Essai : Mazda MX-5 2009

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Photo 1 : Les vertus de la simplicité
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-08-10T10:22:00.000Z, mis à jour 2009-08-10T10:22:00.000Z

Le petit roadster fétiche de Mazda a fêté ses 20 ans d'existence il y a quelques mois. Restylée et toujours aussi fun à conduire, (re)voici la MX-5, ici dans version 1.8l décapotable.

Interprétation moderne des MG A/B, Triumph Spitfire ou Austin Healey des sixties, la première génération de Mazda MX-5, lancée en 1989, avait su renouveler avec succès le genre du roadster léger et dépouillé. Malgré ses nombreuses émules (Fiat Barchetta, Toyota MR2, MG TF, voire BMW Z3...), l'icône nipponne, surnommée Miata par ses fans, se retrouve à présent seule sur son créneau. Quel est donc le secret de sa longévité ? Pour le découvrir, nous avons lancé la 3ème génération du petit roadster à l'assaut des lacets jurassiens.

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Hanches rebondies, passages de roues musclés, silhouette aux lignes tendues mais lissées : la troisième génération de Miata, dévoilée en 2006, est une ensorceleuse. Multipliant à l’envie les galbes sensuels et usant avec parcimonie de quelques touches de chrome, la belle en évoquerait presque une Jaguar XK en réduction, en particulier de 3/4 arrière. Légèrement dynamisée en février dernier, la face aux projecteurs affinés arbore le traditionnel sourire pentagonal des productions d’Hiroshima, tandis que les feux arrière prennent du relief. Pas de quoi bouleverser la physionomie de l’engin, toujours aussi réussie.

Tapie au sol, presque provocante dans sa livrée rouge Ferrari, la petite nipponne aimante les regards. Une caractéristique que ses conducteurs apprécieront diversement : les adeptes de la discrétion opteront volontiers pour une teinte moins ostentatoire que le « True Red » un peu tapageur de notre modèle d’essai. A cet égard, on pourra regretter que le vert anglais et l’intérieur grège, qui se mariait plutôt bien, aient disparu du catalogue…


A bord, la simplicité est de mise. Accueillant pour deux occupants, le cockpit anthracite, à peine égayé par un bandeau gris métallisé, fait montre d’une sobriété bienvenue, qui contraste avec la robe démonstrative de notre monture couleur piment. Si elle se passe de plastiques moussés, la planche de bord aux lignes simples apparaît en revanche très bien assemblée, et sait se faire discrète par ses volumes peu envahissants.

Assis au ras du sol, le conducteur fait face à un petit volant, implanté assez bas, qui tombe bien en main, et à une instrumentation lisible et valorisante. Le compte tour, gratifié d’une zone rouge à 6500 tours/min, trône en bonne place, à gauche du tachymètre gradué jusqu’à 240km/h. L’amateur averti devra juste s’habituer à ne pas faire bondir l’aiguille de ce dernier trop au-delà de 11h00, sous peine de voir rapidement s’envoler ses points de permis.

Bien sûr, cet habitacle sans fioriture sacrifie un peu la praticité, avec à la clef un manque de rangements d’autant plus regrettable que le volume de malle, limité à 150 litres, demeure relativement modeste. Les plus tatillons épingleront aussi les petites économies réalisées sur l’ergonomie, comme les lève-vitres situés sur la console et non dans les contreportes. Mais ces menus défauts participent aussi au charme de la Mazda MX-5, qui sait préserver l’essentiel, avec une excellente position de conduite scotchée au bitume, un petit levier de vitesse au débattement court et des sièges très bien dessinés.


Animé par le petit bloc 1.8, au demeurant assez modeste, délivrant 126 chevaux à 6500 tours/min, la petite Mazda affiche pourtant un certain tempérament mécanique. Cette réactivité, sensible au moindre effleurement de l’accélérateur, semble d’ailleurs indiquer une loi d’ouverture assez généreuse du papillon de gaz, qui pourrait expliquer les consommations moins basses qu’espéré compte tenu de la légèreté (environ 9 l/100 durant notre essai).

Evidemment, ce petit bloc annonçant un couple de 167 Nm à 4500 tours/min manque encore de « coffre », et demeure un peu creux à bas régimes. Toutefois, il distille un agrément bien réel : bien servi par la masse contenue du véhicule (1075 kg), il se révèle plus rond que son grand frère 2.0L, particulièrement pointu, qui délivre ses 160 chevaux à un régime de 7000 tours/min. Une disponibilité qui ne l’empêche pas de faire preuve d’une réelle aisance dans les tours, où il donne sa pleine mesure.

Bien servi par une boîte 5 plutôt courte mais bien étagée, cette mécanique essence propulse ainsi le petit roadster avec une belle santé, pour peu que son conducteur ne rechigne pas à user du sélecteur. Le maniement de celui-ci, aux verrouillages précis, s’avère particulièrement adapté à une conduite dynamique. Dans ces conditions, le moteur gratifie les tympans d’une sonorité rageuse très présente et plutôt agréable, même si le timbre manque encore de noblesse. En contrepartie, le niveau sonore pourra lasser sur autoroute, où la japonaise aurait bien supporté l’apport d’une 6e vitesse « longue ».


Sans aucun doute possible, l’atout-maître de cette nipponne demeure son remarquable agrément de conduite. Il faut dire que les ingénieurs d’Hiroshima n’ont pas transigé avec l’architecture, fidèle à l’originale : dimensions contenues (4,02m X 1,72m), hauteur réduite (1,25m), porte-à-faux courts et moteur en position centrale arrière ont ainsi permis de peaufiner l’équilibre des masses (50/50), d’abaisser le centre de gravité et de réduire encore l’inertie polaire.

La direction, franche et très communicative, permet de placer la voiture au millimètre et de tirer la quintessence d’un châssis particulièrement sain et agile. La position de conduite, qui réclame un léger temps d’accoutumance, permet de faire réellement corps avec la machine, sentiment encore accru par la qualité du guidage de boîte. Le petit roadster se jette de virage en virage avec voracité, à tel point que l’on se surprend à regretter un supplément de puissance, ou un travail accru sur la sonorité de l’échappement, en particulier à bas régime, qui aurait permis de gratifier les montées en régime de nobles borborygmes.


Peu fonctionnelle, mais bourrée de charme avec ses lignes réussies ponctuées d’allusions à certaines britanniques, la petite Mazda MX-5 s’illustre surtout par un rapport prix/plaisir imbattable. Affichée à partir de 23.300 euros, cette découvrable vive et particulièrement plaisante à conduire s’impose ainsi comme l’un des meilleurs antidotes à la morosité ambiante.