19h30 Médias : la marche contre l’antisémitisme provoque des remous

Face à la situation actuelle extrêmement tendue et aux actes antisémites qui se multiplient dangereusement en France, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, ainsi que celui du Sénat, Gérard Larcher, ont appelé à « une grande marche civique » contre l’antisémitisme ce dimanche 12 novembre à Paris. Et ce alors que le conflit israélo-palestinien s’est largement importé en France via une guerre de l’information, un mois après les attaques terroristes du Hamas en Israël, le 7 octobre dernier. Cette marche qui doit appeler à la paix, provoque en amont de virulentes réactions, à l’image de Jean-Luc Mélenchon qui a déclaré sur X (ex-Twitter) qu’elle était le rendez-vous « des amis du soutien inconditionnel au massacre », référence à la situation actuelle à Gaza. Son de cloche inverse du côté du Rassemblement National, avec la présence confirmée de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Cette présence des personnalités du groupe d’extrême-droite ne plaît pas à certaines personnalités de gauche et de la majorité, qui pourraient ne pas y prendre part. Les partis socialistes, communistes et écologistes pourraient même mettre en place « un cordon républicain » afin de ne pas se mêler au Rassemblement National. Alors que la loi immigration est en ce moment étudiée au Sénat, l’institution a décidé hier à 200 voix contre 136 de supprimer l’aide médicale d’Etat (AME) aux étrangers en situation irrégulière sur le territoire français. Elle permettait jusqu’ici de bénéficier d’un accès aux soins pour tous, en prenant en charge à 100% les frais médicaux et hospitaliers, à condition de résider sans discontinuité sur le territoire depuis minimum trois mois. Elle pourrait désormais se nommer « aide médicale d’urgence » (AMU), suite à la pression d’une grande partie de la droite pour laquelle cette aide représentait « un appel d’air » à l’immigration illégale. Les élus de gauche sont eux montés au créneau, dénonçant une mesure « de la honte », à l’image de Yannick Jadot, excédé. Dans une tribune publiée sur le site du Monde, 3000 médecins appelaient eux aussi au maintien de l’AME. Gérald Darmanin est lui resté muet, alors que la suppression de l’AME ne semble pas faire consensus au sein même du gouvernement. Raquel Garrido a été mise à l’écart en début de semaine de l’Assemblée nationale par son groupe politique La France Insoumise, pour une durée de quatre mois. La députée s’est fait retirer le droit d’opérer en tant « qu’oratrice au nom du groupe », d’explication de vote et de questions au gouvernement. La femme politique a rapidement réagi sur la sanction dont elle fait l’objet, face aux médias. Et pour elle, il ne fait aucun doute, sa suspension est dû à ses critiques de Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard a lui un tout autre son de cloche. Pendant ce temps-là, à l’Assemblée nationale, Laurent Jacobelli et le ministre de la Culture se sont affrontés sur le cas de Guillaume Meurice, accusé par certains d’antisémitismes après une blague sur Benyamin Netanyahou.
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