Affaire Dieselgate : Que risque Renault ?

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Renault Captur 2017
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2017-03-16T12:56:18.061Z, mis à jour 2017-03-16T15:11:23.706Z

Accusé de tromperie sur des moteurs diesel, le groupe automobile français Renault est au cœur de l’actualité cette semaine, autour de l’enquête judiciaire. Mais d’où cela part-il et qu’apprenons-nous ? Que risque le constructeur ?

Au centre d’une enquête sur une possible tromperie sur les émissions de gaz polluants de certains véhicules diesel, Renault revient dans l’actualité. Mais que comporte les supposées nouvelles informations ?

Ce que relaie Libération

Le retour de Renault dans l’actualité vient de <em>Libération</em>, dans son article de mardi soir 14 mars puis en faisant sa Une du journal du 15 mars 2017, révélant des extraits des documents à l’origine de l’enquête judiciaire ouverte par le Parquet de Paris le 12 janvier dernier. Ce procès-verbal rédigé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des Fraudes (DGCCRF) datant de novembre 2016 comporterait ces lignes : "Renault SAS a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l’homologation sur les émissions de polluants […].La société a utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats des tests antipollution."

Dans la foulée, Renault a indiqué dans un communiqué avoir “pris connaissance d’un article déséquilibré” et qu’il “n’entend pas commenter une instruction en cours, procédure confidentielle par nature et à laquelle l'entreprise n'a, à ce stade, pas accès”. Le groupe automobile au Losange a tenu à rappeler “qu’aucun de ses services n’a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l’homologation des véhicules. Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution.”


Qu’apprend-t-on ?

Concrètement, pas grand chose. Libération revient sur l’origine du “<em>Dieselgate</em>” ayant touché Volkswagen, la décision du gouvernement français de vérifier la fraude éventuelle sur les véhicules vendus dans l'Hexagone, les écarts d’émissions de gaz considérables entre théorie et réalité - le dioxyde de carbone est cité, mais il s’agit en réalité d’oxydes d’azote - ayant entraîné les soupçons de “dispositif frauduleux” et donc l’enquête en cours.

Tous ces faits ou déclarations ont déjà été publiés ces derniers mois et ne gonflent pas en soi le dossier. Le journal souligne cependant les menaces pesant sur le constructeur en cas de condamnation, la position fragile du PDG Carlos Ghosn n’ayant pas “de délégations de pouvoirs” ainsi que la non-provision de l’entreprise qui pourrait risquer “une amende 10% de son chiffres d’affaires annuel, soit 3,5 milliards d’euros” si elle se révélait coupable.

Pour rappel, Volkswagen avait révélé en septembre 2015 avoir fraudé sur plusieurs millions de voitures à moteur diesel dans le monde, entraînant rappels et sanction financières de plus de 20 milliards d'euros. Mitsubishi et Suzuki ont été aussi pénalisés au Japon et ont avoué des pratiques similaires, Fiat Chrysler Automobile est sous le coup d'une enquête en France et aux Etats-Unis et d'autres marques sont suspectées, comme Citroën avec son C4 Cactus.

Affaire à suivre donc. Ci-dessous, notre Plein Phare de mars 2016 "Faut-il encore acheter des voitures diesel ?" :