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Essai de la Renault Mégane RS

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Photo 21 : Essai Renault Mégane R.S. : facile !
Par Said EL ABADI|Ecrit pour TF1|2010-01-07T15:33:00.000Z, mis à jour 2010-01-07T15:33:00.000Z

La nouvelle Renault Mégane R.S. n'est autre que le modèle le plus puissant et le plus performant de la gamme Renault. Au programme, 250 ch, une ligne racée et le choix entre deux châssis. Nous l'avons essayé.

En rejoignant les Renault Twingo et Renault Clio dans la nouvelle gamme Renault Sport, la Renault Mégane coupé, pourtant déjà très dynamique, s'offre un look d'athlète.


Elle reçoit ainsi un bouclier sport, une grille d'entrée d'air plus imposante, une lame aérodynamique, des roues de 18 ou 19 pouces (900 euros en option), des ailes élargies, des feux de jour à LED, un diffuseur arrière, des jupes latérales ou encore une très belle sortie d'échappement centrale. Un cocktail détonnant dont la face avant aurait peut-être mérité un peu plus de caractère, pour mieux se démarquer du modèle d'origine. Et encore, c'est une affaire de goût...


Afin de satisfaire le plus grand nombre, Renault n'a pas pris beaucoup de risques quant à l'habitacle de cette version R.S. La qualité générale, très appréciable de la nouvelle Renault Mégane, est au rendez-vous agrémentée de légères touches sportives : volant cuir avec marquage du point "0" et surpiqûres jaunes, pédalier en alu, inserts en carbone, nouveaux compteurs à trois cadrans dont un compte-tours sur fond jaune avec indicateur visuel et sonore de changement de rapport, et bien sûr les indispensables sièges au maintien renforcé.


Cependant, pour ceux qui souhaiteraient un peu de gaieté, Renault propose le Pack Ambiance Jaune (200 euros) qui comprend des ceintures de sécurité, une sellerie bi-ton et des surpiqûres sur les panneaux de porte de couleur « Jaune Sport ». Les amateurs de piste préféreront sans doute le Pack Cup (2.600 euros) qui, en plus du châssis Cup et de son différentiel à glissement limité, propose de splendides sièges baquets Recaro. Une constante néanmoins, dans un cas comme dans l'autre, on se sent vraiment à l'aise et confortablement assis dans cette nouvelle Renault Mégane R.S..


La Française fait le plein de série avec, entre autres, une climatisation bizone, un régulateur/limiteur de vitesse, l'allumage automatique des feux et essuie-glaces, un radar de recul et un autoradio CD/MP3.

Sans un moteur adéquat, la Mégane R.S. n'aurait de sportif que le nom. C'est pourquoi, modèle après modèle, Renault s'attache à offrir à sa compacte un bloc parmi les plus performants de sa catégorie. Il s'agit cette fois d'un 2.0 essence Turbo de 250 ch (soit 20 ch de plus que la Mégane F1 team R26), dont plus de 25% des pièces ont été renouvelées par rapport à la précédente génération. Grâce à ses 340 Nm de couple, dont 80% sont disponibles dès 1 900 tr/mn, la Renault Mégane R.S. accélère fort dès les plus bas régimes.

Photo 52 : Essai Renault Mégane R.S. : facile !



De quoi lui permettre de ressortir comme une flèche des épingles (en 2ème, s'il vous plaît) et de passer de 0 à 100 km/h en à peine 6,1 s. Néanmoins, tout s'opère de manière très linéaire, trop sans doute pour offrir de réelles sensations. Une impression qui plus est amplifiée par la timidité de son échappement. Résultat, la Française ne donne jamais le sentiment de vous bousculer, là où une Ford Focus RS, certes 55 ch plus puissante, vous maltraite juste comme il faut. Sa boîte de vitesse manuelle à 6 rapports est, pour sa part, très agréable à manipuler, à la fois ferme et précise.


Enfin, Renault précise que la nouvelle Renault Mégane R.S. maîtrise plutôt bien sa consommation, ce qui est vrai puisqu'elle engloutit en moyenne un litre de moins que ses concurrentes, avec 8,4l/100 km, soit 195 g/km de CO2. Un effort qui lui vaut de n'être taxée que d'un malus de 750 euros, quand une Ford Focus RS et une Mazda3 MPS écopent de 1 600 euros.


La Renault Mégane R.S. propose, au choix, deux châssis : Sport ou Cup. Le premier offre un compromis entre confort et efficacité, tandis que le second, facturé 1.600 euros plus cher, s'adresse avant tout aux amateurs de circuits. Il faut dire que ce dernier dispose d'un différentiel à glissement limité qui améliore la motricité du train avant en transférant jusqu'à 40% du couple sur une roue en cas de perte d'adhérence. Un avantage qui, selon Renault, permettrait de gagner 1 seconde au chrono par kilomètre.

Photo 18 : Essai Renault Mégane R.S. : facile !



Ceci étant, qu'il s'agisse du châssis Cup ou du châssis Sport, la Renault Mégane R.S. affiche un comportement d'une rare efficacité. En plus de virer à plat et de profiter d'une direction ferme et précise, la Française bénéficie d'un freinage aussi mordant qu'endurant, grâce à la présence de disques ventilés (et rainurés, en version Cup) de 340 mm de diamètre à l'avant, pincés par des étriers Brembo à 4 pistons. C'est tout bonnement le système de freinage le plus important du segment ! Enfin, l'ESP réglable de trois manières (On, Sport, Off) permet, chacun à son niveau, de se faire plaisir.


Le mode Sport autorise, par exemple, de sympathiques dérives du train arrière, qui permettent de placer l'auto au freinage en entrée de courbe. Un vrai régal ! Notez qu'il est possible de totalement déconnecter l'ESP. Seul bémol au cœur de ce tableau si flatteur, le confort un peu trop ferme du châssis Cup qui, bien que s'avérant profitable sur circuit grâce à sa raideur accrue (en moyenne -35% en flexibilité et +10% en raideur en fonction du train, par rapport au châssis Sport), se montre franchement désagréable sur route dégradée.

Parfaitement assemblée, facile à conduire et performante, la nouvelle Renault Mégane R.S. semble avoir de beaux jours devant elle. D'autant que son tarif de 28 900 euros en entrée de gamme lui permet d'être plus abordable que ses principales rivales, Mazda3 MPS (260 ch - 30 450 euros) et Ford Focus RS (305 ch - 33 650 euros) en tête. Néanmoins, son manque de fun et la linéarité de son 4 cylindres pourraient ne pas plaire à tout le monde.