Après le scandale au diesel, Volkswagen se tourne vers l’électrique

Voir le site Automoto

Volkswagen Phaeton 2013
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2015-10-14T09:36:32.765Z, mis à jour 2015-10-14T09:36:34.019Z

Touché durement par le scandale de tricherie sur des moteurs diesel, Volkswagen prend un nouveau virage et change ses plans en s’orientant vers les voitures électriques, incluant la future limousine Phaeton.

Pointé du doigt par la planète sur la tricherie sur ses moteurs diesel, Volkswagen va miser sur la propulsion automobile en vogue : l’électrique.


L'essai vidéo de la Volkswagen Phaeton (2010)


Le virage électrique

Cela ne fait pas encore un mois que le scandale a éclaté, mais le groupe VW a déjà prix les devants. Le 18 septembre, le logiciel permettant de tricher sur les émissions de dioxyde d’azote (NOx) lors de contrôles anti-pollution était détecté, donnant des enquêtes en Allemagne, en France, Italie, voire des interdictions de ventes des modèles en Suisse ou Etats-Unis, et débouchant sur la démission du PDG martin Winterkorn.

Pas encore remis de l’affaire, Volkswagen tient à aller de l’avant et a pris des décisions radicales lors de la réunion de son directoire le mardi 13 octobre 2015. L’abandon des motorisations diesel n’est pas au programme, mais le groupe promet « l’amélioration de l’efficience » (comprenant aussi les modèles à essence et gaz naturel), tout en mettant en avant les hybrides rechargeables – aujourd’hui représentées par les VW Golf GTE, Audi A3 e-tron ou Porsche Panamera/Cayenne S hybrid – et les électriques « avec une autonomie pouvant atteindre 300 km ».

Pour ces voitures électriques, le constructeur allemand se concentrera autour d’une plate-forme modulaire – à l’instar de la MQB servant de très nombreux modèles VW, Audi, SEAT et Skoda -  permettant la création rapide de modèles et déclinaisons à motorisation électrique. Si aucune date n’est donnée pour un premier véhicule, l’autonomie est promise « entre 250 et 500 km ».

La Phaeton totalement repensée

En 2002, Volkswagen mettait sur le marché un modèle étonnant, une grande berline luxueuse Phaeton, vitrine technologique du groupe allemand venant s’attaquer aux Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7 mais malheureusement à sa cousine Audi A8.

Sans succès, la limousine de Wolfsburg avait pourtant reçu le feu vert pour une seconde génération dans la continuité, mais qui est désormais entièrement revue.

Le projet sera totalement nouveau, avec une motorisation électrique. Ainsi la Phaeton II pourrait s’attaquer, si la puissance et l’autonomie suivent, à la Tesla Model S, mais aussi à l’Aston Martin Rapide électrique, qui devrait proposer « entre 800 et 1.000 ch » selon le PDG Andy Palmer.

Volkswagen en retard ?

Aujourd’hui, le leader mondial de la voiture électrique est Nissan, ayant misé depuis 2010 sur sa compacte LEAF, vendue à plus de 150.000 exemplaires depuis son lancement. Le constructeur a été depuis rejoint par son allié Renault, dont la citadine ZOE est largement en tête des ventes en France, puis par d’autres nombreuses marques, mais dont les modèles s’écoulent de façon anecdotique, hormis Tesla qui profite de la meilleure image et visant plus de 50.000 unités en 2015.

Chez VW, l’électrique peine. Seules représentantes dans tout le groupe, les Volkswagene-up! et e-Golf ne représentent qu'environ 10.000 exemplaires par an. Mais les projets existent, comme le SUV Audi Q6 e-tron qui reprendra la base du concept-car présenté à Francfort en septembre, et la sportive R8 e-tron devrait enfin être lancée en 2016, après l’abandon de la première génération. Chez Porsche, l’ambition s’est dessinée au même moment avec la Mission E, avant-goût d’une version 100% électrique de la berline Panamera avec 600 ch et 500 km d’autonomie.

Le concept électrique Porsche Mission E (2015)


Le concept électrique Audi e-tron quattro (2015)