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Quel a été votre sentiment à la première lecture du scénario ?
J'ai immédiatement adoré l'écriture mais aussi les sujets qui étaient abordés. Je me sentais aussi très proche de mon personnage : du même âge que lui, j'allais également bientôt devenir père. En plus, j'aimais son côté immature et un peu déconnecté. Il ressemblait à d'autres personnages que j'avais déjà interprétés par le passé avec, en plus, un fort capital sympathie qui le rendait attachant.
Qui est Fred ?
C'est un trentenaire comme il en existe beaucoup de nos jours. Spontané et impulsif, il est resté un grand enfant, passionné de jeux vidéo. Fred dispose d'une qualité assez rare à notre époque : il est doué pour le bonheur. Je trouvais cette caractéristique intéressante et originale. Comme lui, je pense que ce sont les moments passés avec nos proches et l'aptitude à apprécier les petits plaisirs de la vie qui apportent la vraie richesse personnelle. Dans notre société, les gens ont tendance à se focaliser sur des critères plus matériels. Personnellement, je ne veux pas me résoudre à considérer le succès, l'argent ou l'ego comme des finalités absolues.
Comment qualifieriez-vous ses rapports avec sa femme, Natacha ?
Natacha est une femme organisée, pleine d'énergie et encrée dans la réalité, totalement à l'opposé de Fred, plutôt poétique, irresponsable et tête en l'air. Ces différences créent forcément des disputes entre eux. Mais ils forment un couple complémentaire et s'aiment profondément, parce qu'ils ont trouvé une forme d'équilibre. Fred a fait le choix de ne pas s'encombrer de responsabilités. Natacha est la véritable chef de famille et il s'en accommode très bien. Pourtant, à un moment, l'absence de sa femme va lui permettre de s'émanciper, presque à la manière d'un adolescent. Cette relation de couple me plaisait car elle cassait le schéma familial traditionnel. En plus, j'ai l'impression qu'elle correspond à une tendance de notre époque : autour de moi, beaucoup de femmes assurent à tous les niveaux, sans que cela dérange leur conjoint.
Avez-vous rencontré des difficultés pour interpréter ce personnage ?
J'abordais chaque scène avec beaucoup de décontraction ; un point commun avec Stéphane Kappes, le réalisateur, dont la sensibilité me correspondait. Tout en plaisantant et en faisant preuve de souplesse, il gérait le plateau de main de maître. En revanche, j'ai fait attention à ce que Fred conserve toujours son côté sympathique sans devenir un loser. Il ne se prend pas au sérieux et pourrait facilement passer pour un flemmard parce qu'il n'a pas d'emploi. L'image renvoyée par des personnages comme le sien est souvent négative parce qu'il existe un sentiment de culpabilité autour du travail. Mais Fred a une vraie intelligence humaine, ce qui le rend très intéressant. Personnellement, je n'ai plus besoin de prouver l'inverse mais, pendant très longtemps, personne ne me prenait au sérieux à cause de mon attitude détendue. Pourtant, je n'ai jamais arrêté de travailler. Je défends totalement la philosophie de vie de Fred.
Vous êtes-vous senti à l'aise au sein de ce large casting ?
Totalement. Travailler au cœur d'une grande équipe était d'ailleurs une motivation pour moi. J'ai débuté à Marseille dans une troupe de théâtre. Après un début de carrière assez foudroyant, où je suis passé d'un petit café-théâtre à l'Olympia, j'ai ressenti le besoin de me recentrer. J'ai arrêté les one-man shows car je trouvais qu'il y avait un côté peu naturel à être toujours centré sur soi. L'année dernière, j'étais au théâtre dans Open Bed et j'ai adoré retrouver une ambiance de troupe. Il en allait de même sur le tournage de Vive les vacances !
Vous souvenez-vous d'une anecdote particulière ?
Un matin de bonne heure, dans ma voiture, j'ai entendu un flash météo régional annonçant du mauvais temps pour la journée alors qu'il faisait très beau. Cela m'a donné l'idée d'une blague, celle de me faire passer pour un vieux loup de mer, spécialiste des vents et marées. A mon arrivée, j'ai prévenu l'équipe que, d'après l'horizon, les nuages allaient arriver. Personne ne m'a cru. Quand le ciel s'est couvert, ils ont tous été très surpris. Mais je leur ai rapidement dit la vérité car ils me demandaient tous les matins mon avis sur le temps à venir !
Grâce à ce film, vous avez retrouvé votre région d'origine...
Oui et c'était vraiment très agréable. Je me retrouve un peu dans mon fief car j'ai passé, plus jeune, beaucoup de temps à Marseille, mais aussi sur toute la Côte, de Bandol à Cassis. J'y ai conservé beaucoup d'amis et je n'ai d'ailleurs jamais totalement quitté la région puisque j'y reviens régulièrement. Pendant le tournage, j'ai pleinement profité de ma famille, de mes amis... et je mangeais presque tous les soirs chez ma mère ! J'y ai d'ailleurs pris quelques kilos. Heureusement pour moi, mon personnage n'était pas censé être très musclé. Dans le cas contraire, j'aurais eu beaucoup d'efforts à fournir !
Aurélie BINOIST
















