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Renault Laguna
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-12-12T08:48:00.000Z, mis à jour 2008-12-12T08:48:00.000Z

Beaucoup de salariés de l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, se sont renseignés sur l'offre de départ "volontaire" faite par le groupe mais seulement une centaine ont déjà franchi le pas, alors que la direction espère dépasser le cap des 1.000 fin avril.

Arnaud Fréval, 32 ans, est de ceux-là. Chef d'équipe dans le secteur retouches peinture, il est devenu "débosseleur" itinérant. "Je me déplace chez le particulier ou le garagiste pour redresser les carosseries qui ont subi une averse de grêle, un coup de caddie ou de portière", explique-t-il. Il débute son activité doucement avec ses indemnités de départ, un petit pécule versé par Renault, sa voiture et ses outils mais sans local ni personnel.

Conducteur d'installations dans l'atelier de fabrication des échappements, Loïc Fronty, 27 ans, a lui aussi créé son entreprise. Il a reçu de Renault 12.000 euros et l'appui d'un conseiller pour se lancer dans la charpente, son premier métier. "Je m'étais toujours dit qu'un jour je pourrais créer mon entreprise, l'opportunité s'est présentée, j'ai hésité et je me suis décidé avec l'appui des amis et de la famille", raconte-t-il.

Comme Arnaud Fréval ou Loïc Fronty, 102 salariés sur les 3.700 que compte l'usine ont accepté l'offre de départ "volontaire" de Renault, selon un premier décompte dressé fin novembre, six semaines après son lancement. Beaucoup plus se sont renseignés - 914 - mais continuent d'hésiter ou ont préféré abandonner cette perspective.

Parmi les partants, très peu ont créé leur entreprise comme ces deux jeunes. L'écrasante majorité a préféré partir à la retraite un peu plus tôt que prévu, changer de métier en retournant en formation ou accepter une mutation dans une autre usine du groupe comme Cléon, Douai ou Guyancourt.
La direction a déployé les grands moyens pour assurer le succès de ce plan qui est destiné à adapter le site à la mévente de la nouvelle Laguna, son modèle phare. Installée aux portes de l'usine, la cellule chargée d'informer les salariés compte 17 conseillers appartenant à Renault ou au cabinet spécialisé Algoé.

"Nous l'avons placée à l'extérieur du site pour permettre au conjoint de venir car un projet personnel est souvent porté par le couple", explique un porte-parole de l'usine. Patrick Mériat, délégué CFE-CGC, estime que les réticences des gens viennent de la crise économique. "Certes, la situation est difficile chez Renault mais l'entreprise est tout de même assurée d'une certaine pérennité alors qu'ailleurs tout apparaît incertain", suggère-t-il.

Analyse voisine chez Josiane Kharo, déléguée CGT. "Dans une région où le taux de chômage est nettement plus élevé que la moyenne et où l'automobile est le poumon, on comprend que les salariés hésitent", affirme-t-elle.L'accueil prudent réservé à ce plan par les salariés renforce les inquiétudes des syndicats. "La direction tablait sur un nombre beaucoup plus élevé de candidats, ce qui nous fait craindre à terme un plan social pur et dur", dit Guy Vallot, secrétaire FO du Comité d'entreprise.

(avec agences)