La taupe de Knysna, Domenech, le PSG, les Bleus... Anelka dit tout

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anelka retour aeroport
Par Nicolas BAMBA|Ecrit pour TF1|2017-02-16T14:48:31.073Z, mis à jour 2017-02-16T17:07:44.136Z

Nicolas Anelka s'est confié sans détour au magazine Onze Mondial. L'ancien attaquant de l'équipe de France, désormais conseiller aux Pays-Bas, revient notamment sur le Coupe du monde 2010 et sa fameuse exclusion. Il évoque aussi le PSG, où il a bien failli revenir.

Sa parole est devenue rare, et ses apparitions sont très discrètes ces derniers temps. Nicolas Anelka, bientôt 38 ans, a joué et entraîné en Inde depuis qu'il a quitté West Bromwich Albion en mars 2014 après son geste de la "quenelle". Il est aussi brièvement passé par l'Algérie, et depuis le 1er février, il est consultant pour Roda JC, un club de première division néerlandaise. L'ancien international français a accordé une interview au magazine Onze Mondial. Et Anelka reste fidèle à lui-même : franc et direct, quitte à froisser.

Phénix, Mark Landers, Végéta et Cantona l'inspiraient

Depuis ses débuts tonitruants au PSG, à Arsenal et en équipe de France entre 1996 et 1998, Nicolas Anelka est réputé ingérable, boudeur, arrogant. Lui explique s'être toujours senti en décalage avec le monde du football. "J'aime le foot et je suis payé pour faire le plus beau métier du monde. Mais il y a toujours des avantages et des inconvénients. Et pour moi, les inconvénients ont été lourds de conséquences", déclare-t-il, avant d'ajouter : "En étant différent des autres, je savais que j'allais me mettre la presse à dos".

"Je voulais qu'on me juge sur mes performances sur le terrain", reprend Anelka. Sa timidité et son style ont détoné, au point de provoquer des rapports difficiles avec les médias. Toute sa carrière, l'attaquant a fasciné, dans tous les sens du terme. Il se compare aux "personnages qui l'inspiraient" : "Dans Les Chevaliers du Zodiaque par exemple, le mec que je kiffais, c'était le Phénix (Ikki, ndlr). Il était toujours indépendant, bizarre, jamais avec les autres. Dans Olive et Tom, c'est Mark Landers. Dans Dragon Ball Z, c'est Végéta. Et dans le foot, c'était Cantona. Toujours le même profil. Je suis devenu un peu comme eux".

Le PSG le voulait en 2012 et 2013

La carrière de Nicolas Anelka est intimement liée au PSG, là où il acheva sa formation et fit ses premiers pas chez les pros en 1996 sous Luis Fernandez. Puis, il fila à Arsenal où il explosa aux yeux du monde. En 2OOO, un an après un transfert record au Real Madrid et une saison difficile en Espagne, le buteur revenait au PSG, mais l'aventure parisienne ne fut pas une franche réussite et s'acheva moins de deux ans plus tard.

Aujourd'hui, le club de la capitale a bien changé. Et évoluer dans cette équipe lui plairait : "Tu me fais jouer avec Verratti, Zlatan et Di Maria, je vais t'en marquer des buts". Anelka s'estime capable de jouer en Ligue 1 encore et de marquer "au moins 10 buts" malgré son âge. Pour le PSG, ce serait plus délicat. L'ancien attaquant confie d'ailleurs que ces dernières années, il a eu l'opportunité de revenir deux fois. D'abord en 2012, quand Carlo Ancelotti fut nommé, puis en 2013, quand son bail au Shanghai Shenhua se termina. A chaque fois, Nicolas Anelka déclina : "Mes histoires avec le PSG et la France se sont toujours mal terminées, j’ai préféré refuser. Quand je marche dans la rue, j’aime être comme tout le monde. À Paris, c’est impossible. (...) J’aurais kiffé revenir au PSG, mais intérieurement, je savais que c’était impossible. Et puis je crois qu’un troisième passage aurait été de trop. Je suis revenu très tôt la première fois, c’est très bien. Grâce à ça, j’ai très vite compris que je n’allais plus jamais revenir."

Ses mots à Domenech à la mi-temps de France-Mexique

La carrière mouvementée de Nicolas Anelka en équipe de France s'acheva brutalement à la mi-temps du match contre le Mexique (0-2), le 17 juin 2010 durant la Coupe du monde en Afrique du Sud. Le score était alors de 0-0, mais il y avait de la tension entre le sélectionneur Raymond Domenech et ses joueurs, Anelka en tête. L'attaquant et le coach ne parvenaient pas à s'entendre sur la tactique, le jeu à déployer. Des mots furent prononcés et Nicolas Anelka fut remplacé, puis écarté et exclu du groupe France, avec pour conséquence la grève de Knysna et la une du journal L'Equipe reprenant les mots supposés d'Anelka à Domenech : "Va te faire e... sale fils de...".

Des années après, le joueur maintient : il n'a jamais dit dette insulte. "Si je l'avais dit, je l'aurais assumé", assure-t-il. Six mois avant le Mondial, Nicolas Anelka tirait le signal d'alarme : la méthode de travail n'était pas bonne et "on allait droit dans le mur". Et en Afrique du Sud, tout explosa. C'est du passé désormais, mais l'ex-international lèvera le secret bientôt sur ce qu'il a dit à Domenech. "Je le dirai dans mon film que je suis en train de faire", annonce-t-il. Une autre interrogation sera levée : l'identité de "la taupe", c'est-à-dire le joueur des Bleus ("le traître" comme l'appelait Patrice Evra, capitaine à l'époque) qui relaya aux médias les conflits qui rongeaient le groupe.

en savoir plus : Equipe de France de Football