La Brigade : pourquoi Marseille fascine-t-elle les réalisateurs ?

François Truffaut disait « Chaque Français a deux métiers : le sien et critique de cinéma ». Visiblement, Marine Le Pen ne fait pas exception. Mercredi soir, la présidente du Rassemblement national a jugé que le film « Bac Nord » décrivait parfaitement la réalité de Marseille et qu’il devait pousser le gouvernement à réagir. Depuis sa sortie, le film de Cédric Jimenez affronte son lot de critiques : on l’accuse notamment de défendre la police corrompue et de donner une image déshumanisante des jeunes des quartiers nord. Au-delà de « Bac Nord », Marseille a souvent été le théâtre privilégié des réalisateurs pour monter leur film sur la pègre. On se souvient par exemple de « La French », du même Cédric Jimenez, ou de « Borsalino » de Jacques Deray, du « Juge » de Philippe Lefebvre ou encore de « Un prophète » de Jacques Audiard. Bref, depuis les années 1960 Marseille c’est une longue lignée de films sur la pègre et la prison et pour cause, la ville regorge d’ingrédients pour réalisateurs : la mafia, un cadre très cinématographique et plein de faits divers qui sont une véritable manne à scénarios. Pourtant, avant les années 1960, le cinéma montrait au contraire l’autre face de Marseille, à l’extrême opposé : la douceur de vivre, le charme du sud, l’humour et la bonne cuisine. En quelques années, on est donc passé de « tout le monde chante sur le vieux port » à « tout le monde prend de l’héro dans les quartiers nord ». Forcément, ça change.
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