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Les constructeurs accusés de tricher sur la consommation de leurs véhicules

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Plein essence carburant
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-11-10T14:02:00.000Z, mis à jour 2014-11-10T14:41:01.000Z

Selon une étude présentée le 5 novembre par l'ONG Transport & Environment, les consommations annoncées officiellement par plusieurs constructeurs sur la fiche technique de leurs voitures ne correspondraient pas du tout à celles mesurées après une utilisation réelle de leurs véhicules.

Etre leader sur le marché en termes de prestige, de puissance et de respect de normes environnementales, c'est le rêve de chaque constructeur automobile. Pourtant, selon une étude en date du 5 novembre 2014 et présentée par l'ONG Transport & Environment, certaines marques n'hésiteraient pas à tricher sur leurs chiffres en termes de consommation de carburant en optimisant leurs véhicules lors des tests d'homologation.

Mercedes le plus mauvais élève
Regroupant plusieurs organisations environnementales européennes comme France Nature Environnement et Réseau Action Climat, l'association T&E n'y va pas par quatre chemins : les consommations annoncées officiellement par plusieurs constructeurs ne correspondent clairement pas à celles mesurées après une utilisation réelle de la voiture. Une tendance qui n'a cessé de se confirmer depuis le début des années 2000 avec un fossé entre la fiche technique et la route qui n'a cessé de croître, passant de 10% à 31% en 2013.

Parmi les "tricheurs" nommés par T&E, Mercedes figure en tête de liste avec un écart estimé à 38% entre les chiffres annoncées par la firme à l'étoile et la réalité sur le terrain. Suivent juste derrière deux autres géants de l'automobile, BMW et Ford, qui affichent respectivement un surplus de consommation d'environ 32,5% et 32%. Renault, Fiat, PSA et Toyota ferment la marche avec - quand même - un écart de 25% entre les "données théoriques et pratiques".

Hyundai et Kia déjà rattrapés par la patrouille

"Les constructeurs sont les grands responsables de ce fossé qui se creuse car ils manipulent les tests", explique sans détour l'ONG. Concrètement, afin de respecter la norme européenne appelée New European Driving Cycle (NEDC) qui sert, entre autres, pour mesurer la consommation de carburant et les émissions de CO2 des voitures, les marques font en sorte de passer les tests d'homologation avec des véhicules aux pneus sur-gonflés, une utilisation massive du système stop-star ou encore des boîtes à cinq rapports plus légères. Grâce à ces techniques, elles optimisent ainsi leurs données et ne sont pas en infraction avec la réglementation. Des artifices qui sont de plus en plus en vogue, notamment avec le succès de l'hybridation.

Pour rappel, Hyundai et Kia se sont récemment fait sanctionner par les autorités fédérales américaines pour avoir joué à ce petit jeu. Les deux constructeurs sud-coréens ont exagéré l'efficience en carburant de leurs modèles produits entre 2012 et 2013, ces derniers produisant 4,75 millions de tonnes de gaz à effet de serre de plus que ce qui avait été indiqué aux autorités.

Au final, l'addition est salée puisque les deux marques nippones devront respectivement s'acquitter d'une amande de 56,8 millions et 43,2 millions de dollars. Soit la plus forte sanction infligée dans le cadre d'une violation de la loi américaine sur la propreté de l'air qui date du début des années 1970.

Une réglementation obsolète

Cela étant, on imagine mal voir le système européen se conformer aux pratiques d'Outre-Atlantique, d'autant plus que la réglementation en la matière est vieillissante, la norme NEDC ayant été mise en place en 1973 avant d'être légèrement modifiée en 1996. Aujourd'hui, le test d'homologation ne s'effectue que sur 11 km, la vitesse moyenne est basse (33 km/h) et ne sont pas pris en compte, notamment, la climatisation et les phares.

Cette réglementation devrait bientôt être remplacée par la norme WLTP (Worldwide Harmonized Light Duty Test Procedures) qui sera plus adéquate avec la réalité. "Il faudra toutefois revoir l'objectif européen des 95g de CO2/km en 2021 dans la mesure où cet objectif a été fixé sur la base de la norme NEDC", précise Transport & Environment dans son étude afin de régler le décalage persistant entre la ligne de conduite adoptée par les marques et celle qui est prisée par la loi.