15 milliards de plus pour les constructeurs US

Voir le site Automoto

Tour General Motors
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-12-10T22:51:00.000Z, mis à jour 2008-12-10T22:51:00.000Z

Le congrès américain vient d'annoncer le déblocage d'une envoloppe complémentaire de 15 milliards de dollars pour les constructeurs automobiles. Cette enveloppe s'ajoute au 25 milliars alloués en septembre.

Les constructeurs automobiles américains qui réclamaient des aides de l'état depuis plusieurs semaines ont été entendus. Les élus américains avaient déjà approuvé début septembre une enveloppe de 25 milliards de dollars de prêts à taux réduits pour que l'industrie américaine produise des modèles moins gourmands en carburant.
Mais avant même que les aides soient versées, GM, Ford et Chrysler avaient réclamé 25 milliards de plus. Prenant la mesure de l'ampleur de la crise, lors de sa première conférence de presse après son élection, Barack Obama avait qualifié l'industrie automobile de "colonne vertébrale de l'industrie américaine" et souhaité une mise en place rapide d'une aide massive.

Ce mercredi, les chefs de file du Congrès américain sont parvenus à un accord sur un projet de loi autorisant le déblocage de 15 milliards de dollars supplémentaires en prêts. La Chambre des représentants s'est réunie à son tour vers 18h30, heure française, pour commencer l'examen du texte, qui prévoit notamment la nomination d'un administrateur chargé de surveiller la mise en place de mesures de restructuration par les constructeurs.

La Maison blanche s'est félicitée de ce "bon accord de principe" entre l'administration Bush et les dirigeants du Congrès tout en soulignant que les détails de la proposition de loi faisaient encore l'objet de discussions. Le secrétaire général adjoint de la Maison blanche, Joel Kaplan, a ajouté que le texte définitif de la proposition de loi obligerait les constructeurs qui bénéficieront d'une aide publique à faire un choix : "la restructuration ou la faillite", insistant sur le fait que la Maison blanche n'avait pas encore vu le document final ni "donné son feu vert".

"La restructuration ou la faillite"

Le texte, dans sa version actuelle, prévoit la nomination par le président d'un "Monsieur Auto" ("car czar") qui examinera les plans de restructuration présentés par General Motors, Ford et Chrysler pour garantir leur viabilité à long terme. Il devra également s'assurer que les constructeurs respectent des critères stricts pour pouvoir bénéficier du plan. Le secrétaire général adjoint de la Maison blanche a précisé que si les plans - qui devront être soumis le 31 mars au plus tard à moins qu'un délai supplémentaire de 30 jours ne soit accordé comme le prévoit la version actuelle du texte - ne donnent pas entière satisfaction, le "Monsieur Auto" pourra exiger des constructeurs qu'ils remboursent immédiatement les prêts accordés.

Mais les oppositions à ce plan de sauvetage ne sont pas encore levées. Lors d'une conférence de presse au Capitole, le sénateur républicain Richard Shelby a déclaré que son collègue sénateur Bob Corker préparait un contre-projet, tout en précisant qu'il n'avait pas fait une évaluation du nombre de soutiens que cette initiative pourrait rallier.
Shelby s'est dit opposé au texte qui a fait l'objet d'un accord entre l'administration Bush et les démocrates au motif qu'il n'aiderait pas les constructeurs américains à être plus compétitifs. Il a menacé d'en ralentir le processus d'adoption au Congrès. Mercredi soir, Wall Street a en tout cas salué l'accord obtenu au Congrès, le Dow Jones clôturant en hausse de 0,81% et le Nasdaq de 1,17%.

(avec agences)