Exclusif : voici un extrait du "Journal de Stefan" (Tome 3)

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Le journal de Stefan
Par TF1|Ecrit pour NT1|2011-09-02T17:31:00.000Z, mis à jour 2011-09-02T17:46:23.000Z

TF1.fr vous propose en exclusivité de découvrir le prologue et le premier chapître du tome 3 du "Journal de Stefan", disponible le mercredi 7 septembre en librairie

" Plus rien n'est comme avant. Ni mon corps, ni mes désirs, ni mon appétit.

Même mon âme a changé.

En l'espace de dix-sept ans seulement, j'ai été témoin d'un nombre anormal de tragédies - tragédies dont je suis pour beaucoup responsable. Je porte en moi le souvenir de ma mort et de celle de mon frère. Le moment où nous avons poussé notre dernier souffle dans les bois moussus de Mystic Falls me hante, ainsi que l'image de la dépouille mortelle de mon père, sur le sol du bureau de notre splendide demeure, Veritas. Je peux encore sentir l'odeur de brûlé de l'église où les vampires de la ville ont péri par le feu. Ma bouche n'a pas non plus oublié le goût du sang de mes victimes, dont j'ai causé la perte par pure soif, en toute indifférence. Mais ce dont je me souviens le plus précisément, c'est le garçon curieux et rêveur que j'étais, et, si mon coeur battait toujours, il se briserait à l'idée de la créature vile que je suis devenu.Pourtant, bien que les molécules de mon organisme aient mué au point d'être méconnaissables, le monde continue à tourner comme si de rien n'était. Les enfants grandissent, leurs visages rondelets s'affinant à mesure que les années passent. Les jeunes couples échangent des sourires secrets en parlant de la pluie et du beau temps. Les parents dorment quand la lune veille, puis émergent des profondeurs de leur sommeil aux premières lueurs du soleil. Ils mangent, ils travaillent, ils aiment.

Et toujours, leurs coeurs battent avec un élan et une constance tels qu'ils ont sur moi un effet hypnotique semblable à celui de la mélodie d'un charmeur de serpent sur un cobra.

Une fois, par le passé, je me suis raillé de la monotonie de l'existence humaine, persuadé que mes pouvoirs m'en préservaient.

Katherine, par son exemple, m'a enseigné que les vampires traversent les ans sans subir aucun préjudice, de sorte que je me suis senti libre de m'affranchir de la vie pour la savourer pleinement, d'un plaisir charnel à un autre, sans redouter un instant la moindre conséquence. Lors de mon séjour à La Nouvelle-Orléans, l'étendue de ma puissance nouvellement acquise, où force et vitesse ne connaissaient pas de limites, m'est montée à la tête. Chez les humains, j'ai fait d'autant plus de ravages que leur existence m'apparaissait futile, dénuée de tout sens. Chaque goutte de sang chaud renforçait mon sentiment d'être vivant, invincible, à l'abri de toute crainte.

Dans le sillon de ma soif, j'ai laissé de nombreux innocents, tués sans complexe. Les visages de mes victimes ont disparu avec le temps. À l'exception d'un.

Celui de Callie.

Sa chevelure rousse et flamboyante, ses yeux vert clair, la douceur de ses joues, cette façon qu'elle avait de se tenir debout, mains sur les hanches... Tous ces détails restent ancrés dans ma mémoire avec une douloureuse précision. C'est Damon, mon frère et, autrefois, meilleur ami, qui a

asséné à Callie le coup fatal. En changeant Damon en vampire, je lui ai ôté la vie ; en représailles, il m'a donc pris la seule chose à laquelle je tenais : mon nouvel amour. Callie incarnait à mes yeux les principales valeurs de l'humanité. Elle célébrait la vie. Sa mort pèse lourdement sur ma conscience.

À présent, ma force s'est convertie en fardeau, ma soif intarissable en malédiction, et la promesse d'immortalité en terrible croix à porter. Les vampires sont des monstres, des assassins. Je ne dois plus jamais l'oublier ni laisser ce diable intérieur reprendre le pas sur moi. Bien que je sois condamné à assumer la responsabilité du choix coupable que j'ai fait pour mon frère, je dois néanmoins m'écarter au maximum du chemin de violence sur lequel il s'est engagé à tout prix. Si

Damon se délecte de cette brutalité et de cette liberté, propres à notre nouvelle condition, je ne peux que les déplorer.

Avant de quitter La Nouvelle-Orléans, j'ai combattu le démon en lequel mon frère s'est changé. Maintenant, alors que je remonte vers le nord, là où personne ne me connaît, que

ce soit en tant qu'humain ou en tant que vampire, le seul démon qui me reste à affronter, c'est le mien, assoiffé."

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Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aude Lemoine
Photo de couverture/Key Artworkþ:
© 2011 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.
L'édition originale de cet ouvrage a paru en langue anglaise chez
HarperTeen, an imprint of HarperCollins Publishers, sous le titreþ:
Stefan's Diaries, vol. 3þ: The Craving
Published by arrangement with Rights People, London.
© 2010 by Alloy Entertainment and L. J.þSmith.
© Hachette Livre, 2011, pour la traduction française.
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