États-Unis - Donald Trump attaque l’automobile : General Motors ignore, Ford cède, mais Toyota réplique

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Donald Trump Voiture 2016
Par Matthieu LAURAUX|Ecrit pour TF1|2017-01-06T11:00:10.022Z, mis à jour 2017-01-06T11:27:03.560Z

En une semaine, le nouveau président élu des Etats-Unis d’Amérique Donald Trump a attaqué les trois principaux constructeurs automobiles du pays, General Motors, Ford et Toyota. Pourquoi et comment ont-ils réagi ?

General Motors, Ford puis Toyota, pourquoi Donald Trump attaque-t-il les groupes automobiles et peut-il vraiment changer la donne ?

Pour débuter 2017, pas de meilleurs voeux pour le nouveau président des Etats-Unis d’Amérique, élu le 8 novembre dernier, attaquant directement le secteur automobile. Bien qu’il ne rentre en fonction que le 20 janvier prochain, Donald Trump tente déjà d’influencer les décisions des constructeurs, surement en partant de la liste des plus grandes ventes enregistrées en 2016.


Etape 1 : General Motors

Car oui, le premier à avoir “subi” un tweet est General Motors (Chevrolet, Cadillac, Buick, GMC ou encore Opel) le 3 janvier, leader de l’an passé avec 3.042.775 immatriculations enregistrées.

“General Motors envoie des modèles Chevrolet Cruze fabriqués au Mexique à ses concessionnaires américains exempts de taxes. Fabriquez aux Etats-Unis ou payez les taxes d’importations !”


Petite précision : la Chevrolet Cruze est bien fabriquée au Mexique, mais seulement dans sa version 5 portes à hayon “hatchback”, populaire dans le pays mais beaucoup moins sur le territoire étasunien, contrairement à la classique 4 portes, assemblée aux Etats-Unis dans l’usine de Lordstown dans l’Ohio. Déjà plus chère que la berline d’environ 1.000 euros, la Hatchback voit davantage son avenir menacé, puisque General Motors a le choix entre appliquer les 35% de taxes - augmentant le tarif de base de 7.850 dollars - ou de relocaliser la construction dans l’Ohio, avec donc une augmentation du prix, conséquence du transfert et de la main d’oeuvre plus onéreuse. Ou alors, étant données les ventes négligeables, la Chevrolet Cruze Hatchback pourrait être simplement retirée du catalogue. 

Quelque soit le scénario, le consommateur en pâtit, soit par l’augmentation du prix ou l’absence de choix, et l’économie américaine n’en ressortirait aucunement meilleure.

La Chevrolet Cruze hatchback présentée au Salon de Détroit 2016


Chevrolet Cruze Hatchback Salon Detroit 2016


Etape 2 : Ford

Ici, pas de tweet direct, mais une conséquence directe des mouvements de Donald Trump. Le même jour ce 3 janvier 2017, Ford a annoncé l’annulation de l’investissement d’1,6 milliard de dollars dans sa nouvelle usine mexicaine, préférant injecter 700 millions de dollars dans son site actuel du Michigan, résultant de 700 créations d’emplois.

Cette décision fait suite à trois événements : la menace proférée il y a quelques semaine à ceux investissant au Mexique pour vendre leurs produits sur le sol étasunien d’une taxe d’environ 35%, la rencontre du nouveau président avec l’ex-PDG du groupe Ford, Alan Mullaly et enfin le tweet directement adressé à General Motors. Ford, groupe n°2 aux Etats-Unis en 2016 avec 2,6 millions d’immatriculations, était le 2ème sur la liste noire de Trump après GM.

Le futur président a d’ailleurs remercié l’entreprise à l’Ovale bleu - pour ne pas dire en tirer les mérites - par un message : 

"Merci à Ford pour avoir supprimé une nouvelle usine au Mexique et créé 700 emplois aux USA. C’est juste le début, plus est à suivre…”


Etape 3 : Toyota

Le constructeur japonais n’a pas de racine aux Etats-Unis, mais est très lié au pays car y étant le numéro 3, accumulant 2.45 millions de ventes l’an dernier, non loin de Ford. Le 6 janvier 2017, soit 3 jours après General Motors et la décision brutale de Ford, Toyota est le troisième sur la liste de Donald Trump, ayant envoyé un tweet agressif : 

“Toyota Motor a déclaré construire une nouvelle usine à Baja au Mexique afin de produire les Corolla pour les Etats-Unis. PAS QUESTION ! Construisez aux Etats-Unis ou payez les taxes d’importation.


Plutôt que d’ignorer comme General Motors ou de se contracter comme Ford, Toyota a répliqué dans un communiqué :

“Toyota fait partie du patrimoine industrielle des Etats-Unis depuis 60 ans. Le volume de production et l’emploi dans le pays ne sera pas réduit malgré notre nouvelle usine de Guanajato au Mexique, annoncée en avril 2015. Avec non moins de 22 milliards d’euros directement investis aux Etats-Unis, 10 usines d’assemblages , 1.500 concessionnaires et 136.000 employés, Toyota va collaborer avec le gouvernement Trump afin de servir les intérêts des consommateurs et l’industrie automobile.”

La Toyota Corolla américaine millésime 2017


Toyota Corolla USA 2017

Le groupe nippon va donc “collaborer", mais ne cèdera pas aux injonctions de Donald Trump. Il précise par ailleurs être “le plus petit importateur de véhicules en provenance du Mexique en 2016”, et que “160.000 voitures fabriquées aux USA ont été exportées dans 40 pays en 2015”.

La Corolla, berline compacte, est l’une des voitures les plus vendues  du marché américain, avec 378.210 exemplaires rien qu’en 2016, étant ainsi le modèle numéro 2 juste derrière la Camry (388.618 unités) et devant le RAV4 (352.154 unités). Pour vous donner une ordre de grandeur, la Corolla aux Etats-Unis représente plus que Peugeot en France (356.000 ex.).

Fiat-Chrysler (FCA), Honda et Nissan, respectivement 4ème, 5ème et 6ème groupes les plus populaires aux Etats-Unis en 2016, seront-ils les prochaines cibles de Donald Trump ? Affaire à suivre.