F1 2014 - Bilan : McLaren, la fin d'une ère

Voir le site Automoto

Jenson-Button-F1-04
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-10T18:02:00.000Z, mis à jour 2014-12-16T16:17:15.000Z

Ce mercredi 10 décembre, la rédaction d'Automoto.fr continue son bilan de la saison 2014 de Formule 1 en se penchant sur McLaren, cinquième au championnat du monde des constructeurs, et en pleine restructuration avec l'arrivée du moteur Honda et un duo de pilotes toujours pas confirmé pour 2015.

A l'image de sa plus grande rivale Ferrari, McLaren a vécu une saison 2014 catastrophique. Le team anglais a profité de son léger regain de forme en fin d'année pour accrocher une piteuse 5e place au classement des constructeurs, une position bien loin de son standing. Mais au-delà de ses résultats médiocres, l'équipe britannique s'est surtout distinguée dans sa gestion catastrophique de l'avenir à court terme. Si ses retrouvailles avec le motoriste Honda ont été scellées fin 2013, son duo de pilotes pour 2015 n'est pas encore officialisé, même si le retour de Fernando Alonso à Woking semble être d'ores et déjà acté en coulisses.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Un début de saison sur les chapeaux de roue
Pourtant, si nous remontons en janvier dernier, les raisons d'espérer une bonne saison des "Gris" sont nombreuses. Avec le retour aux commandes de Ron Dennis, PDG de McLaren et figure emblématique de l'écurie britannique en Formule 1, et l'arrivée du Français Éric Boullier en tant que directeur de la compétition, le team anglais dispose d'un organigramme solide et expérimenté sur lequel s'appuyer. Sur le plan technique, le moteur Mercedes (le plus performant en 2014) constitue un apport non-négligeable, même si les relations avec les "collègues" germaniques se sont nettement refroidies en raison du retour d'Honda en 2015, perçu comme un concurrent sérieux par la firme à l'étoile.

D'entrée de jeu, celles que le grand public surnommait autre fois les "Flèches d'Argent" (à l'époque des titres décrochés par Mika Häkkinen en 1998 et 1999) surprennent lors de la manche d'ouverture à Melbourne, notamment le jeune espoir recruté cet hiver par l'équipe de Woking, le Danois Kevin Magnussen. Le rookie se classe 2e lors de sa première course, devançant à la régulière son expérimenté coéquipier, le champion du monde Jenson Button (2009).

Button en métronome
L'expérience, c'est ce qui a pourtant sauvé le Britannique et son écurie tout au long de l'année. Au fil des Grand Prix, McLaren s'est écroulé pour ne plus jamais revenir sur le podium, la faute à une voiture pas aussi efficace que prévue. A la mi-saison, le team anglais pointe à la 6e place au classement des constructeurs derrière la modeste écurie Force India.
Mais grâce à Button et la régularité qui le caractérise, les hommes d'Éric Boullier sont parvenus à revenir dans le top 5 mondial, compensant les résultats en dents de scie de Magnussen, souvent malchanceux avec les commissaires de piste.

S'il est encore un peu trop fougueux et manque de consistance en course, le Danois a pourtant l'étoffe d'un futur très grand pilote et est en pole position pour épauler Alonso l'année prochaine... bien que tout reste encore officieux du côté de Woking. Une situation qui interpelle.

Un ciel encore bien gris
A moins de 100 jours du Grand Prix d'Australie qui ouvrira la saison 2015 de Formule 1 le 15 mars prochain, McLaren n'a encore pas communiqué sur l'avenir de ses pilotes. Honda cherche une pointure avec qui travailler et Alonso est le pilote idéal. Le double champion du monde espagnol est considéré par beaucoup comme le meilleur pilote du plateau et sa capacité à tirer une équipe vers le haut est - presque - unanimement reconnue par tout le paddock.

Sur le papier, il serait logique de retrouver Button à ses côtés. Le Britannique, 8e du Mondial 2014 avec 126 unités, connaît bien Alonso depuis son passage chez Renault (2002) et son légendaire flegme britannique associé à un talent qui n'est plus à prouver serait un atout de plus pour McLaren et Honda.

Néanmoins, les dernières tendances vont dans le sens de Magnussen, le Danois étant un pilote en devenir (malgré sa 11e place au championnat avec 55 points) et pouvant attirer des sponsors intéressants tels que Holch Povlsen (les vêtements Jack & Jones), entreprise liée au jeune pilote de 22 ans depuis longtemps que Ron Denbis aurait rencontré récemment à Copenhague.

Si le ciel n'est pas encore tombé sur la tête de McLaren, il reste pour l'instant bien gris et ne demande qu'à s'éclaircir. Ne serait-ce que par respect pour ses pilotes, toujours dans l'attente pour la suite de leur carrière.