joueur à la carrière controversée, mais qui semble avoir enfin trouvé sa plénitude depuis qu'il évolue à Chelsea. A 30 ans, l'ancien Parisien n'a jamais semblé aussi proche de goûter enfin à la grand messe du football mondial. Il est à deux matches de réaliser ce rêve, deux rencontres capitales face à l'Eire. La dernière opportunité pour la France de décrocher un billet pour l'Afrique du Sud. Et pour lui, certainement l'ultime chance de découvrir à quoi ressemble une Coupe du monde.


Une épreuve qui se résume pour Anelka à une succession de désillusions jusqu'ici. En 1998, alors qu'il fait le bonheur d'Arsenal, le buteur des Gunners a vu la porte se refermer juste devant son nez. En compagnie de Pierre Laigle, Sabri Lamouchi, Ibrahim Ba, Lionel Letizi et Martin Djetou, il est prié de quitter le rassemblement des Bleus à Clairefontaine, à seulement quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde en France. En 2002, après un passage compliqué au PSG, il se relance à Liverpool et espère intégrer la sélection de Roger Lemerre. Mais l'ancien adjoint d'Aimé Jacquet lui préfère Djibril Cissé, alors meilleur buteur de Ligue 1 avec Auxerre. Encore raté. En 2006, le destin semble lui tendre les bras après la blessure de ce même Cissé en match de préparation face à la Chine. Mais c'est vers Sidney Govou que Raymond Domenech se tourne alors pour combler la place laissée vacante dans son effectif. Au cours de ces années, Anelka ne faisait pas l'unanimité. Son talent n'était pas remis en cause. Mais ses différents déboires laissaient forcément les sélectionneurs dubitatifs au moment de l'intégrer à leur groupe. Après tout, n'est-il pas le seul joueur de l'histoire à avoir annoncé qu'il ne porterait plus jamais le maillot des Bleus, en 2001, avant de se rétracter ? Les temps ont changé.


Ancelotti: "Il est bien plus consistant"


Depuis son arrivée à Chelsea en janvier 2008, "Nico" n'est plus le même homme. Plus stable, il semble avoir enfin acquis la maturité qui lui a tant fait défaut depuis le début de sa carrière. Si sa première moitié de saison chez les Blues a été quelconque, la suite n'a fait que confirmer cette évolution de sa personnalité. Meilleur buteur de Premier League l'an passé avec 19 réalisations, il forme le duo d'attaque le plus redouté d'Angleterre avec Didier Drogba cette année. Pour le plus grand bonheur de son entraineur, Carlo Ancelotti, admirateur de longue date d'Anelka. "Je voulais engager Anelka en 1999 quand j’entraînais la Juventus. À l’époque, j’avais parlé avec ses frères, mais nous n’avions pu trouver un accord. Il était très jeune, à peine 20 ans je crois. Maintenant, il joue avec beaucoup plus de personnalité et d’intensité. Il est bien plus consistant. C’est un buteur fantastique pétri de qualités. Il a tout pour lui : il a une bonne détente, est technique, frappe bien dans la balle, se déplace à merveille sur le terrain et marque énormément. Je pense qu’il est sous-coté. Drogba et Anelka sont les meilleurs attaquants de la Premier League et je ne les échangerai pour rien au monde", affirme le technicien italien.


Les éloges ne s'arrêtent pas à ses performances en club. Depuis qu'il évolue chez les Blues, Anelka a pris une nouvelle dimension avec les Bleus. Sur le terrain, mais aussi en dehors. Le gamin ingérable a laissé place à un homme plus posé, qui fait l'unanimité au sein du groupe tricolore par ses performances et par son attitude."Il fait une excellente saison avec Chelsea, en Serbie il a fait un match monstrueux. C'est quelqu'un d'assez discret, mais qui est au positif dans le groupe", témoigne ainsi Yoann Gourcuff, manifestement ravi de pouvoir évoluer avec un joueur aussi talentueux. " Nico, j'aime bien jouer avec lui. Je le trouve facilement. Il a un registre de jeu très étendu. Il arrive à la fois à prendre de la profondeur, à demander des ballons dans les pieds. Il est habile techniquement. Le défenseur ne sait jamais ce qu'il va faire. Il peut varier ses enchaînements", souligne le meneur de jeu tricolore. Anelka n'a jamais semblé autant en phase avec son équipe. Les conditions sont enfin réunies pour qu'il découvre la Coupe du monde. Reste ces diables d'Irlandais à écarter. "Peut-être qu’il est écrit quelque part que je ne jouerais jamais de Coupe du monde", avance l'attaquant des Bleus. Ce sera très difficile contre l’Irlande, et l’atmosphère sera un peu folle lors du match aller." Il devra la calmer pour ne pas laisser passer son ultime chance de goûter au Mondial.