La crise touche également les voitures d'occasions

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Photo 1 : LAGUNA - 1994
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2009-02-11T08:10:00.000Z, mis à jour 2009-02-11T08:10:00.000Z

Plombées par le bonus écologique, la prime à la casse et les promotions spectaculaires sur le neuf, les ventes de voitures d'occasion traversent une crise historique en France qui pourrait entraîner la faillite de nombreux concessionnaires spécialisés.

Les achats de véhicules d'occasion se sont effondrés en janvier, sous les 400.000 immatriculations, soit un recul de près de 16% sur un an, selon des chiffres obtenus auprès du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA).

"Il s'agit d'un recul historique, nous n'avions jamais assisté à une baisse aussi violente", commente Oliver Lamirault, président des concessionnaires au CNPA. L'ensemble de la filière est touchée, les particuliers qui réalisent 60% des ventes, par le biais de petites annonces classiques ou via internet, et les professionnels (40%).

"La situation s'est détériorée pendant le deuxième semestre 2008", souligne Flavien Neuvy responsable de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Il table sur un marché en recul de "5 à 10% en 2009". En 2008, 5,4 millions de véhicules avaient été écoulés.
En cause, le bonus écologique et la prime à la casse qui permet à l'acheteur d'une voiture neuve et peu polluante de bénéficier d'une somme de 1.000 euros s'il met au rebut un véhicule de plus de dix ans. Les rabais importants et les offres commerciales octroyés par les constructeurs ont aussi contribué à plomber le marché.

"Il n'y a plus d'attrait pour l'occasion. Actuellement, certains modèles sont plus cher que les neufs. Cela est particulièrement vrai pour les plus récentes, de moins d'un an", explique M. Lamirault. Dans cette catégorie, les ventes ont reculé de 18% en janvier, après des replis de 30% et 14% sur novembre et décembre. Le secteur est aussi touché par la concurrence des sociétés de location. Vu le pouvoir d'achat en berne, "les gens préférent louer une voiture sur une longue durée que d'en acheter une", explique Henri-Charles Serfati de l'Agence automobile, un distributeur parisien.

Si la majorité des marques semble touchée, la débâcle s'est accélérée pour les 4x4 et les voitures de sport, qui subissent de plein fouet le malus, selon M. Serfati qui constate une baisse de 50% de ses ventes dans cette branche. Cette contraction du secteur pourrait entraîner, à court terme, des faillites, d'après les experts "Les concessionnaires les plus fragiles peuvent clairement rencontrer des difficultés en 2009 et le mouvement de concentration risque de s'accélérer", estime M. Neuvy.
"La situation est catastrophique", confie un vendeur parisien sous couvert d'anonymat. "Je brade mon parc automobile en faisant des rabais de 30% mais cela ne suffit pas. Si cela continue je vais devoir licencier mes trois employés et mettre la clé sous la porte". Et d'ajouter, que "de nombreux concurrents vivent une situation similaire".

Les professionnels ont récemment tiré la sonnette d'alarme pour tenter de redresser ce marché, 2,5 fois plus important en volume que celui des véhicules neufs avec environ 5 millions de voitures écoulées chaque année, selon le CNPA. Ils ont notamment demandé que le dispositif du bonus-malus écologique et que la prime à la casse puissent s'appliquer aux véhicules d'occasion récents."Il faut aussi relever la prime à la casse à 1.500 euros", estime M. Bataille. "En Allemagne elle se monte à 2.500 euros et le marché se porte mieux", ajoute-t-il.

(avec agences)