Essai : Honda S2000, ultime tour de roue

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Photo 2 : Essai Honda S2000 : vibrant au revoir
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-05-29T14:51:00.000Z, mis à jour 2009-05-29T14:51:00.000Z

Après 10 ans de bons et loyaux services, la très populaire Honda S2000 prépare sa retraite, programmée en juin prochain. Ultime essai d'un modèle de légende, qui s'est écoulé à 110.000 exemplaires.

Dernière née d'une lignée de roadsters sportifs, la S2000 perpétue la tradition en offrant des performances de premier ordre et un énorme plaisir de conduire, à l'image de la S600 de 1964. Adulée pour son rapport prix/performances, elle fait encore battre aujourd'hui le coeur des passionnés de sport sans concession et de turbulentes japonaises. Hélas, crise oblige, sa descendance est loin d'être assurée. Aussi avons nous décidé de goutter une dernière fois aux joies distillées par sa surprenante mécanique. Juste pour le plaisir.


10 bougies

Après une si longue carrière, il est agréable de constater que la robe du roadster n'a rien perdu de sa grâce. Car depuis sa présentation fin 1998, seul un petit restylage a discrètement remodelé le faciès de cette bouillonnante japonaise, en 2005. Le regard des passants, captivé par notre modèle d'essai dans sa livrée blanc nacré, confirme l'enthousiasme que suscite encore la S2000.
Du reste, le roadster cultive le goût de plaisir avec un capot interminable, souligné d'une calandre ouverte et souriante, des porte-à-faux assez courts et une ligne générale épurée.


Un habitacle typé course

Lui aussi épuré, l'habitacle souffre davantage du poids des années. « Peu importe, on n'achète pas une S2000 pour le confort », clameront les puristes. Certes, d'autant que les équipements de série ne manquent pas, avec des sièges en cuir ultra-enveloppants, une mise en route du moteur avec un bouton rouge façon ''racing'', un lecteur CD, la climatisation, les feux Xénon etc.

On lui reprochera simplement d'avoir évincé les contraintes qu'impose une utilisation quotidienne, comme les rangements pratiques ou la boîte à gants. En effet, les développeurs ont avant tout misé sur la sportivité et de nombreux indices le rappellent, comme le pédalier en aluminium, le levier de vitesse qui tombe parfaitement sous la main, le petit volant, l'instrumentation simple et pratique et l'absence d'éléments pouvant occasionner des vibrations à grande vitesse.


Mécanique à deux facettes

Après un tour du propriétaire, direction l'avant du roadster pour jeter un coup d'oeil sous le long capot. Ici non plus, les années n'ont eu aucune emprise. On retrouve le 2.0 atmosphérique de 240 chevaux des premiers jours, mainte fois salué pour ses accélérations franches et ses vocalises à haut régime. Difficile pourtant de se faire une idée sur les capacités de ce ''simple'' 4 cylindres, à l'incroyable rendement de 120 ch/l, debout devant le cache-moteur. Direction l'habitacle, donc, pour la mise à feu.

Et le premier constat est assez mitigé. En effet, celle que l'on compare aux GT d'exceptions n'impressionne pas par sa sonorité au ralenti. Une relative discrétion à bas régime qui permet de nous extirper de l'environnement urbain sans trop attirer l'attention, et laisser au moteur VTEC le temps de monter en température. A ce rythme apaisé, flâner est un plaisir qui se déguste d'autant plus une fois la capote repliée (en seulement 6 secondes et à l'arrêt). Sa consommation paraît même modérée.

Puis la route se dégage et l'envie d'écraser la pédale de droite se fait plus pressante. Une pression sur l'accélérateur redonne alors vie à l'immense compte tour digital qui s'illumine rapidement jusqu'à près de 9000 tr/min. Le rupteur rappelle à l'ordre, mais la mélodie entonnée par le bloc au dessus dès 5500 tr/min ne donne absolument pas envie de baisser le rythme. De plus, l'irréprochable boîte de vitesse mécanique à 6 rapports, parfaitement étagée et remarquablement servie par un sélecteur à débattement très court, permet de tirer toute la substance de ce moteur enivrant.


Du sport sinon rien

Pour profiter pleinement de sa mécanique, la S2000 peut compter sur un excellent châssis, rigide et très équilibré. Son architecture en ''X'' y est pour beaucoup et ferait presque oublier que nous sommes à bord d'un cabriolet. Le 4 cylindres en position avant, associé à une transmission aux roues arrière, favorise également la répartition des masses et les 1315 kg du roadster passent ainsi relativement inaperçus.

En attaque sur les routes sinueuses la direction fait preuve de précision et le différentiel autobloquant Torsen garantit l'adhérence à chaque instant. Toutefois, même si elle n'est jamais piégeuse, la nippone aime qu'on la traite comme une lady. Ainsi, une impolitesse pourra se solder par un méchant sur-virage. Pour les pilotes en herbe que cela amuse, sachez que l'ESP est entièrement déconnectable.


Ça ne coûte rien de rêver

Malgré les années, la S2000 est toujours une automobile désirable et laissera sans aucun doute un grand vide dans le paysage automobile. Car pour 41.500 euros (plus 1600 euros de malus écologique), les offres aussi performantes ne sont pas courantes. Reste que, même pour ce prix, il faut se contenter d'une pure sportive qu'il sera difficile d'assumer au quotidien, surtout par ces temps moroses. Honda, engagé sur la voie de l'hybridation, trouvera peut-être une alternative ''propre'' pour offrir une descendance à son vivifiant roadster. On peut toujours rêver.


Une "Ultimate Edition" en hommage


En guise d'adieu, Honda offre une série spéciale de la S2000 baptisée Ultimate Edition. En vente depuis quelques semaines, elle se distingue par son coloris blanc ''Grand Prix'', sa sellerie rouge, ses jantes spécifiques et une plaque en aluminium. Les visiteurs du dernier salon de Genève l'aurons probablement remarqué sur le stand de la firme japonaise.