Dans l'actualité récente

Crise auto : les solutions du jour !

Voir le site Automoto

C'est la crise - Automoto
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-01-20T13:19:00.000Z, mis à jour 2009-01-20T13:19:00.000Z

Aide publique, rapprochement capitalistique ou changement de dirigeant, l'industrie automobile mondiale teste une palette diversifiée pour trouver des solutions lui permettant de sortir de l'une des pires crises de son histoire.

Synthèse des événements de ce jour chargé en annonces dans le secteur automobile :
- Fillon promet en 5 et 6 milliars d'euros pour l'industrie automobile
- Fiat prend une participation de 35% dans Chrysler
- Toyota annonce un changement de direction

En France, à l'occasion des états généraux de l'automobile réunis mardi à Bercy, François Fillon a demandé à la Commission européenne d'approuver sans tarder les nouvelles aides envisagées par les Etats membres à leurs groupes automobiles, évoquant pour les constructeurs français un montant de l'ordre de "cinq à six milliards d'euros".
Le Premier ministre français a réaffirmé que le gouvernement attendait en échange d'aides publiques des engagements "exemplaires" des constructeurs.

Lors de ce même forum, le directeur général de Renault Carlos Ghosn a plaidé pour une politique "harmonisée et coordonnée" d'aide au secteur automobile au niveau européen et pour tenir compte d'une crise qui "ne sera pas de courte durée.
Vendredi dernier, les Etats membres de l'Union européenne ont réaffirmé leur détermination à venir au secours, de manière coordonnée, au secteur automobile européen, sans pour autant annoncer de mesure commune. Touchés à la fois par la crise du crédit et la récession dans les principaux pays développés, les constructeurs sont confrontés à une violente chute de la demande qui a contraint acteurs américains et européens à se tourner vers les pouvoirs publics.

Carlos Ghosn a insisté sur la gravité de la crise en annonçant que les années 2009 et 2010 allaient être "difficiles, voire décisives" pour l'industrie, ajoutant que la "survie d'un certain nombre de constructeurs" était en jeu "dans les mois à venir".
Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën , Christian Streiff, a pour sa part évoqué une année 2009 "terriblement difficile" au bout de laquelle il a dit ne pas savoir si le constructeur sera rentable. Selon le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, l'Etat français pourrait venir en aide via des prises de participations dans le capital des constructeurs.

FIAT ENTRE AU CAPITAL DE CHRYSLER

De son côté, Chrysler, le troisième constructeur automobile américain, a annoncé une alliance avec Fiat qui verra le groupe italien entrer à hauteur de 35% de son capital. Le groupe, qui était jusqu'ici détenu à 80,1% par le fonds d'investissement Cerberus et 19,9% par Daimler , a déclaré que l'accord ne prévoyait pas d'apport de liquidités de Fiat à Chrysler ni d'engagements en matière de financement.

Avant l'officialisation de l'accord, une source a dit à Reuters que, en échange d'une participation, Fiat donnerait à Chrysler l'accès à des technologies permettant au groupe de fabriquer des voitures plus propres. La déprime de la demande pour des véhicules neufs est encore plus marquée aux Etats-Unis qu'en Europe, où les automobilistes, échaudés par la flambée des cours du pétrole survenue lors du premier semestre, ont délaissé les gros "pick-up" et autres 4x4 qui constituaient une bonne partie de l'offre des "Big Three" de Detroit. Au début de l'année, Chrysler, tout comme General Motors , a reçu un prêt d'urgence de quatre milliards de dollars de la part de l'Etat fédéral. Les deux constructeurs recevront vraisemblablement d'autres aides publiques. En échange, ils devront soumettre leurs plans de restructurations d'ici la mi-février et faire la preuve de leur viabilité d'ici la fin du mois de mars.

Au Japon, Toyota , le premier constructeur mondial, a agréablement surpris la Bourse en changeant la tête de l'entreprise, qui a annoncé le 22 décembre qu'elle devrait accuser la première perte d'exploitation de son histoire sur l'exercice 2008-2009. Toyota a nommé à sa présidence Akio Toyoda, petit-fils de son fondateur. Agé de 52 ans et jusqu'à présent vice-président exécutif du groupe, Akio sera lesixième Toyoda à diriger Toyota et il remplacera en juin Katsuaki Watanabe, 66 ans, dans le cadre d'une refonte plus large de l'équipe dirigeante.

"Nous sommes face à un crise d'une ampleur sans précédent depuis 100 ans", a déclaré Akio Toyoda lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il fallait prendre des décisions "audacieuses" pour surmonter les difficultés.

(avec agences)