F1 2014 - Bilan : Caterham, l'année de trop ?

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Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-31T13:26:00.000Z, mis à jour 2015-01-01T13:36:40.000Z

La rédaction d'Automoto.fr termine son bilan de la saison 2014 de Formule 1 en évoquant ce mercredi 31 décembre Caterham, dernière au championnat du monde des constructeurs, et qui ne sera sans doute pas présente sur la grille de départ l'an proche à cause de ses nombreux soucis financiers.

Après avoir vécu une année 2013 catastrophique, Caterham a de nouveau touché le fond en 2014. La saison de l'écurie basée à Leafield n'a été qu'une succession de galères qui lui a valu de terminer à la dernière place du classement des constructeurs. Pire, l'équipe s'est complètement écroulée sur le plan financier et ne sera pas présente sur la grille de départ l'an prochain... à moins qu'un nouvel investisseur pointe miraculeusement le bout de son museau.

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Un gros manque de compétitivité
En présentant la nouvelle CT05, Tony Fernandes, alors patron de l'écurie, avait averti les siens : si Caterham ne progresse pas en 2014, il quitterait la catégorie reine du sport automobile. Malgré une légère ascension depuis sa création en 2010, le team de Leafield a vécu une saison 2013 en dents de scie, préférant se concentrer sur la nouvelle réglementation impliquant l'apparition des V6 turbo hybrides.

Mais les espoirs de l'homme d'affaires malaisien ont rapidement été douchés. Comme pour Red Bull et Lotus, le moteur Renault n'a pas été à la hauteur et la monoplace verte digne d'un monstre dans Alien ressemblait à tout sauf à une Formule 1, affichant des lacunes qu'il était impossible à combler pour une structure aussi modeste que Caterham.

A cause d'un manque de compétitivité affligeant, les occasions de briller ont été rares. Monaco aurait pu être le tournant de la saison pour le team de Fernandes mais Kamui Kobayashi, alors en lutte pour les points, est tombé sur un Jules Bianchi exceptionnel. Le Français a ramené deux points dans la besace de Marussia quand Caterham a dû se contenter d'un zéro pointé malgré la combattivité de son pilote japonais. Son coéquipier, le Suédois Marcus Ericsson, s'est plus illustré par ses valises pleines de billets que par ses performances sur la piste.

Une écurie criblée de dettes
Sur le plan sportif, la suite de la saison de Caterham n'aura guère été plus reluisante, malgré la pige prometteuse mais sans suite d'André Lotterer, triple vainqueur des 24 Heures du Mans avec Audi, à Spa Francorchamps. La compétition a été éclipsée par les difficultés financières de l'écurie, avec comme point un méli-mélo désastreux lors de la vente de l'écurie le 2 juillet dernier à un consortium d'investisseurs helvético-dubaïote dénommé Engavest. La nouvelle direction symbolisée par Christijan Albers, ancien pilote de F1, n'a fait qu'empirer les choses, licenciant une quarantaine de personnes pour réduire la masse salariale de l'équipe.

La situation n'a cessé de se dégrader de jour en jour avec comme point d'orgue un conflit opposant les anciens et les nouveaux propriétaires qui s'est terminé par un placement sous administration judiciaire le 20 octobre 2014, impliquant l'absence de Caterham aux Etats-Unis et au Brésil. Et ce n'est pas la campagne de financement participatif qui a permis au team de Leafield de participer au dernier Grand Prix de la saison à Abu Dhabi qui a arrangé les choses.

Aujourd'hui, l'avenir de l'équipe est extrêmement incertain, la quasi-totalité des salariés ayant été licenciée et il ne serait pas étonnant de voir une Formule 1 à 18 monoplaces l'année prochaine, sans Marussia et Caterham (les deux teams sont toujours inscrits sur la liste des participants mais "sous réserve"). D'autant plus que racheter une écurie criblée de vingt millions d'euros de dettes et où il faut tout reconstruire n'est pas à la portée de tout le monde.