50' inside : Lambert Wilson : l'acteur dandy rêve de films d'action

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Par Y.Z.|Ecrit pour TF1|2015-05-17T13:54:00.000Z, mis à jour 2015-05-18T10:11:56.000Z

Maître de cérémonie du Festival de Cannes pour la deuxième année consécutive, Lambert Wilson a donné rendez-vous à Sandrine Quétier quelques jours avant son départ pour la Croisette. L'occasion pour cet acteur multi-facettes de revenir sur les moments marquants de sa vie.

Cette année encore, Lambert Wilson va revêtir son habit de cérémonie pour officier pour la deuxième fois consécutive sur la scène du Festival de Cannes. Malgré plus de trente ans de carrière, l'acteur de 56 ans confie avoir encore une certaine appréhension à l'idée d'ouvrir le festival.


Des débuts difficiles

Un trac qui ne l'a visiblement jamais vraiment quitté. Lors de l'un de ses tous premiers rôles au cinéma, il était pétri de peur à l'idée de jouer face à un monstre sacré tel que Sean Connery. Il a alors 22 ans et il vient de décrocher un rôle de guide suisse dans le film Cinq jours ce printemps-là, réalisé par Fred Zinnemann. Ce dernier terrorise encore plus le jeune homme. Si l'humour rude de l'acteur écossais le déstabilise, il panique bien plus à l'idée de déplaire au grand metteur en scène. L'acteur avoue avoir pleuré tous les soirs dans sa chambre d'hôtel durant le tournage. Mais cette expérience va lui ouvrir les portes d'une carrière internationale. Les réalisateurs européens qui suivent de près l'œuvre de Fred Zinnemann ne vont pas tarder à le remarquer. Il va alors enchaîner les rôles pour les plus grands metteurs en scène : Claude Chabrol, André Téchiné, Andrezej Zulawski, Peter Greenaway, et bien d'autres.


Un acteur multi-facettes
Mais celui que certains cataloguent un peu rapidement comme un comédien bourgeois, déteste les étiquettes. Lambert Wilson refuse de se laisser enfermer dans un seul rôle. Ainsi, le 14 décembre 1990, il surprend le public et les critiques en se produisant sur la scène du Casino de Paris avec un spectacle de music-hall : Lambert Wilson chante. Même si ce contrepied a perturbé l'image de l'acteur, ce dernier ne regrette rien. "Je suis curieux de vivre mille vies !", confie-t-il à Sandrine Quétier. D'ailleurs, l'acteur n'a pas fini de surprendre... Les grands écarts ne lui font pas peur. Passer de grands rôles exigeants à la comédie populaire est un exercice qu'il affectionne particulièrement. Alors quand Valérie Lemercier lui propose de jouer dans Palais Royal !, il n'hésite pas vraiment.


Un acteur fragile
Mais l'acteur qui n'a pas peur de se moquer de lui-même est aussi un artiste tourmenté qui a également ses failles. Le 18 mai 2010, c'est un Lambert Wilson diminué qui monte les marches du palais des festivals pour présenter Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Alors que le film relatant le massacre des moines de Tibhirine est pressenti pour un prix, le comédien est très mal. Il sort tout juste d'une clinique où il était soigné pour un burn-out suite aux décès consécutifs de ses parents et à un surmenage au travail. Pourtant le tournage du film lui laisse un beau souvenir, celui d'une amitié très forte avec les autres acteurs et le réalisateur.


L'acteur veut se renouveler
A 56 ans, l'acteur veut plus que jamais prendre des risques et aller là où on ne l'attend pas. Dans son dernier film, Enragés, il joue un père de famille pris en otage par des malfrats. Un thriller sombre et haletant où il montre les muscles, loin de ses rôles parfois un peu intellectuels. "Je regrette qu'on ne m'ait pas demandé de faire plus de films d'action. J'aime beaucoup, je m'entraîne, j'aime bien me servir de mon corps, faire des choses un peu physique", avoue-t-il... En attendant, il va entamer le tournage d'un biopic. Après avoir endossé le rôle de l'Abbé Pierre dans Hiver 54, il plongera au fin fond des océans dans les habits du Commandant Cousteau.