La dramatique histoire des frères Rodriguez, pionniers du sport automobile au Mexique

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Pedro Rodriguez (BRM)
Par Julien PEREIRA|Ecrit pour TF1|2016-10-26T12:37:35.210Z, mis à jour 2016-10-26T14:06:48.965Z

Ce dimanche 30 octobre, la 19ème manche du Mondial de Formule 1 se déroulera à Mexico, sur le circuit portant le nom de deux frères : Ricardo et Pedro Rodriguez. Deux pilotes dont les carrières, tragiquement écourtées, ont marqué l’histoire du sport automobile.

Leur mythe est resté si grand que le principal circuit du Mexique a pris leur nom. Au cours de leur existence, les frères Pedro et Ricardo Rodriguez ne se sont pas bâti un palmarès gigantesque. Peut-être parce qu’ils n’en ont pas eu le temps. Peut-être, aussi, parce qu’ils n’ont pas eu besoin de cumuler les succès pour construire leur popularité et trouver leur place parmi les plus grands de l’histoire. Leur destin, tragique, et commun à aucun autre, s’en est chargé.


Mort dans un virage dessiné par son père

Comme Ayrton Senna et Gilles Villeneuve, les deux Mexicains ont perdu la vie sur un circuit. Le premier, Ricardo, a trouvé la mort lors des essais de son Grand Prix national, alors qu’il n’avait que 20 ans et que son écurie, la Scuderia Ferrari, avait refusé de voyager jusqu’à Mexico. Parce que cette manche n’était pas de rang mondial, mais aussi pour faire des économies. Trop insouciant ou trop amoureux de ses terres et de la course automobile, le jeune pilote avait négocié un baquet Lotus du Rob Walker Racing Team pour faire la course. Il n’en fera, malheureusement, que les essais. Sa mort regorge d’anecdotes profondes, celles qui, habituellement, donnent naissance aux plus beaux films.  


Le 1er novembre 1962, jour de la Toussaint, Ricardo avait voulu boucler sa journée d’essais par un dernier tour de piste. Histoire de confirmer les derniers réglages effectués par ses mécaniciens. Mais à l’approche de la Peraltada, virage aussi rapide que dangereux, imaginé et dessiné par son père, Ricardo a perdu le contrôle. Ejecté de sa monoplace, projeté contre une barrière de sécurité, le cadet de la fratrie est mort sur le coup. Il avait toujours refusé de boucler sa ceinture par crainte de ne pouvoir s’extirper de son auto et de mourir calciné.

Pedro a vécu la grande peur de son frère

Abattu par la disparition de son frère, Pedro a mis plusieurs mois avant de reprendre la course automobile. A force d’abnégation, il finira tout de même par remporter les 24 Heures du Mans, en 1968, après y avoir cumulé 9 abandons lors des 10 années précédentes. Enfin reconnu comme l’un des pilotes les plus talentueux de sa génération, il avait décidé, en 1971, de participer aux 200 miles de Nuremberg.


Grandissime favori au volant d’une Ferrari 512M ayant appartenu à Steeve Mc Queen, premier dès l’entame de la course, il a, au fil des tours, creusé un écart consistant sur son premier poursuivant, rattrapant même les retardataires dès la cinquième boucle. Mais en voulant dépasser l’un d'eux, il a écrasé son bolide contre le rail. Les circonstances du crash sont restées floues. Pedro est décédé lors de son transfert à la clinique, après une 4e tentative de réanimation cardiaque. Mais son organisme n’a pas supporté les multiples brûlures. Lors de l’accident, l’aîné est resté emprisonné de sa voiture en flammes durant près de deux minutes. Il aura vécu la grande peur de son frère, décédé 9 ans plus tôt.