F1 2014 - Bilan : Red Bull a perdu ses ailes

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Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-08T14:28:00.000Z, mis à jour 2014-12-08T18:15:08.000Z

Après avoir livré son ressenti sur les deux titres de Champion du monde acquis haut la main cette saison par Mercedes, la rédaction d'Automoto.fr se penche ce lundi 8 décembre sur Red Bull, deuxième au classement malgré une saison ponctuée de hauts et de bas, notamment pour son désormais ex-pilote, Sebastian Vettel, qui a rejoint les rangs de Ferrari.

Neuf victoires en 2010, 12 en 2011, huit en 2012, 13 en 2013... et seulement trois succès en 2014. Après quatre ans de suprématie en Formule 1, Red Bull a perdu ses ailes d'antan. La faute à une nouvelle réglementation mal appréhendée, notamment par son motoriste Renault. Seul motif de satisfaction pour l'écurie quadruple championne du monde : la montée en puissance de Daniel Ricciardo, nouvelle étoile de la galaxie F1, qui a outrageusement dominé son prestigieux coéquipier, Sebastian Vettel.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Un moteur Renault "inacceptable"

On ne le répètera jamais assez : la Formule 1, comme tout sport mécanique, n'est pas une science exacte. Il est possible de dominer outrageusement ses adversaires une saison et passer à côté de son sujet l'année suivante (cf : après cinq ans de suprématie, Ferrari n'a gagné qu'une course en 2005 lors du Grand Prix polémique des Etats-Unis).

Avec la nouvelle réglementation impliquant l'apparition des V6 turbo hybrides, Red Bull avait prévenu dès la fin de saison dernière que les cartes seraient fortement redistribuées. L'équipe de Milton Keynes ne se doutait certainement pas qu'elles allaient être autant battues. Le moteur Renault n'a clairement pas été à la hauteur des attentes, Christian Horner, patron du team, qualifiant même ses performances "d'inacceptables".

Mais malgré un mariage raté entre une faible unité de puissance et la RB10 conçue par Adrian Newey, et un retard impossible à combler sur la concurrence, le team autrichien a sauvé une année qui s'annonçait chaotique en se fiant à la recette qui lui a permis d'acquérir autant de succès. Une touche de "Killer Instinct" (l'instinct du tueur) dans les moments décisifs mélangée à une équipe de développement qui répond présent en cours de saison et sublimée par un pilote capable de jouer les premiers rôles. A ceci près que le dernier ingrédient ne se nommait pas Sebastian Vettel mais bel et bien Daniel Ricciardo.

Ricciardo, le nouveau héros de Red Bull
Promu par Helmut Marko, patron de la filière des jeunes pilotes Red Bull, pour remplacer son compatriote Mark Webber, l'Australien a été l'une des grandes révélations de la saison et a permis à son team de prendre la deuxième place des constructeurs derrière Mercedes, intouchable. Plus rapide que son quadruple champion du monde d'équipier en qualifications (il est parti devant 12 fois en 19 GP), le natif de Perth a prouvé qu'il avait gagné en consistance le dimanche, et tout particulièrement en fin de Grand Prix, chose qui lui manquait parfois lors de ses deux saisons passées chez Toro Rosso.

Preuve en est : Ricciardo, troisième de ce championnat du monde 2014, a acquis deux de ses trois succès de l'année (Canada, Hongrie, Belgique), les seuls de la saison pour Red Bull, saisissant à chaque fois l'unique opportunité qui se présentait à lui pour prendre le dessus sur ses concurrents dans les ultimes tours de la course, éclipsant ainsi Vettel aux yeux de ses patrons.

Vettel n'était plus l'enfant chéri

Car au-delà de son engagement dans le milieu du sport automobile, il faut rappeler que Red Bull est une entreprise mondialement reconnue grâce à sa célèbre boisson qui "donne des ailes". Véritable vitrine pour le business, la Formule 1 donne l'occasion à la firme autrichienne de cultiver son image décalée tout en allant à la chasse aux records. Avec son attitude positive en toutes circonstances et son large sourire synonyme de marque de fabrique, Ricciardo a tout pour être le nouvel enfant chéri de l'équipe, et cela au détriment de Vettel. Une donnée qui peut expliquer en grande partie la perte de motivation de celui qui a tout donné pour faire gagner le team de Milton Keynes.

Son image d'adolescent en atteste : le quadruple champion du monde allemand n'aime pas la politique dans le milieu de l'élite automobile. Les plus mauvaises langues le considèrent comme un type sans grand talent qui a tout gagné au volant d'une machine de guerre quasi-invincible, ce qui est totalement faux. Vettel fait partie des trois génies du plateau avec Lewis Hamilton et Fernando Alonso. C'est un racer au sens le plus pur du terme et les nouvelles technologies importées par la nouvelle réglementation le privent de son point fort : le freinage. Véritable virtuose quand il s'agit de freiner au dernier moment pour prendre la corde et ressortir aussi vite qu'un éclair, le natif d'Heppenheim n'a jamais trouvé la bonne formule sur ce point précis cette année.

Avec zéro victoire au compteur et une décevante 5e place au championnat pour sa dernière saison chez Red Bull, Vettel quitte le navire qu'il a amené vers la victoire et s'en va rejoindre Ferrari à la place de son plus grand rival, Alonso. L'Allemand sait qu'il peut relancer cette écurie historique perdue dans la grandeur de son passé grâce à son talent incontestable mais aussi avec son panache d'éternel gamin qui aime la course.