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F1 2014 - Bilan : Alerte rouge pour Ferrari

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Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-09T11:45:00.000Z, mis à jour 2014-12-09T13:29:39.000Z

La rédaction d'Automoto.fr poursuit son bilan de la saison 2014 de Formule 1 et se penche ce mardi 9 décembre sur Ferrari, triste quatrième au championnat du monde des constructeurs, et en pleine révolution avec notamment l'arrivée de Sebastian Vettel en 2015 pour remplacer Fernando Alonso.

Avec zéro victoire au compteur et une quatrième place au classement des constructeurs, Ferrari a vécu en 2014 la pire saison de son histoire depuis 1993. Une anomalie inacceptable pour la plus grande équipe de l'histoire de la Formule 1 qui cherche désespérément à retrouver sa gloire passée. De nombreuses têtes sont tombées à la tête du Cheval cabré pour laisser place à une véritable restructuration, symbolisée par le départ de l'emblématique président Luca di Montezemolo en septembre dernier et celui de Fernando Alonso chez McLaren (il ne manque plus que l'annonce officielle du team de Woking) pour laisser place nette à Sebastian Vettel.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Une arrogance qui coûte cher
Les révolutions de palais, Maranello y est habituée. La dernière en date remonte en 1993 avec l'arrivée de Jean Todt comme directeur général de la Scuderia. Un certain Michael Schumacher débarque trois ans plus tard, avant d'être suivi par Ross Brawn qui s'installe à la direction technique. La suite, on l'a connaît : le trio s'en va enlever cinq titres pilotes et constructeurs entre 2000 et 2004 grâce à une alchimie parfaite entre le champion allemand, son équipe et une monoplace quasi-invincible.

Mais depuis 2007 et le départ de Todt, aujourd'hui président de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA), la machine Ferrari s'est de nouveau enrayée. L'une des raisons de cette chute inexorable est sans doute l'arrogance dont se rend souvent coupable l'écurie italienne. Le mythique Cheval cabré s'est reposé sur ses acquis ces cinq dernières années quand d'autres ont innové (Red Bull puis Mercedes) et en a immédiatement payé le prix.

2014 n'a pas inversé cette fâcheuse tendance malgré une toute nouvelle réglementation. Et les conséquences ont été lourdes. A l'issue du calamiteux Grand Prix de Bahreïn, troisième manche de la saison, Stefano Domenicali, Team Principal depuis 2008, est débarqué pour laisser place à Marco Mattiacci. Sur un siège éjectable depuis plusieurs mois, Luca di Montezemolo, président de la Rossa, est lui aussi viré par Sergio Marchionne, patron de Fiat-Chrysler. Deux départs qui ont sans aucun doute entériné le divorce entre Alonso et les Rouges, déjà dans l'air en 2013 après une énième saison de frustration. Quand on connaît l'amour que porte le double champion du monde espagnol au Cheval cabré, ça fait mal...

I will race this weekend with the whole team with me in the car. Their work and their signature, thanks for so much!! pic.twitter.com/hYudoLJvYq

— Fernando Alonso (@alo_oficial) 20 Novembre 2014

Alonso, "seul génie du plateau"
Nous vous le rappelons souvent et nous vous en parlerons encore : Alonso est sans aucun doute le meilleur pilote de sa génération. L'Espagnol fait même partie des plus grands champions de l'histoire de la discipline. Son problème reste son palmarès, injustement bloqué à deux titres mondiaux depuis 2006.

Qualifié de "seul génie du plateau" par Jackie Stewart, triple champion du monde dans la catégorie reine du sport automobile (1969, 1971, 1973), l'As des Asturies a encore démontré toute sa palette technique et sa combativité au volant d'une voiture digne d'une FIAT 500 volée sur un parking à Maranello. Eternelle assurance vie pour la Scuderia, l'Ibère a décroché deux podiums au courage (Chine, Hongrie), frôlant même la victoire sur le tourniquet de Budapest. Deux performances Majuscules et une grande régularité (17 fois dans les points sur 19 courses) qui l'ont propulsé à la 6e place du Mondial, bien loin de ses attentes et de la valeur de son talent. Mais c'est toujours mieux que les piteux résultats accrochés par son coéquipier, Kimi Räikkönen.

Le fantôme de Räikkönen
Perdu dans sa Ferrari, le Finlandais n'a été que l'ombre de lui-même. Le champion du monde 2007 n'a signé pour meilleur résultat qu'une quatrième place décrochée dans son jardin de Spa Francorchamps (il s'y est imposé à quatre reprises), ce qui lui vaut une saison à 55 points (contre 161 pour Alonso !) et une très modeste 12e place au classement final.

Cela étant, dire que Räikkönen a perdu toute sa pointe de vitesse serait une erreur. Son talent est indiscutable, tout comme son envergure sur et en dehors de la piste. Mais à l'image de Vettel, le Finlandais n'a jamais réussi à s'adapter à la nouvelle réglementation et aux nouveaux systèmes de freinage, point précis qui constituait l'une de ses forces par le passé. Et comme Alonso, il n'a pas été aidé par une voiture loin d'être à la hauteur, ce qui sera probablement le cas en 2015.

Vettel, symbole du renouveau ?
Ferrari l'a d'ores et déjà annoncé : la saison prochaine servira encore de transition pour mieux rebondir en 2016, année où le règlement devrait encore évoluer avec, peut-être, l'abolition totale du gel des moteurs V6 turbo hybrides, véritable plaie pour le Cheval cabré. Pour mener à bien cette reconstruction, la Rossa va s'appuyer sur Maurizio Arrivabene, haut responsable chez Philip Morris (Marlboro) et représentant des sponsors auprès de la Commission F1 de la FIA depuis 2010, qui remplace Mattiacci en tant que Team Principal. L'Italien aura néanmoins eu le temps de faire venir Vettel, quadruple champion du monde aussi amoureux de Ferrari que ne l'était Alonso.

Un Allemand en quête de renouveau à Maranello, voilà bien une histoire que l'on connaît...

Vidéo F1 : Premiers jours de Sebastian Vettel chez Ferrari à Fiorano