Essai : Mercedes C63 AMG break

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Photo 15 : Essai Mercedes C63 AMG break : agent provocateur
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-03-17T16:05:00.000Z, mis à jour 2009-03-18T16:05:00.000Z

Le break C63 a également eu le droit à sa cure de vitamine façon AMG, pour aller chercher un certain Audi RS6 sur le terrain des breaks sportifs. Avec 457ch sous le capot, c'est plutôt bien parti...

Un râle très suggestif

Carbone omniprésent, volant à méplat en peau retournée, sièges baquets, bouton "start" taillé dans l’aluminium massif… Chez AMG, on ne badine pas avec les clins d’œil à la compétition. Et encore moins avec les sensations. On le vérifie dès la mise à feu du 8 cylindres de cette Classe C, dont le râle très suggestif hérisse les poils et annonce la couleur. C’est évident, on ne va pas s’ennuyer à son volant.

Concocté par la branche armée de la firme à l’Etoile, son V8 6.2 atmosphérique développe la bagatelle de 457ch à 6800 tr/min, et quelques 600 Nm de couple. Ce "gros cube", que l’on retrouve sous différentes définitions dans nombre de Mercedes actuelles, surprend par l’étendue de ses capacités. Doux comme un agneau en mode "Confort" de la boîte automatique à 7 rapports, il sait aussi mettre la Classe C sur orbite à la demande… Chaque action du pied droit gratifie ainsi son conducteur d’un vigoureux coup de pied aux fesses, façon manège de foire. Et nul besoin de cravacher ce "big bloc" puisqu’il délivre sa force instantanément, et sans discontinuer jusqu’à 7000 tr/min… Des montées en régime spectaculaires à plus d’un titre puisqu’elles remplissent l’habitacle d’une sonorité bestiale et caverneuse, dont on ne se lasse pas.



Un caractère brute de fonderie

Mieux vaut cependant garder la tête froide car sur sol humide, le couple omniprésent met à rude épreuve le derrière de l’auto, qui ne demande qu’à passer devant. C’est du moins l’impression qu’inspire l’ESP très permissif, dont le mode Sport tolère de généreuses dérives. Un garde-fou complaisant que les acrobates pourront entièrement débrancher pour épancher leur soif d’adrénaline. Complice elle aussi avec ses passages de rapport à la volée, la boîte Speedshift répond instantanément aux sollicitations des palettes et verrouille fermement ses rapports, même sous l’insistance énervée du rupteur.

De telles dispositions autorisent à la C63 AMG des performances de sportives pur jus. Avec un 0 à 100 km/h "plié" en 4,6 s, elle se paie notamment le luxe de dominer ses sulfureuses rivales, les BMW M3 (4,7s) et Lexus ISF (4,8s).


Exigeante étoile filante

Facile à vivre avec son coffre de break suédois (de 485 à 1500 litres) et sa belle habitabilité, cette Mercedes ne passe toutefois pas au travers des défauts habituels de la catégorie. Ses suspensions fermes et trépidantes lui valent ainsi un confort très relatif. Et son V8 goulu assèche le réservoir à une vitesse qui frise l’indécence, imposant des arrêts à la pompe tous les 250 km en conduite "sportive"… Mais on oublie facilement les écarts de conduite de cette étoile filante au moment d’en rendre les clés. Et avant de les mettre dans sa poche, il faudra signer un chèque de 88950 euros, incluant 2600 euros de malus écologique.