F1 2014 - Bilan : Sauber au fond du gouffre

Voir le site Automoto

error
Par Loïc CHENEVAS-PAULE|Ecrit pour TF1|2014-12-26T17:08:00.000Z, mis à jour 2014-12-31T13:59:49.000Z

La rédaction d'Automoto.fr poursuit son bilan de la saison 2014 de Formule 1 et se penche ce vendredi 26 décembre sur Sauber, avant-dernière écurie de l'année au classement des constructeurs et qui traverse l'une des pires périodes de son histoire, la faute à des problèmes financiers qui ne sont pas prêts de s'arranger.

Avec zéro point au compteur en 2014 et une piteuse 10e place au classement des constructeurs, Sauber a vécu la pire saison de son histoire en Formule 1 depuis son arrivée dans l'élite automobile en 1993. Les raisons d'un tel échec sont nombreuses, à commencer par une voiture mal née, un duo de pilotes pas suffisamment costaud et des problèmes financiers monstrueux.

>> Les 19 podiums de la saison 2014 de Formule 1 en images

Jamais dans le coup
Il faut dire qu'avec la nouvelle réglementation impliquant l'apparition des V6 turbo hybrides, l'équipe basée à Hinwill (Suisse) a perdu l'une des forces qui faisait d'elle un outsider sérieux les années précédentes. En 2014, le moteur Ferrari a fait pâle figure face à celui de Mercedes et cela s'est vu sur les circuits les plus rapides de la saison comme Monza, où la première monoplace équipée d'un bloc au logo du Cheval cabré n'a terminé que 9e (Kimi Räikkönen, sur Ferrari).

Mais un tel manque de puissance n'excuse pas tout et les lacunes de la C33 sont apparues dès les essais hivernaux à Jerez puis Bahreïn où Sauber rencontre successivement des problèmes de freins, de châssis et de moteur. Les conséquences d'une préparation ratée et d'une voiture mal née sont immédiates avec sept abandons lors des six premières courses de l'année. Un calvaire qui durera jusqu'à la fin de la saison et il faudra attendre le Grand-Prix des Etats-Unis, 17e manche sur 19 pour voir une voiture suisse atteindre la Q3. Malheureusement, Adrian Sutil ne parviendra à concrétiser le dimanche, la faute à un accrochage avec la Force India de Sergio Perez.

Un duo de pilotes qui laisse à désirer
Si le pilote allemand n'est pas à blâmer pour cet incident, force est de constater qu'il a cruellement manqué de pointe de vitesse, malgré la piètre qualité de son matériel. Ce n'est pas un secret, le natif de Starnberg n'est pas un Fernando Alonso, un Lewis Hamilton et encore moins un Nico Hülkenberg, qui avait sauvé Sauber l'an passé malgré une monoplace largement inférieure à ses rivales. Au final, Sutil décroche une 18e place au classement général avec zéro unité au compteur, ce qui est moins pire que son coéquipier, le Mexicain Esteban Gutiérrez.

A l'image de sa première saison dans l'élite automobile, le pilote de la voiture n°12 n'a guère brillé en piste et a prouvé son manque de constance lors du Grand Prix de Monaco où il a tapé le rail à la sortie de la Rascasse alors qu'il était 8e, malgré une pénalité de cinq secondes pour s'être mal placé sur la grille de départ. Une irrégularité qui se vérifie au championnat, avec une piteuse 20e place pour celui qui est soutenu par Carlos Slim, le richissime homme d'affaires mexicain.

La mode des pilotes payants
A côté de cette crise sportive sans précédent, Sauber a également traversé une situation financière terrible et ce n'est pas prêt de s'améliorer. La patronne du team, Monisha Kaltenborn, n'a cessé de plaider en la faveur d'une répartition plus équitable des revenus en F1 tout en dénonçant le "climat détestable" qui régnait dans le paddock à l'encontre des petites équipes. "On a parfois l'impression que l'écurie voisine attend le moment où l'on va disparaître (...) Je ne pense pas que la solution soit de dire : si vous n'avez pas assez d'argent, vous devriez changer de sport", déclarait-elle en septembre dernier dans les colonnes de l'Equipe.

Pour résoudre ces problèmes de trésorerie, le team suisse a donc choisi de se tourner vers des pilotes payants en titularisant le Suédois Marcus Ericsson et le Brésilien Felipe Nasr pour l'année prochaine, laissant Sutil sans volant et Gutiérrez rejoindre Ferrari en tant que 3e pilote. Espérons pour Sauber que la voiture de 2015 sera plus compétitive que sa devancière car si ce n'est pas le cas, le calvaire de 2014 risque bien de se poursuivre la saison prochaine.