Pas de fonds supplémentaires pour les constructeurs américains

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TF1/LCI La Maison-Blanche.
Par Bertrand QUERNE|Ecrit pour TF1|2008-11-17T13:06:00.000Z, mis à jour 2008-11-17T13:06:00.000Z

La Maison Blanche a assuré lundi que le gouvernement ne voulait pas la faillite de l'industrie automobile américaine mais que les constructeurs, qui réclament au Congrès une aide supplémentaire, devaient se contenter des fonds déjà disponibles.

"Le gouvernement ne veut pas que les constructeurs automobiles américains fassent faillite, et nous soutenons une aide aux constructeurs", a souligné la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, dans un communiqué. "L'industrie automobile représente une part importante de notre socle industriel et nous voulons que (cette) industrie réussisse et soit compétitive dans l'économie mondiale. C'est pourquoi nous demandons au Congrès de prendre cette semaine les mesures nécessaires pour lui apporter de l'aide", a-t-elle ajouté.

Mais Mme Perino a souligné que la Maison Blanche n'était pas favorable à l'octroi d'une nouvelle aide."Nous pensons que cette aide doit provenir du programme créé par le Congrès qui était spécifiquement destiné à l'aide aux constructeurs automobiles" - le programme de 25 milliards de dollars de prêts qui doivent être attribués par le département à l'Energie, a-t-elle poursuivi.

Les membres du Congrès se retrouvent en session lundi pour un peu plus de deux mois, jusqu'à l'investiture du président élu Barack Obama, le 20 janvier. "Ce sont là les fonds à utiliser pour les constructeurs automobiles plutôt que de rechercher 25 milliards de dollars supplémentaires (...) alors que 25 milliards sont disponibles dans le cadre d'un programme conçu pour eux", a relevé Mme Perino. La Maison Blanche avait déjà déclaré samedi vouloir voir le Congrès adopter dans la semaine une loi pour "aider les constructeurs automobiles à devenir viables à long terme".

Le Congrès a accordé en septembre des prêts de 25 milliards de dollars aux constructeurs pour aider le secteur à réorienter sa production vers des modèles plus écologiques. Mais les fonds n'ont pas encore été débloqués, et General Motors, Ford et Chrysler, en situation financière de plus en plus périlleuse, demandent désormais 25 milliards supplémentaires pour renflouer leurs caisses. L'état-major des parlementaires démocrates a annoncé son intention de se battre pour obtenir une aide de 25 milliards supplémentaires pour les trois grands de Détroit.

Les démocrates souhaiteraient utiliser pour les constructeurs une partie des 700 milliards de dollars du plan de sauvetage du système financier. Les républicains ne montrent pour leur part aucune envie de se rallier aux propositions de la majorité démocrate, qui doit encore compter avec le droit de veto dont dispose le président sortant George W. Bush. M. Obama s'est prononcé dimanche pour un plan de sauvetage: "une faillite de l'industrie automobile serait une catastrophe", a-t-il observé sur la chaîne de télévision CBS.

Les dirigeants des trois groupes automobiles sont attendus au Congrès mardi pour plaider leur cause. Ils devraient être rejoints par le président du premier syndicat du secteur, United Auto Workers (UAW), Ron Gettelfinger. Signe de la gravité de l'heure, ce dernier a apporté dimanche un soutien exceptionnel aux dirigeants des trois groupes, naguère honnis par son syndicat.

(avec agences)