19h30 Médias : le gouvernement pointé du doigt suite à l’attentat terroriste de Paris

Ce samedi à Paris, un nouvel attentat terroriste a coûté la vie à un touriste allemand dans les rues parisiennes. Deux autres personnes ont été blessées mais leur vie n’est pas en danger. L’assaillant, âgé de 26 ans, est de nationalité française, radicalisé depuis plusieurs années, et avait déjà été interpellé pour un projet d’action violente à l’arme blanche à La Défense en 2016. Il est condamné pour cinq ans de prison dont quatre fermes, avant de ressortir en 2020. Depuis l’attentat de samedi, les débats s’enflamment autour de son profil, des raisons de sa remise en liberté, mais également sur son nom. Dans les médias, une question revient sans cesse depuis 48 heures, était-il possible d’éviter cette attaque ? Les failles du gouvernement sont évidemment passées au crible. Afin de contre-attaquer et de tenter de rassurer, Gérald Darmanin, Laurent Nunez, ou encore Oliver Véran se démultiplient sur les plateaux de télévision. Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, n’a lui pas hésité à répondre au ministre de l’Intérieur, auteur d’une phrase pour alimenter la machine médiatique. La controverse autour de cet attentat se transforme en un véritable duel entre les deux hommes. Depuis samedi soir et l’attentat terroriste de Paris, les débats sont vifs autour de la rétention de sûreté. Elle permet de placer un condamné qui sort de prison dans un centre de soins si ce dernier est jugé comme encore dangereux pour la société. Une mesure qui s’appliquait jusqu’ici aux auteurs de viols, mais étendue aux auteurs d’actes terroristes depuis 2021. Une mesure qui n’aurait pas pu s’appliquer pour l’auteur des faits, car condamné en 2018, avant la mise en place de cette nouvelle loi. Pour Gérard Araud, ancien ambassadeur de la France aux Etats-Unis, il semble pourtant impossible d’enfermer préventivement tous les fichés S. Un débat animé car c’est la première fois qu’une attaque est perpétrée par une personne libérée antérieurement pour terrorisme. Depuis mi-2018, 470 détenus terroristes islamistes ont été libérés. L’impuissance des pouvoir publics est pointé du doigt. Dans 235 jours, se tiendront les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’évènement planétaire sportif où l’enjeu de sécurité est colossal. Mais après l’attentat de ce week-end à Paris, l’inquiétude grimpe. En cause notamment, le lieu de l’attaque de samedi, le pont de Bir-Hakeim, où se déroulera une partie de la cérémonie d’ouverture, qui prendra place sur la Seine. Et ce alors que la capitale française devrait accueillir 16 millions de visiteurs. Et alors que le gouvernement et les élus tentent de rassurer ces dernières heures, le chef de la police nationale, Frédéric Péchenard appelle tout simplement à relocaliser la cérémonie d’ouverture au Stade de France. Mais pour Amélie Oudéa-Castera, un plan B est inenvisageable. Jean-Luc Mélenchon s’est distingué ce dimanche 3 décembre pour un tweet visant la journaliste politique, Ruth Elkrief. On peut notamment y lire : « Ruth Elkrief. Manipulatrice. Si on n’injurie pas les musulmans, cette fanatique s’indigne (…) Elkrief réduit toute la vie politique à son mépris des musulmans ». Une véritable cible mise dans le dos de la journaliste. Et ce faisant suite à un extrait d’interview de l’éditorialiste. Depuis, la classe médiatique et politique est montée au créneau afin de soutenir Ruth Elkrief. Mais son tweet vu 7 millions de fois et liké 17 000 fois a poussé Gérald Darmanin à placer la première concernée sous protection policière, dans un contexte de vives tensions. De nombreuses personnalités médiatico-politiques comme Manuel Valls ou Pascal Praud fustigent une nouvelle fois le comportement et la position de la figure majeure de La France Insoumise. Un cap semble avoir été franchi.
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