3 novembre 1991 : le Grand Prix le plus court de l'histoire de la F1 !

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GP Australie 1991   Ayrton Senna   McLaren Honda   Adelaide
Par Xavier BEAL|Ecrit pour TF1|2016-11-03T16:35:14.898Z, mis à jour 2016-11-03T19:47:13.063Z

Le 3 novembre 1991, le Grand Prix d'Australie entrait dans la légende en devenant l'épreuve la plus courte de l'histoire de la F1. Retour sur cet épisode rocambolesque de la F1 !

C'est un drôle d'anniversaire que fête aujourd'hui le Grand Prix d'Australie. Il y a 25 ans, le 3 novembre 1991, la F1 assistait à sa course la plus courte. Retour sur ce Grand Prix peu ordinaire.

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Prost débarqué par Ferrari

Du 31 octobre au 3 novembre 1991, l'Australie accueille la seizième et dernière manche de la saison. Avant même cette dernière manche, le titre est tombé dans l'escarcelle d'Ayrton Senna. Deuxième au Grand Prix du Japon quinze jours plus tôt, le pilote brésilien s'est adjugé sa troisième couronne mondiale.

Mais ce Grand prix d'Australie 1991, disputé sur le circuit d'Adélaïde ne sera pas de tout repos. Cela commence par l'éviction d'Alain Prost par Ferrari. Pendant toute la saison, le Scuderia été hors du coup, subissant la domination des McLaren-Honda et des Williams-Renault. Sans victoire et avec seulement cinq podiums, le « Professeur » n'a pas hésité à comparer sa monoplace à un camion après le GP de Suzuka : "Je n'ai jamais piloté une voiture aussi mauvaise de toute ma carrière. Un bon chauffeur de camion, avec de gros bras, aurait pu faire aussi bien que moi aujourd'hui. Je n'avais pas vraiment l'impression d'être un pilote de F1".

Vexé par cette déclaration, Ferrari décide d'écarter le pilote français quelques jours avant le GP d'Australie. "Ferrari a décidé de ne pas poursuivre le rapport de collaboration avec Alain Prost pour les saisons 1991 et 1992" indique le communiqué de la Scuderia. Prost est remplacé avec effet immédiat par Gianni Morbidelli, qui arrive en provenance de Minardi.

Une huitième pole pour Senna

Le week-end australien débute sous le soleil et lors des qualifications, Ayrton Senna signe sa huitième pole de la saison devant son coéquipier Gerhard Berger.

Les deux McLaren devancent les Williams-Renault de Nigel Mansell et Riccardo Patrese et les Benetton-Ford de Nelson Piquet et Michael Schumacher. Piquet s'apprête d'ailleurs à disputer son 204e et dernier Grand Prix. Derrière ces six pilotes, on trouve enfin les Ferrari, Jean Alesi ayant pris le meilleur sur son néo-coéquipier, Morbidelli.

Un départ sous des trombes d'eau

Le dimanche, avant le départ, un orage dantesque s'abat sur la ville d'Adélaïde. Cela rappelle étrangement l'édition 1989, déjà courue sous de mauvaises conditions météorologiques. A l'époque, 70 tours sur les 81 avaient été parcourus

Et comme deux ans plus tôt, le départ est finalement maintenu en raison des contrats entre les organisateurs et les chaînes de télévision. Dans ces conditions, difficile de trouver les bons réglages surtout que le warm-up a été effectué sur une piste sèche. Schumacher opte par exemple pour son mulet.

De nombreux pilotes piégés

A l'extinction des feux, sous une pluie battante, Ayrton Senna prend le meilleur envol. Senna imprime un bon tempo car il profite d'une piste dégagée et ne reçoit aucune projection d'eau, contrairement à ses poursuivants. Après quelques tours, seul Mansell parvient à suivre son rythme. L'Anglais bénéficie de sa boîte de vitesses semi-automatique pour mieux gérer les difficultés du tracé bosselé long de 3,780 kilomètres.

Mais derrière le duo de tête, c'est l'hécatombe. Nakajima, Boutsen, Larini, Alesi, Schumacher et Martini partent à la faute entre le 4e et le 10e tour et doivent abandonner.

Seize tours qui n'en font que quatorze !

Au seizième tour, Mansell tente de dépasser Senna mais heurte violemment un mur en béton et abîme sa roue arrière gauche. Sa voiture est immobilisée en bord de piste et ne peut continuer. Dans la foulée, Alboreto, Berger partent en aquaplaning.

Senna agite ses bras pour demander l'interruption de la course et sa demande est entendue : le drapeau rouge est agitée, intimant l'ordre aux pilotes de s'arrêter. On pense alors que cette interruption est provisoire et qu'un second départ sera donné quelques minutes plus tard. Mais il n'en sera rien.

Le drapeau rouge ayant fait son apparition au seizième tour, le classement est établi deux tours plus tôt, soit le quatorzième. Senna est déclaré vainqueur devant Nigel Mansell et Gerhard Berger. Les autres pilotes classés dans les points sont Nelson Piquet, Riccardo Patrese et Gianni Morbideli.

C'est la 33e victoire de Senna en F1 et il permet à McLaren d'obtenir le titre de champion du monde des constructeurs.

Mansell absent du podium

Comme ce Grand Prix dépasse l'entendement, Nigel Mansell ne participe pas au podium. La FIA préfère l'envoyer à l'hôpital passer des examens à cause d'une blessure à une cheville ! Dernière conséquence de ce Grand prix tronqué, les pilotes ne reçoivent que la moitié des points. 5 points pour Senna, 3 pour Mansell, 2 pour Berger, 1,5 pour Piquet, 1 pour Patrese et 0,5 pour Morbidelli.

Au final, avec seulement quatorze tours (sur les 81 initialement prévus) et 52,920 kilomètres, ce Grand Prix d'Australie reste comme le plus court de l'histoire de la F1 !

[F1 : Interview d'Ayrton Senna - Automoto 12 juillet 1986]