Essai : Audi R8 V10 5.2 FSI

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Photo 5 : Essai Audi R8 V10 5.2 FSI : Plaisir puissance 10
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-06-04T09:32:00.000Z, mis à jour 2009-06-04T09:32:00.000Z

Avec ses lignes ultra-sportives et son engagement en course pro, la R8 se devait de posséder un moteur digne de ses concurrentes les plus radicales. Voici venir le V10 5.2l FSI, porté à 525 ch !

Surdouée par nature, la R8 s'imposait déjà comme la supersportive idéale pour aller chercher son pain. Grâce à son propulseur hors du commun, elle défie à présent les superstars italiennes avec toujours la même décontraction. Nous l'avons essayée en boîte manuelle pour goûter à sa vraie nature.



La vitrine mieux remplie

Visible à travers un superbe capot vitré, le vaste compartiment moteur de la R8 ne laissait aucun doute sur sa capacité à loger un bloc plus "charnu" qu'un V8 de RS4. Alors pour mieux le remplir, et répondre aux grincheux ayant trouvé à redire sur les chronos de la belle, Audi a tout naturellement fait appel à un V10 ! L'heureux élu est un 5.2 l, celui-là même qui, flanqué de deux turbos, met l'Audi RS6 sur orbite, ou fait le bonheur en version atmosphérique d'une certaine Lamborhini Gallardo LP560-4...

Mais attention, il était exclu de toucher à l'homogénéité exemplaire de la R8, et encore moins de transformer cette sportive de tous les jours en un dragster caractériel. Cette greffe de deux cylindres supplémentaires s'apparente plutôt à une solide montée en gamme, permettant de tirer la quintessence de cette formidable machine.

D'ailleurs esthétiquement, l'évolution ne saute pas au visage. Un oeil exercé distinguera cependant les barrettes de calandre chromées, les prises d'air avant laquées à deux lames plutôt que trois, les optiques 100 % LED (54 pour chaque phare), les écopes latérales plus ouvertes fondues dans les fameux "sideblades" et les bas de caisse évasés de la version 10 cylindres. On notera aussi l'inscription V10 sur les ailes avant, les sorties d'échappement ovales, le diffuseur spécifique et les aérations arrière à deux lames encadrant un épais bandeau noir laqué. Etonnantes avec leur dessin en "Y", les jantes de 19 pouces à 10 branches sont elles aussi inédites et captent immanquablement le regard. Une qualité commune à bien d'autres parties de cette robe glamourissime.


Plus sport, plus haut de gamme

A bord, quelques subtilités viennent rappeler au conducteur que sa R8 a quelque chose de particulier. Les compteurs et le pommeau du levier de vitesse sont cerclés de rouge et quelques nouvelles touches d'aluminium apparaissent. Montée en gamme oblige, l'équipement de série progresse, comblant l'une des rares lacunes de la version V8. La dotation de base offre ainsi les sièges Sport chauffants et électriques en cuir Nappa, le système de navigation GPS Plus, un ensemble audio Bang & Olufsen et la suspension pilotée Audi magnetic ride. En outre, il n'est plus utile de remettre la main au portefeuille pour accéder aux jantes de 19 pouces qui remplissent bien les passages de roue...

Dans ce cocon relativement spacieux (pour la catégorie), on retrouve cette séduisante synthèse entre esprit sportif et univers haut de gamme propre à la R8. La position de conduite parfaite et les sublimes sièges, qui maintiennent le corps tout en préservant un certain confort, permettent d'envisager la route sereinement. Alors ne nous attardons pas, et lâchons les chevaux !


L'efficacité à son apogée

Avec Audi, le parallèle avec la compétition est quasi-automatique. Et il est pour le moins directe dans notre cas, le bloc de la R8 V10 étant à peu de choses près celui de la R8 LMS courant cette année en championnat GT3. Voilà qui explique la sonorité très "course" de ce bloc qui rugit tel un félin affamé au démarrage, mais également la zone rouge démarrant à 8700 tr/min, soit 700 tr/min plus tard que sur la V8.
Avec ses 525 ch et 530 Nm de couple, il place la R8 sur un pas de tir braqué vers les étoiles... Ce propulseur fait pourtant preuve d'une délicatesse rare à bas régime, avant d'exploser littéralement en écrasant l'accélerateur. Et ce dans un enivrant récital de sonorités, évoluant des graves vers les aigus à mesure que l'on approche des 8000 rotations/minute.

Le 0 à 100 km/h est expédié en seulement 3,9 secondes, il en faudra seulement 8 de plus pour pointer à 200 km/h (version boîte R tronic). Et la vitesse continue de grimper à l'assaut des 300 km/h sans que la poussée ne faiblisse.
Malgré l'élasticité folle de ce bloc, on ne peut résister à solliciter la splendide commande de boîte manuelle, dont le maniement entraîne de délicieux sons métalliques. Celle-ci impose de bien décomposer ses mouvements pour obtenir la fluidité désiré et réussir, grâce au pédalier rapproché, de mélodieux talon-pointes.


Et l'on touche au nirvana...

Le comportement de cette berlinette à moteur central est tout aussi jouissif. Et les 61 kg supplémentaires (dont 31 pour le moteur) de la version V10 n'y changent pas grand chose. Le grip surnaturel - les accélérations latérales atteindraient 1,2 g - et l'agilité démoniaque de la R8 procurent un plaisir sans fin, au même titre que le tranchant de sa direction ou la force herculéenne des freins carbone-céramique (facturés 9800 euros). Notons que ces derniers surprennent lors des premiers kilomètres en raison d'une attaque de pédale quelque peu "brutale" qui contraste avec les autres commandes, très douces et progressives.

Mise à part cela, la facilité de prise en main de l'engin s'avère une fois de plus bluffante. La motricité quasi impossible à prendre en défaut et la répartition des masses inchangées malgré la présence du V10, avec toujours 56 % du poids de l'auto à l'arrière et 44 % à l'avant, sont toujours garant d'un parfait équilibre. Attention toutefois à ne pas se laisser "griser", les freinages musclés en appui parvenant à venir à bout de l'impressionnante stabilité du train arrière.
Le confort de cette supersportive fait également forte impression et vient nous rappeler, s'il le fallait, que la R8 est un cas unique sur le marché.


10/10

Même en version V10, la R8 reste une super-sportive utilisable au quotidien, notamment grâce à son habile suspension pilotée. Son prix de base de 146.800 euros pourra donner le tournis de prime abord. Mais l'équipement complet, la mise au point implacable et le plaisir fou procuré par cette Audi n'ont aucun mal à le légitimer.