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Coup d'oeil dans le rétro - WRC : Sébastien Loeb, une légende tout-terrain

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Sébastien Loeb (Citroën) au Rallye de France Alsace 2013
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2015-01-22T15:17:00.000Z, mis à jour 2016-01-17T18:04:11.469Z

Dans sa rubrique "Coup d'oeil dans le rétro", la rédaction s'arrête le temps d'un instant sur un évènement, un pilote ou un phénomène qui a marqué l'histoire des sports mécaniques et de l'automobile pour l'analyser, le décortiquer et comprendre pourquoi tout le monde en parle encore aujourd'hui. Ce jeudi 22 janvier, Automoto.fr se penche sur le nonuple champion du monde WRC, le Français Sébastien Loeb, qui effectue un retour ponctuel vers son premier amour à l'occasion du Rallye de Monte-Carlo.

"J'ai conscience d'avoir marqué le rallye de par les neufs titres acquis avec Daniel Elena. De là à parler de légende, je ne sais pas...". Ces mots empreints d'humilité et de modestie, ce sont ceux de Sébastien Loeb, lâchés lors d'une interview accordée à meltyXtrem en octobre 2013, deux semaines après le Rallye d'Alsace qui était supposé être sa dernière course en WRC. Pourtant, dans les faits, le natif d'Haguenau a tout d'un véritable mythe et il s'apprête à écrire un nouveau chapitre de son incroyable épopée lors du Rallye de Monte-Carlo qui débute ce jeudi 22 janvier.

Des exploits sur toutes les surfaces

Dire que Sébastien Loeb fait partie des meilleurs pilotes de l'histoire des sports mécaniques est encore trop peu pour décrire l'immense empreinte qu'il a laissé sur les différentes routes du monde. Son palmarès exceptionnel dans la discipline reine des rallyes en témoigne : neuf titres mondiaux, 78 victoires et 900 spéciales remportées, le tout en 168 départs et dix saisons complètes passées en WRC.

Plus qu'un chasseur de succès, l'Alsacien est surtout un virtuose capable d'exercer son art sur n'importe quel type de surfaces. Là aussi, les records ne cessent de pleuvoir avec 42 victoires sur terre et 34 premières places sur asphalte. Et que dire de son extraordinaire victoire sur la neige à l'occasion du Rallye de Suède en 2002, année de son premier sacre. En s'imposant sur le sol de ses rivaux, Loeb est devenu le premier pilote non-nordique à triompher lors de cette épreuve depuis sa création en 1950.

Ogier : "Seb' va aller pleurer"

Véritable champion une fois le casque sur la tête, le Français l'est aussi dans son approche de la compétition. A la fois pudique et déterminé, Loeb a toujours privilégié l'équipe par rapport à son destin personnel, même si certains faits pourraient faire penser le contraire. Le grand public se souvient notamment de son duel musclé avec son compatriote Sébastien Ogier lors de la saison 2011. Une entente cordiale au début de l'année qui a fini par voler en éclat à l'occasion du Rallye d'Allemagne, la faute à des consignes d'équipes favorables à l'Alsacien.

"Seb' va aller pleurer, dire qu'il faut des consignes car il va se faire embêter par son petit équipier, voilà ce qui va se passer", déclarait Ogier à notre micro, juste avant la confirmation de ses craintes quelques minutes plus tard par son directeur d'équipe. "J'aurais accepté la défaite si j'avais pu me battre contre lui. Ce n'est pas ma vision du sport (...) Il y a des choses et des gens qui me faisaient rêver et c'est de moins en moins le cas". Ironie de l'histoire, Loeb sera victime d'une crevaison, abandonnant la victoire au profit de son coéquipier gapençais.

Un triste coup du sort qui ne doit pas faire oublier que le nonuple champion du monde des rallyes est un pilote modèle et fait preuve d'une exemplarité hors-norme vis-à-vis de ses patrons, de son copilote Daniel Elena et des gens qui l'entourent. Le Rallye de Grande-Bretagne 2003, ultime manche de la saison, en est la preuve.

L'équipe avant tout

A la lutte pour le titre avec son équipier, l'Espagnol Carlos Sainz, et le Norvégien Petter Solberg, Loeb a l'occasion de décrocher sa première couronne mondiale grâce un pilotage frôlant la perfection sur les routes mixtes (terre/gravier) britanniques. "Quand j'ai vu ses traces, je me suis dit que c'était fou. Que je devais rester prudent", indiquait Solberg lors de ce week-end sous haute tension.

Malheureusement pour le Français, une hécatombe chez les favoris change la donne et Citroën, alors en position de force pour remporter le championnat des constructeurs, ordonne à son pilote d'assurer le podium. Une consigne que l'Alsacien acceptera sans faire de vagues, gardant à l'esprit que son heure de gloire viendra bientôt.


Un génie touche-à-tout

A nouveau élu "sportif préféré des Français" en 2015, Loeb fait donc partie de cette race de champions éclectiques, ces génies touche-à-tout capables d'être performants dans n'importe quelle discipline. Son podium lors des 24 Heures du Mans en 2006 avec le team Pescarolo, ses essais réussis en Formule 1 avec Red Bull en 2008 et sur la Moto2 de l'espoir tricolore Louis Rossi en 2013 sont des exemplaires parfaits de cette capacité à tirer le meilleur de chaque machine qu'il tient entre les mains.

Mais l'un de ces principaux faits d'armes en dehors d'une voiture de rallye reste cette incroyable victoire le 30 juin 2013 lors de la mythique course de côte américaine de Pikes Peak. Débarquant pour la première fois sur la célèbre montagne du Colorado, le Français signe un temps record de 8 minutes 13 secondes et 878 millièmes à bord d'une Peugeot 208 T16 construite spécialement pour l'occasion.


"Jouer la gagne en WTCC"

Aujourd'hui, l'Alsacien se consacre quasi-exclusivement au Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC), une discipline en pleine expansion. Pilotant pour Citroën, sa marque de toujours, le natif d'Haguenau a livré une prometteuse saison 2014, terminant à la 3e place du championnat pour sa première année. Une belle performance qui ne satisfait pas le principal intéressé, ce dernier souhaitant "jouer la gagne en 2015".

Cependant, un autre objectif attend Loeb avant d'aller chercher une étoile de plus dans son palmarès galactique : celui de briller une 8e fois lors de sa pige au Rallye de Monte-Carlo, symbole d'un retour vers l'un de ses premiers amours, le WRC.