Espagne-Russie : la presse espagnole a l'élimination amère

Par Yohan ROBLINÉcrit pour TF1

le 02/07/2018 à 10h40, mis à jour le 02/07/2018 à 11h36

Au lendemain de l'élimination surprise de la Roja, battue aux tirs au but par la Russie (1-1, 4 t.a.b à 3) en huitièmes de la Coupe du monde, la presse espagnole tire à boulets rouges sur la Fédération, son équipe et ses joueurs.

On pensait l'Espagne guérie de ses maux passées. Au sommet de 2008 à 2012, la Roja avait sombré en 2014, éliminée dès le premier tour de la Coupe du monde au Brésil, et n'avait pas su relever la tête en quittant l'Euro 2016 au stade des huitièmes de finale. Dimanche sur la pelouse du Stade Loujniki de Moscou, l'équipe de Fernando Hierro s'est engluée dans le piège russe. L'Espagne, parmi les favoris de la compétition, s'est inclinée aux tirs au but face au pays organisateur (1-1, 4 t.a.b à 3) aux portes des quarts de finale du Mondial. 

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Ce lundi 2 juillet, encore émoussée par cette élimination surprise, la presse ibérique revient en long et en large sur le sujet. Pour AS, cette sortie de route prématurée marque la "fin d'une génération", portée par Andrès Iniesta, l'un des survivants de l'épopée. Entré à la 67e minute, l'ancien milieu du Barça n'a rien pu faire pour aider la Roja. Sur son site, le quotidien madrilène s'en prend à David De Gea, le coupable tout trouvé. "Ce Mondial fut du grand n'importe quoi du début à la fin, du renvoi de Lopetegui à l'invisibilité de De Gea, qui n'a arrête aucun des penalties qui ont envoyé l'Espagne à la maison", peut-on lire. Il ne retient que la prestation d'Isco, seule satisfaction du Mondial russe : "Il faudrait qu'il y ait quelqu'un pour aider Isco à gagner le Mondial au Qatar."

"L'Espagne punie à la roulette russe"

Marca n'y va pas par quatre chemins en titrant sur le "retour à la maison" de la Roja. Le média ibérique dénonce un "échec majuscule", résultat du psychodrame qui s'est joué deux jours avant le début du Mondial. "Penser qu'une opérette comme celle du changement de sélectionneur n'aurait pas de conséquences était d'une naïveté confondante", s'insurge le journal sportif madrilène, pointant "les responsables" que sont Julen Lopetegui, les présidents du Real Madrid Florentino Pérez et de la Fédération espagnole Luis Rubiales. 


Pour sa part, El Mundo énumère les raisons de l'échec : "une gestion néfaste des instances", "un Iniesta au crépuscule de sa carrière" et "la Fédération, Rubiales, Lopetegui et Madrid (qui) ont mal géré le timing d'une décision qui a eu des conséquences profondes". Le quotidien généraliste termine sur ce constat : "l'Espagne a permis à une équipe inférieure de rester en vie (...) et a fini par être punie lors d'une séance de roulette russe".

Mundo Deportivo
et El Pais concluent respectivement leur démonstration sur la fameuse malédiction qui poursuit l'équipe d'Espagne. La Roja "reste maudite face aux pays organisateurs, qu'elle n'a jamais battu en compétition internationale". Une malédiction qui l'a renvoie "une décennie en arrière". Et du même coup à la maison.

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