Essai Seat Ibiza 1.6i 105 ch : beauté latine

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Seat Ibiza 1.6i 105 ch : beauté latine
Par etf1|Ecrit pour TF1|2008-08-13T16:32:00.000Z, mis à jour 2008-08-13T16:32:00.000Z

Modèle phare de la marque espagnole, avec près de 4 millions d'exemplaires vendus depuis sa création en 1984, l'Ibiza cuvée 2008 est censée signer le renouveau de Seat sur le marché des citadines polyvalentes ; au programme, plus de sportivité, une meilleure qualité de fabrication et un style très italien.

Présentation

Quel point commun il y a-t-il entre une Lamborghini Gallardo et la nouvelle Seat Ibiza ? Aucun nous direz-vous et pourtant c’est bien le même homme qui les a dessinées ! Luc Donckerwolke, ancien responsable du design de la prestigieuse marque italienne, s’est en effet chargé du nouveau look de la citadine espagnole. Il en résulte des lignes acérées, un faciès plus agressif et une poupe embourgeoisée. De quoi permettre enfin à l’Ibiza de rivaliser avec les ténors de la catégorie que sont la Peugeot 207 et la Renault Clio. Il faut dire que la nouvelle venue en profite pour prendre 10 cm en longueur et dépasser ainsi la barre des 4 mètres (4,05 m). Autant d’espace en plus pour le confort des passagers et le volume du coffre qui atteint désormais 292 litres, soit la meilleure valeur du segment. On regrettera cependant son seuil de chargement, légèrement trop élevé.

Intérieur

Si à l’intérieur de l’ancienne Ibiza jouait la carte de la sportivité, la nouvelle apparaît un peu plus sobre notamment au niveau de sa planche de bord. Très bien assemblée et regroupant différentes densités de plastiques (durs et moussés), cette dernière fait en effet montre d’une rigueur bien plus allemande qu’espagnole ! Il conviendra néanmoins de ménager l’ouverture de la boîte à gant qui nous a semblée trop fragile. Les astuces proposées dans le Pack Rangements (tiroirs sous les sièges, filet de maintien dans le coffre, poches aumônières) ne seront alors pas de trop pour caser vos cartes, magazines et autres bouteilles d’eau… à condition de débourser 70 euros supplémentaires. Une économie dont aurait tout de même pu se passer le constructeur espagnol ! D’autant que l’autoradio CD MP3 (avec commandes au volant), désormais indispensable à tout automobiliste un peu branché, n’est de son côté offert qu’à partir du deuxième niveau de finition ou en échange de 400 euros en entrée de gamme… On retiendra malgré tout que l’Ibiza propose de série un volant 3 branches réglable aussi bien en hauteur qu’en profondeur, une radio 6 haut-parleurs avec auxiliaire, un avertisseur sonore de non-bouclage des ceintures, un siège conducteur réglable en hauteur (au maintien fort agréable), des rétroviseurs électriques et dégivrant ou encore l’air conditionné. Soit un bon niveau d’équipement. Enfin, pour ce qui est de l’habitabilité, si les places avant sont généreuses, la banquette arrière se montre un peu avare en matière d’espace aux jambes. Quant à la modularité, rien de franchement épatant à signaler puisque ni banquette coulissante, ni plancher plat ne sont au programme.

Moteur

Pour cet essai nous avons opté pour un 1.6 essence de 105 ch, qui représente « sur le papier » l’offre la plus dynamique de la gamme, en attendant l’arrivée prochaine de versions FR et Cupra, autrement plus agressives. D’ici là, les amateurs de conduite sportive devront donc se contenter de ce bloc malgré tout capable de bousculer l’Ibiza, sans discontinuer, jusqu’à plus de 6 000 tr/mn. De quoi faire gentiment chanter l’échappement de cette citadine dont la boîte manuelle à 5 rapports s’avère aussi douce que précise. Une aubaine sachant qu’en dessous de la barre des 3 000 tr/mn, le moteur de l’espagnole a tendance à s’essouffler un peu trop rapidement, obligeant ainsi son conducteur à repasser en première au passage de certaines épingles de montagne. Ceci étant et malgré le rythme soutenu de notre essai, notre consommation n’a pas dépassé les 7,5 l/100 km, soit une valeur tout à fait convenable. Néanmoins, nous ne saurions que trop vous conseiller d’opter pour la motorisation essence intermédiaire, à savoir le 1.4 16V de 85 ch qui, selon nous, est aussi plaisante à conduire et moins coûteuse à l’achat.

Sur la route

Synergie de groupe oblige, l’Ibiza partagera sa toute nouvelle plate-forme avec la future Volkswagen Polo. Un châssis plus imposant mais également plus rigide qu’auparavant, qui a pour effet d’offrir d’avantage de précision à l’espagnole. Certes, elle n’en manquait pas vraiment mais à cela vient dorénavant s’ajouter un réel confort. Bien insonorisée et correctement amortie, l’Ibiza semble avoir trouvé le bon compromis entre sportivité et agrément de conduite. Néanmoins sa direction mériterait de fournir un peu plus de ressenti et la position du conducteur d’être légèrement rehaussée afin d’offrir une meilleure visibilité. Si le freinage ne souffre aucune critique, les pneus de 17 pouces de notre modèle nous sont en revanche apparus assez inégaux avec une tendance au survirage à faible allure (notamment au passage d’un rond point). Un comportement surprenant que l’on pourrait tout autant attribuer à l’assistance sans doute trop importante de la direction, à basse vitesse. C’est en tout cas l’impression que l’auto nous a faite ! Reste qu’une fois équipée de pneus de 16 pouces (de série en finition Sport) l’espagnole s’est montrée bien plus conciliante, ne reproduisant pas cette dérive du train arrière et tenant parfaitement le pavé. Nous gagerons donc qu’il s’agissait d’un défaut inhérent au modèle mis à notre disposition lors de cette séance d’essai réalisée dans les Baléares. Il convient cependant de préciser que notre sécurité n’a jamais été mise à mal grâce notamment à la présence d’un très bon ESP. Uniquement disponible en option, ce dernier est accompagné d’une aide au freinage d’urgence, d’un capteur de chute de pression des pneus et d’un système d’aide au démarrage en côte, l’ensemble étant facturé 500 euros.

Bilan

N’ayons pas peur de le dire, l’Ibiza s’est quelque peu embourgeoisée. Plus grande, mieux finie mais aussi plus confortable, elle semble aujourd’hui armée pour rivaliser avec les valeurs sûres du marché (207, Clio, Corsa, Grande Punto…). Ceci étant, son prix n’est plus un avantage puisque l’espagnole s’affiche quasiment au même tarif que ces dernières : 12 600 euros pour une version 1.2i 12V 70 ch, 15 355 euros pour une 1.6i 16V 105 ch Sport ou encore 14 700 euros pour une 1.4 TDI FAP 80 ch. Il se pourrait donc que ce soit avant tout pour le style que vous choisissiez d’acquérir la nouvelle Ibiza.