Essai : Seat Exeo ; une Audi A4 low-cost ?

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Essai Seat Exeo : promo sur le premium
Par Raphael SYLVESTRE|Ecrit pour TF1|2009-06-24T15:25:00.000Z, mis à jour 2009-06-24T15:25:00.000Z

Véritable audi A4 remaniée, la Seat Exeo reprend la plateforme de sa cousine allemande. Cela permet à la berline ibérique d'attaquer le marché des premium à des prix très attractifs. Notre essai.

Car cette révolution dans la gamme du constructeur ibérique est le fruit de la bienveillance du groupe Volkswagen, qui joue à fond la carte de la synergie entre ses différentes marques. Cette berline offre des prestations dignes de ses cousines plus huppées signées Audi ou VW, tout en affichant des tarifs très agressifs. Et pour cause, l'Exeo emprunte au moins 70% des pièces de la précédente génération d'Audi A4. Une aïeule déjà bourrée de qualités.


Une A4 qui aime la sangria

Convaincu que le style demeure le principal critère d’achat d’un véhicule, Seat a mis du cœur à l’ouvrage en dessinant son Exeo. Si l’allure générale est assez proche de l’ancienne A4, cette espagnole a le sang chaud à la différence de son clone germanique. Ses traits ont été voulus dynamiques et racés et le résultat est franchement réussi. Son faciès, proche de celui de la récente Ibiza, séduit avec un bouclier anguleux, de gros blocs optiques effilés et une calandre plongeante. L’arrière est plus convenu avec une malle en angle droit et des feux bien sages, qui tranchent avec la proue plus volontaire.


Esprit es-tu là ?

A l’intérieur, le fantôme de l’Audi A4 rode outrageusement. La planche de bord, qui ne souffre d’aucun véritable défaut, a été prise presque à l‘identique de l’allemande dans sa déclinaison cabriolet. On retrouve les compteurs cylindriques en aluminium brossé, les 3 buses d’aération perchées au sommet de la console centrale ou encore les compteurs caractéristiques de la firme aux anneaux. On aurait davantage apprécié un habitacle qui se démarque mais l’objectif visé par Seat est atteint, l’Exeo offrant une finition irréprochable, des matériaux tout à fait convenables et une ergonomie sans faille. Dommage que la fantaisie de Seat fasse défaut à ce nouveau porte drapeau.


Un ramage digne du plumage

Au rang des motorisations, c’est ici encore la synergie du groupe VW qui permet à l’Exeo de jouer dans la cour des grands. Côté diesel, on trouve trois blocs TDI à rampe commune de dernière génération, tous issus du 2.0, déclinés en trois puissances, 120, 143 et 170 chevaux. Concernant l’essence, Seat propose également trois motorisations, un 1.6 de 102, un 1.8 turbo développant 140 et un bloc TSI à injection directe de 200 chevaux. Pour notre essai, nous avons opté pour cette dernière version, aux prestations dynamiques en parfaite adéquation avec le style athlétique de sa carrosserie. Sur le papier, le constructeur annonce un 0 à 100 km/h plié en 7,3 secondes et une vitesse de pointe de 241 km/h. Côté consommation, notre mouture a réclamé environ 11,5l/100 km sur les routes vallonnées du sud de l’Espagne, dans la région de Marbella. Néanmoins, avec 179g/km de CO2 rejetés, l’Exeo 2.0 TSI 200 ch écope d’un malus de 750 euros. Une lacune qui ne devrait pas dissuader les amateurs de sportivité, qui seront conquis par sa sonorité enthousiasmante et ses remarquables relances.


Telle mère, telle fille

Sur la route, l’Exeo fait un bon en avant par rapport aux autres modèles de la gamme. Encore une fois, merci Audi, la berline jouit d’un châssis affûté et rigide qui autorise une conduite incisive. Les suspensions, bien fermes sur notre version ''Sport'', accentuent cet agréable dimension sportive. Seule ombre au tableau, une direction peu précise, pas assez informative malgré la direction assistée qui s’adapte à la vitesse. Bémol également pour le freinage qui manque de mordant et d’endurance. Du reste, l’insonorisation est bonne malgré quelques bruits de vent dans l’habitacle passé la vitesse réglementaire sur autoroute. Rien de bien méchant. Enfin, notons que sa boîte de vitesse mécanique à 6 rapports est de bonne facture. Hélas, pour l’instant, aucune adaptation de la transmission automatique DSG n’est pas au programme. Dommage.


La meilleure des Seat ?

Cette Exeo, qui catalyse de grosses espérances pour Seat, fait voguer le constructeur sur les terres d’un marché qui lui sont pour l’instant parfaitement inconnues. La berline familiale dispose cependant de gros arguments, grâce aux nombreuses qualités de sa génitrice aux anneaux. En outre, elle profite de tarifs vraiment attrayants et d’une entrée de gamme pas chiche pour un sous. Celle-ci comprend notamment l’ESP, le répartiteur de freinage ou encore quatre lève-vitres électriques de série. Côté tarifs, l’Exeo réclame au minium 20.200 euros en essence ou 25.050 euros avec 2.0 TDI 120 ch. Un très bon point pour cette berline que son constructeur n’hésite pas à décrire comme ''la meilleure des Seat''.