F1 2014 - Bilan : Saison noire pour Lotus

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Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-16T17:16:00.000Z, mis à jour 2014-12-16T18:33:00.000Z

Après avoir dressé le bilan des équipes de milieu de tableau lors de cette saison 2014 de Formule 1, la rédaction d'Automoto.fr s'attaque aux écuries du fond de grille. Ce mardi 16 décembre, place à Lotus, véritable déception de l'année, qui n'a guère brillé avec une E22 hors du coup, un Romain Grosjean désabusé et un Pastor Maldonado toujours aussi inconstant.

Avec Ferrari et McLaren, Lotus est sans aucun doute l'une des grandes déceptions de cette saison 2014 de Formule 1. Pourtant, l'équipe basée à Enstone restait sur deux années prometteuses avec deux victoires magistralement décrochées par le Finlandais Kimi Räikkönen (Abu Dhabi 2012 et Australie 2013) et 21 podiums. Mais la nouvelle réglementation impliquant l'apparition des V6 turbo hybrides et la démission d'Éric Boullier, patron de l'écurie, ont brisé l'élan d'un team qui arrivait à bout de souffle sur tous les plans.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Un déclin amorcé la saison dernière
Fin 2013, les signes avant-coureurs d'une fin de cycle chez Lotus étaient nombreux. Le départ de Räikkönen pour non-paiement de son salaire trahissait - déjà - les difficultés financières du team britannique. Le feuilleton Mansoor Ijaz, homme d'affaires américain qui devait racheter 35% des parts de l'écurie via le fond d'investissement Quantum, n'a fait qu'enfoncer le clou. Dans le domaine purement sportif, la démission d'Éric Boullier, aujourd'hui directeur de la compétition chez McLaren, a rendu la situation encore plus critique qu'elle ne l'était déjà.

Pour pallier à cette crise économique et sportive, le team d'Enstone, dirigé aujourd'hui par Gérard Lopez, homme d'affaires luxembourgeois, a jeté son dévolu sur Pastor Maldonado et ses pétrodollars afin d'épauler le Français Romain Grosjean, promu leader de l'équipe. Un line-up à la pointe de vitesse prometteuse sur le papier, malgré le manque de constance terrible du pilote vénézuélien en course.

Lotus peut remercier Grosjean
Mais pour pouvoir briller dans l'élite automobile, encore faut-il avoir une voiture qui tient la route sur le plan technique. Malheureusement pour Lotus, il n'a pas fallu longtemps pour se rendre compte que la E22 et son nez de morse asymétrique affreux n'étaient pas digne d'une monoplace de compétition. Le cruel manque de puissance de l'unité de puissance signé Renault n'a pas arrangé les choses.

Avec seulement 238 tours parcourus lors des essais hivernaux (contre 975 pour Mercedes et 873 pour Ferrari, entre autres), l'équipe britannique est arrivée à Melbourne pour le premier Grand Prix de la saison sans avoir pu effectuer une seule simulation de course. Les conséquences sont immédiates : une dernière ligne sur la grille de départ à l'issue des qualifications et deux abandons le dimanche.

Malgré ce lourd déficit de fiabilité et de performance, Grosjean est parvenu à s'illustrer à deux reprises, terminant 8e en Espagne et à Monaco. Ses seuls points de l'année. Dur pour le Franco-Suisse qui jouait les premiers rôles en fin de saison dernière. S'il a longtemps contenu ses nerfs, le natif de Genève a plusieurs fois pesté sur sa monoplace lors des derniers Grand Prix, terminant la saison à une très modeste 14e place. Loin devant son sulfureux coéquipier.

Une nouvelle ère avec Mercedes
Fidèle à son image de pilote trop agressif, Maldonado n'a cessé de donner du grain à moudre à ses détracteurs tout au long de l'année. Ses crashs à répétition ne se comptent plus, comme en témoignent son accrochage aussi spectaculaire que stupide avec le Mexicain Esteban Gutiérrez à Bahreïn ou encore ses nombreuses erreurs sur le très sélectif tracé de Spa Francorchamps.

Pourtant, le Vénézuélien est capable de livrer des prestations abouties et faire preuve de constance. Une qualité qui l'a porté sur la première marche du podium lors de sa seule victoire au GP d'Espagne 2012 et lui a permis de décrocher ses deux seuls points de l'année à Austin pour terminer à une piteuse 16e place au championnat. Des résultants encore trop insuffisants pour soutenir la comparaison avec son équipier.

En 2015, Maldonado tentera de faire oublier une étiquette de pilote payant qui lui colle à la peau (et à raison pour l'instant). Quant à Grosjean, son défi de revenir au premier plan dans la catégorie reine du sport automobile n'est pas insensé puisque Lotus profitera désormais de l'extraordinaire puissance du moteur Mercedes, quasiment intouchable cette saison. Un atout non-négligeable qu'il faudra parfaitement exploiter pour redonner un peu de couleur à une équipe qui a vécu une année noire.