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Les constructeurs américains attendent le sauvetage

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automobile crise GM ford chrysler
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-11-19T08:23:00.000Z, mis à jour 2008-11-19T08:23:00.000Z

Les directeurs généraux de General Motors , Ford et Chrysler ont défendu mardi devant la commission bancaire du Sénat le plan de sauvetage de l'industrie automobile d'un montant de 25 milliards de dollars (19,8 milliards d'euros).

Selon le projet de loi dévoilé lundi par les sénateurs démocrates, 25 milliards de dollars de crédits supplémentaires doivent être accordés au secteur, mais cette idée est combattue par des parlementaires américains et par la Maison blanche.

Il doit venir s'ajouter à un autre plan d'aide, également de 25 milliards de dollars, destiné à la production de véhicules plus économes en carburants. Bob Nardelli, Rick Wagoner et Alan Mulally, respectivement directeur général de Chrysler, General Motors et Ford, ont précisé qu'en cas d'adoption, Chrysler obtiendrait sept milliards de dollars, GM de dix à 10 milliards et Ford de sept à huit milliards.

RISQUES DE FAILLITE

Ron Gettelfinger, qui dirige un puissant syndicat du secteur, l'UAW (United Automobile Workers) et s'est également exprimé au Sénat, a prévenu que les trois constructeurs risquaient la faillite en l'absence de réponse rapide. "General Motors, Ford et Chrysler pourraient être contraints à la liquidation", si un plan de sauvetage n'était pas adopté rapidement, a-t-il prévenu.

Un effondrement du secteur automobile américain, a-t-il ajouté, "aggraverait sévèrement" la crise actuellement traversée par l'économie américaine. Sans prêt relais "immédiat", Chrysler ne disposerait pas des capitaux suffisants pour assurer son activité, a prévenu Bob Nardelli. La mise en faillite, a-t-il déclaré, n'est pas une bonne option pour son groupe, ni pour l'industrie et pour l'économie américaine.

Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a quant à elle estimé que les difficultés que traversent les constructeurs automobiles américains étaient telles qu'ils risquent de ne pas pouvoir survivre aux deux prochains mois. Ne pas aider le secteur de l'automobile "est un risque que nous ne pouvons pas prendre", a-t-elle dit.

DES MILLIARDS DE CASH BRULES

Les groupes automobiles disent avoir brûlé des milliards de dollars lors du troisième trimestre 2008, ont annoncé leurs directeurs généraux. Rick Wagoner a évalué pour sa part à 15 milliards de dollars les liquidités brûlées par General Motors lors de l'exercice 2008 et à dix milliards de dollars celles qui le seront l'année prochaine.

Alan Mulally a indiqué que Ford demandait un remaniement des prêts accordés par la Réserve fédérale sans en préciser le montant. Il a reconnu que l'industrie automobile "avait commis des
erreurs par le passé", et qu'il anticipait une pression "significative" sur le volume des ventes dans la première moitié de 2009.

La production de Ford devrait être réduite de plus de 210.000 unités au quatrième trimestre de l'exercice en cours comparée à la même période de l'année dernière. Pour ce qui est de General Motors, Rick Wagoner a assuré que le constructeur se fixait pour objectif de réduire ses coûts structurels annuels de 35%, soit 14 à 15 milliards de dollars d'ici 2011.

Il a répété qu'un plan de sauvetage du secteur automobile était indispensable pour éviter un effondrement catastrophique de l'économie américaine. "Il ne s'agit pas là de sauver Detroit (ndlr, la place forte automobile américaine), il s'agit de préserver l'économie américaine d'un effondrement catastrophique."

Le coût de la réorganisation qui serait induite par une faillite serait bien supérieur au prêt qu'il cherche à obtenir,a-t-il expliqué.

A la Bourse de New York, General Motors a clôturé mardi soir en baisse de 2,83% à 3,09 dollars, tandis que Ford a perdu 2,33% à 1,68 dollars. Chrysler, détenu par le fonds Cerberus n'est pas coté.

(avec agences)